Parler à ma place : Régime présidentiel vs régime parlementaire

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Chroniques Numéro 138: L’échec du régime présidentiel en Afrique

Tel est le titre des chroniques d’Abdoul Aziz Diagne, enseignant- analyste politique, en date du 13 avril 2010. Pour une fois, je ne vous propose ici que des extraits. Vous pouvez lire l’intégralité de l’article ici

Il a suffi d’une décennie pour que les expériences démocratiques entamées en Afrique au début des années 1990, avec les conférences nationales, tournent court. Le continent est retombé dans les dérives des coups d’Etat. Face à la prolifération de régimes autocratiques et corrompus, la solution militaire devient de plus en plus crédible. Abdou Aziz Diagne analyse ces échec à travers les limites du régime présidentiel, en comparaison avec les processus de développement les harmonieux sur le continent, qu’on note dans les pays à régime parlementaire.

Les élites africaines ont, dans l’ensemble, lamentablement échoué ; car une fois arrivées au pouvoir, leur unique souci est de s’y maintenir, au besoin par la violence. Elles ne s’occupent généralement que des prochaines élections, de l’enrichissement de leurs familles et bien sûr des laudateurs qui tournent autour d’elles. C’est la raison pour laquelle, elles n’aiment pas
le parlementarisme, système démocratique où le président de la République devient un arbitre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; une fonction éminemment importante pour quelqu’un qui aime son pays et ne se soucie réellement que de son développement.

Les présidents de la République, dans la plupart des grandes démocraties parlementaires, sont des hommes ou femmes d’expérience. Ils ont été député, sénateur, ministre ou Premier ministre dans leur longue carrière politique. Ils sont élus dans la grande majorité des cas au suffrage indirect, c’est-à-dire par le Parlement qui est le siège du pouvoir. Cela évite qu’ils se croient au-dessus des autres élus, échappant ainsi à tout contrôle.

Les lobbies et tous ceux qui ne comptent pas sur leurs propres efforts pour vivre, combattent ce régime, qu’ils abhorrent. En effet, dans le régime parlementaire, le président ne gouverne pas. Ce rôle est dévolu au Premier ministre qui définit et conduit la politique de la nation. Il est responsable devant l’Assemblée nationale qui a la possibilité de le démettre par une motion de censure, de même d’ailleurs que le président de la République, en cas de haute trahison de son serment. Dans les démocraties parlementaires, les législatives sont les plus importantes élections. L’élection présidentielle s’y passe souvent de façon inaperçue pour le reste du monde et cela ne fait que du bien pour le trésor public.

Dans le régime parlementaire, le chef du gouvernement et les ministres sont, avant tout, des députés, élus dans des circonscriptions bien déterminées qui légitiment leur présence dans un gouvernement. Ils ne peuvent être démis sans raison valable. Dans un tel régime, la fonction de ministre est éminente. Et n’importe quel quidam ne peut devenir ministre, comme on en voit actuellement dans les gouvernements successifs du président A. Wade. N’est-ce pas lui, d’ailleurs, qui déclarait, au début de l’alternance politique de 2000, qu’il peut nommer qui il veut, y compris son chauffeur comme ambassadeur ?

La corruption, si elle n’est pas absente dans les régimes parlementaires, y existe dans une moindre proportion. C’est ce que confirment les rapports annuels de Transparency international et d’autres organisations comparables où ils occupent les premières places sur le plan de la transparence. Pendant le régime parlementaire présidé par le président Mamadou Dia, homme d’une probité et d’un patriotisme à toute épreuve comme Nelson Mandela, il n’y a pas eu, à notre connaissance, de détournements de deniers publics au Sénégal. C’est lui-même qui servait d’exemple aux autres. Les partisans du présidentialisme, de chef d’Etat omnipotent, n’aiment pas entendre parler de Mamadou Dia et de sa gouvernance.

(…) Le meilleur moyen de connaître l’efficacité d’un système politique par rapport à un autre consiste à comparer leurs résultats sur les plans économique et social, là où la théorie est confrontée à la pratique qui est le critère de la vérité. Nous avons eu à procéder à cette comparaison entre les deux systèmes à la veille de la présidentielle de 2007 (au Sénégal) dans un article intitulé : « La Cpa face à la question du régime parlementaire ». Elle portait sur quatre pays : le Sénégal et le Cameroun (régime présidentiel) ; le Cap-Vert et Maurice (régime parlementaire).

On peut affirmer sur la base de ces résultats concrets que le système présidentiel a échoué dans tous les pays de l’ex-Aof (Afrique occidentale française). Partout, le niveau de vie des populations a très faiblement augmenté. A certaines périodes, il a même régressé. Par exemple, en Côte d’Ivoire (la locomotive de l’Uemoa sur le plan économique) où le Pnb/Habitant est passé de 720$ en 1984 à 690$ en 1992 (bilan économique et social du Monde : 1985 et 1992.). Par contre, dans les pays qui ont choisi le régime parlementaire, Maurice et le Cap-Vert, le niveau de vie a plus que doublé en moins de dix ans. Ce sont des pays pourtant défavorisés par la nature. Mais leur indice de développement humain est nettement supérieur aux autres pays à régime présidentiel.

Sans être spécialiste en la matière, j’avais déjà parlé, dans un forum, du développement humain comme levier de croissance!!! Surtout que j’ai cité l’île Maurice à l’époque…

Lire aussi
Le développement humain
05 oct. 2009
Les premières définitions ne faisaient appel qu’au développement économique, les pays développés étant ceux ayant un fort produit intérieur brut. On raisonne maintenant en termes de développement humain. …

L’Indicateur de Développement Humain (IDH), créé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), mesure le niveau de développement des pays du monde, en terme de "qualité de vie".
Cet indice a pour objectif de pallier aux insuffisances du PIB (Produit Intérieur Brut), qui calcule la santé économique d’un pays sans aucune donnée sociale.

Le calcul de l’indice de développement humain prend en compte la capacité :
• de mener une vie longue et en bonne santé (longévité, qui est mesurée par l’espérance de vie à la naissance)
• d’acquérir des connaissances
• de communiquer et de participer à la vie de la communauté (niveau d’éducation, mesuré par une combinaison du taux d’alphabétisation des adultes et du taux de scolarisation)
• de mener une vie saine
• de garantir la mobilité géographique ou sociale (accès aux ressources nécessaires pour un niveau de vie convenable, mesuré par le revenu)
Un classement de 175 pays a été effectué en 2003 par le PNUD : la première place revient à l’Islande, la dernière à la Sierra Leone.

Cliquer sur le lien pour consulter le classement IDH complet.

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6 Réponses

  1. #MUSTREAD Séminaire sur le #régime #parlementaire en #Afrique shar.es/b2qmf Un Monde Libre – Audace Institut Afrique fondation Atlas

    document PDF "Un #régime #parlementaire pour les pays d’ #Afrique" de Jean-Paul Feldman http://www.audace-afrique.net/attachments/243_Un%20r%C3%A9gime%20parlementaire-JP-Feldman.pdf Audace Institut Afrique

    Document PDF : Régime constitutionnel – Liberté économique et paix en Afrique http://www.audace-afrique.net/attachments/243_Regime%20parlementaire-GBONGUE-KOUADIO.pdf Audace Institut Afrique

  2. Le Bonheur National Brut (B N B)
    http://forum.afrik.com/index.php?topic=1942.msg16601#msg16601

    Le 1e ministre du Bouthan vient de décréter un nouvel indice de développement, qu’il veut appliquer en lieu et place du PIB : le Bonheur National Brut, qui tiendrait compte de l’environnement, des rapports humains, du niveau général d’instruction et du degré de satisfaction des citoyens. Des politiques enfin élus pour exercer leur véritable rôle : le bonheur de leurs concitoyens !
    Utopie ou vision réaliste du monde de demain ?

    Ce n’est pas tant pour parler du Bouthan que j’ai posté ce topic mais plutôt de l’opportunité des indices alternatifs. Le PIB donne une idée de la richesse économique d’un pays mais ne dit absolument rien de la répartition de cette richesse, de la préservation du milieu de vie….
    L’IDH est en effet déjà plus parlant puisqu’il tient compte de l’ensemble de la population. Mais il me semble qu’à l’heure actuelle, il est important d’intégrer aussi des facteurs écologiques et culturels. Dans quel milieu vivent les citoyens ? Quelle est leur perception de bien-être ? Se sentent-ils en sécurité ? Voient-ils l’avenir avec confiance ?
    Ces indices ne sont pas chiffrables économiquement, ils sont donc donnés le plus souvent à titre indicatif et ne constitue pas vraiment un but en soi.
    Pourtant, à l’heure des crises en tous genres, il faudrait se poser la question : continuer le cycle production/consommation, afin d’augmenter le PIB, ou chercher une alternative de développement qui mettrait l’être humain et son environnement en tout 1er plan ?

  3. Pour être dans le sujet cette fois-ci !

    Selon Abdoul Aziz Diagne, enseignant- analyste politique
    (…) Il a suffi d’une décennie pour que les expériences démocratiques entamées en Afrique au début des années 1990, avec les conférences nationales, tournent court. Le continent est retombé dans les dérives des coups d’Etat. Face à la prolifération de régimes autocratiques et corrompus, la solution militaire devient de plus en plus crédible (…)

    Pour Madagascar, il reste à en faire la démonstration. Et elle tarde beaucoup à venir ! (Cf. cet extrait d’un article publié sur
    http://www.sobika.com/madagascar-informations/news_1911.php, « 50 ans de vie politique post coloniale à Madagascar ; l’innommable désastre »

    (…) Les dernières actualités politiques malgaches apportent chaque jour leurs lots de mauvaises surprises. Il devient de plus en plus illusoire de croire et d’espérer que tous les politiciens impliqués dans ce désastre finiront un jour par revenir à la raison et à s’accorder sur un règlement fraternel, consensuel et définitif de leurs querelles ignominieuses. A cause de leur entêtement, de leurs atermoiements, de leurs tergiversations et de leur mauvaise foi manifeste, le Malgache de la rue continue, lentement mais sûrement, sa descente vers les bas fonds de l’indigence la plus absolue. Il ne serait pas surprenant que cela le conduise un jour ou l’autre à des actes de désespoir total.

    Aussi, la tentation est-elle grande, aujourd’hui, de s’en remettre à l’intermédiation de l’armée, avec un grand «A», celle qui aurait encore le sens de l’honneur, de la parole donnée, de la discipline (c’est son métier !) et de « l’intérêt supérieur de la Nation », cette notion trop de fois galvaudée au cours de cette crise interminable et honteuse. Cette armée aurait pour principale mission de rétablir l’ordre, en mettant en veilleuse la politique et, surtout, en écartant de la direction actuelle des affaires nationales tous les protagonistes de ce désordre institutionnel inacceptable. Elle organiserait ensuite, le plus rapidement possible, de nouvelles élections, pour départager par les urnes tous les prétendants à des fonctions publiques, présidentielles en premier lieu. Ces consultations seraient organisées sous la surveillance étroite d’observateurs internationaux, pour garantir l’égalité des chances des candidats et, surtout, la liberté de choix de chaque citoyen.

    La seule et lancinante question est de savoir si la Grande Muette qui, elle aussi, subit actuellement de plein fouet les affres de l’indiscipline de certains de ses éléments, est réellement en mesure de se donner les moyens de la réalisation de cette noble mission, pour que triomphent enfin dans ce merveilleux pays, non pas les hommes ni les mouvances politiques, mais les nouveaux projets de société et les programmes de développement viables et réalisables qui lui ont tant manqué au cours de ces dernières décennies.

    Ce sera sans doute le prix fort à payer pour le retour d’une vraie paix sociale, durable et profitable au plus grand nombre. (…)

  4. merci de ton avis cher ami calmant mais comme je parle toute seule, je m’amuse à changer de thème dès qu’il y en a un nouveau… :-)
    et je continuerai…no offense my dear…

  5. C’est hors sujet mais je le dis quand même.

    Il me semble que le changement trop fréquent de la présentation matérielle de ton blog pourrait nuire à son image et à son identification. En matière de com, les identifiants sont extrêmement importants. Tes lecteurs fidèles peuvent en être déstabilisés et s’y perdre et, ainsi, se décourager pour suivre tes pérégrinations et tribulations si intéressantes. Sauf le fagcbhi, naturellement !

    Mais ce n’était que mon humble point. de vue.