Le malheur de Madagascar
La France est l’un des plus gros bailleurs de fonds à Madagascar comme tout un chacun le sait et c’est confirmé par les articles ci-dessous:
« Relations politiques
Madagascar et la France sont très liées pour des raisons historiques, géographiques (proximité de Mayotte et la Réunion), culturelles (avec notamment la francophonie) et humaines (Madagascar accueille la plus importante communauté étrangère française de l’hémisphère sud, et la France la plus importante diaspora malgache).
De l’indépendance à 2001, les relations franco-malgaches ont été inconstantes, marquées par trois périodes :
1) une très forte présence durant le mandat du Président Tsiranana (1959-1972)
2) une dégradation durant la période « progressiste » (avec notamment la fermeture des bases militaires et la sortie de la zone franc en 1972, la « malgachisation » et les nationalisations en 1975-1978),
3) un renouvellement après le revirement de la politique extérieure malgache à la fin des années 80. Le différend sur les nationalisations et les spoliations des particuliers a été soldé en 1998-2001.
La France est aujourd’hui le premier bailleur bilatéral de Madagascar (avec 35M€ d’Aide publique au développement, hors annulations de dettes, auxquels s’ajoutent 24 M€/an d’autres transferts, les contributions aux organisations multilatérales et l’annulation totale de la dette bilatérale en 2004/2005).«
« Relations économiques
Un « Document cadre de partenariat » (DCP) a été signé le 11 mai 2006 avec les autorités malgaches.
Il définit quatre secteurs de concentration de notre aide (éducation, santé, infrastructures et développement rural) et trois secteurs transversaux (gouvernance et Etat de droit, enseignement supérieur et recherche et diversité culturelle et francophonie.). Il porte sur une aide de 250M€ sur 2006-2010.
Un accord d’encouragement et de protection réciproques des investissements signé à la Réunion en juillet 2003 est entré en vigueur en avril 2005.
Dans le cadre de l’IPPTE, la France a procédé le 16 novembre 2004 à une annulation additionnelle de la totalité ses créances commerciales sur Madagascar, soit 459 M$. L’annulation des créances françaises d’aide publique au développement intervient dans le cadre d’un contrat de désendettement et de développement (C2D) d’un montant minimum de 50 M€ sur six ans. Un premier C2D de 22,8 M€ sur trois ans a été signé le 25 février 2005. «
« Les Français à Madagascar
Au 31 décembre 2009, 19 841 Français étaient enregistrés au registre des Français établis hors de France.
On compte 16 095 Français enregistrés à Tananarive, 2 004 à Tamatave et 1742 à Majunga.
La communauté française, jeune et composée de femmes pour moitié, comprend environ 24.000 personnes, avec une majorité de bi-nationaux. C’est la seconde communauté étrangère après la communauté comorienne.
Les entreprises françaises sont très présentes à Madagascar : on dénombre en effet plus de 650 entreprises à capitaux français.
Les entreprises de moyenne et petite taille constituent la majeure partie des implantations françaises. Les entreprises de moins de 50 employés représentent à elles seules la moitié du total. Celles-ci sont particulièrement présentes dans le secteur des services. Les plus grands groupes français sont représentés dans des secteurs très diversifiés.
Dernière mise à jour de cette rubrique : 29/04/2010
Ministère des affaires étrangères Maison des Français de l’étranger
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Saint Marc fait le ménage
Par LEXPRESS.fr, publié le 01/08/2005Hôte de Jacques Chirac, le président Marc Ravalomanana combat la pauvreté à sa manière: à la cravache.
Le prince du yaourt boit du petit lait. A bon droit: lors de sa brève visite sur la Grande Ile, les 21 et 22 juillet, Jacques Chirac a abreuvé de satisfecit son hôte Marc Ravalomanana, homme d’affaires parvenu à la présidence malgache voilà trois ans. Au risque de trop en faire. Certes, il s’agissait de solder l’effet désastreux laissé, à l’été 2002, par le peu d’empressement à reconnaître la victoire dans les urnes du tombeur de Didier Ratsiraka. Reste que «Ravalo», 55 ans, ne mérite pas plus l’excès d’honneur du jour que l’indignité d’hier. Singulier, son parcours est celui d’un businessman fonceur et messianique, mû par le culte de l’effort. Hormis Dieu, ce pieux Merina des hauts plateaux, fils de paysans, ne craint rien ni personne.
Et surtout pas la confusion des genres ou le conflit d’intérêts. Chef d’Etat, il règne sur un empire industriel et commercial en plein essor, et veille aux destinées de la FJKM, puissante Eglise évangélique, quitte à orchestrer l’éviction du pasteur qui la préside. Son viatique? Un catéchisme en 3 D: décentralisation, démocratisation, développement. Déjà, «saint Marc» a désenclavé les provinces excentrées, grâce aux 4 000 kilomètres de routes ouverts ou restaurés.
A l’évidence, ce libéral aura su mettre en mouvement un pays guetté par une mortelle aphasie. Mais à sa manière, impulsive et brutale. Un tel volontarisme lui vaut les faveurs de Washington comme les louanges du FMI et de la Banque mondiale. «Les vrais patrons du pays, les voilà!» tranche un investisseur français. «Marc n’est pas le bon élève, mais le fayot de la classe, ironise en écho le jésuite Sylvain Urfer. Le chouchou de bailleurs de fonds aveugles ou complices.» Lapsus révélateur: quand leprezida vante la rénovation, par la France, des marchés de Mahajanga (nord-ouest), il calcule en dollars, et non en euros, quitte à y perdre au change. Peut-on gérer un pays comme une entreprise? Non, bien sûr. Mais l’ancien laitier feint de l’ignorer. Fort de l’aura que lui vaut son épopée de self-made-man, il a lancé maints satellites dans l’orbite du géant agroalimentaire Tiko, matrice de son succès. Dont deux entreprises de travaux publics, parfois affranchies des contraintes de l’appel d’offres, une compagnie aérienne, un réseau de commerce de gros ou une station de radiotélévision, MBS, un temps confiée à sa fille Sarah. «Ravalo» a le sens des affaires et de la famille. Quand l’un de ses trois fils convole avec une Bulgare, il emmène toute la tribu à bord de l’avion présidentiel, baptisé, à l’américaine, Force One. «Mes enfants sont millionnaires», claironne-t-il volontiers. Il arrive que la franchise de «Marc» lui joue des tours. Notamment quand on l’interroge sur l’atroce répression, par l’armée française, de l’insurrection de 1947. Réponse: «Moi, je suis né deux ans plus tard, et je regarde vers l’avenir.» Le méritocrate tolère mal qu’on lui fasse de l’ombre. Quelques négociants malgaches, coupables d’avoir foulé les brisées de Tiko, ont médité cette évidence à l’ombre. Tout comme des journalistes indociles. «Quand on l’irrite, avance un confrère, le régime achète, intimide ou cogne.» Pour preuve, l’expulsion déguisée, en mai, du correspondant de RFI, décidée au mépris de promesses formelles. La disgrâce ou la défection d’une poignée de fidèles intrigue: dans l’ordre, un garde du corps, star du kick-boxing, un vice-Premier ministre, l’ambassadeur à Ottawa ou le président de l’Assemblée, victime des bisbilles internes au TIM, le parti du chef.
Le 22 juillet, lors d’une conférence de presse expéditive tenue dans le palais-bunker nord-coréen de Iavoloha, legs de Ratsiraka, on verra le Berlusconi de l’océan Indien sortir de ses gonds pour une porte qui grince. Il y a plus gênant: les investisseurs français, tenus pour «frileux» à Antananarivo, déplorent l’absence d’un code des investissements, les ravages de la corruption et les couacs de la justice. Mauvais perdants? Le «nouvel élan» de l’idylle franco- malgache n’efface pas les revers essuyés par nos industriels, dans les domaines de l’eau, de l’aviation ou des télécoms.
Hermétique aux règles du jeu politique, le nouveau copain de Chirac s’entoure de techniciens: lui-même dénombre 17 conseillers étrangers, dont 7 Allemands. Dernière recrue: l’ex-juge franco-norvégienne Eva Joly, icône de la bonne gouvernance. Quoique très entouré, prétend la rumeur, Ravalomanana n’écoute personne. «Faux, objecte José Ranaivo, fondateur du Conseil de développement d’Andohatapenaka (CDA), quartier miséreux de la capitale, promu directeur de la décentralisation. L’autre lundi, alors que j’avais juste besoin d’une signature, il m’a fait asseoir et m’a bombardé de questions. Lui veut vraiment vaincre la pauvreté; mon expérience de terrain l’intéresse.» S’ils décèlent une légère embellie sur le front de l’emploi, les successeurs de José mesurent aussi chaque jour la vanité du dogme de la croissance sur le sort des plus démunis, gamin handicapé, femme battue ou stagiaire terrassé par l’inanition. Car les faits sont là, têtus: 70% des 17 millions de Malgaches campent sous le seuil de pauvreté; le prix des denrées de base, à commencer par le riz, flambe, tout comme celui de l’essence; et l’ariary, monnaie nationale, a perdu les trois quarts de sa valeur en moins d’un an. «Le seul péril, pour Marc, c’est l’explosion sociale», suggère un diplomate. «Son atout n° 1, c’est qu’il n’y a rien en face», renchérit Sylvain Urfer. De fait, Ravalomanana, qui briguera un nouveau mandat en 2007, n’a guère à redouter d’une opposition brouillonne. Gratifié d’un accueil d’empereur romain à Mahajanga, tête de pont en 1895 de la conquête coloniale, Jacques Chirac n’a sans doute pas aperçu cette banderole: «Soyez le bienvenu, mais sachez que tout ce qui brille n’est pas or.»
LA NEUTRALITÉ COUPABLE
Un livre de YVES EKOUÉ AMAÏZO (SOUS LA DIRECTION DE)
Quelques amis de l’Afrique ont accepté de contribuer à la prise de conscience collective en rappelant l’urgence de faire évoluer l’Union africaine vers une structure supranationale représentant les Africains et non les dirigeants africains. Ce livre collectif aurait atteint son but si les éclairages partiels et partiaux permettent de rappeler, en toute humilité, le besoin d’organisation collective de l’interdépendance africaine. La palabre africaine se poursuit avec un second livre collectif intitulé : « La neutralité coupable : l’autocensure freine-t-elle l’unité des Africains ? ».
Auteurs :
Aminata Dramane Traoré – Yves Ekoué Amaïzo – David Cumin – Atsutsè Kokouvi Agbobli – Mathieu Mounikou – Jean-Baptiste Kondé Mbom – Pierre Sob – Noël Kodia – Lazare Ki-Zerbo – Ghislaine N. H. Sathoud – Maurice KouéCe livre collectif de neuf Africains de cœur, préfacé par l’une des plus grandes dignes filles de l’Afrique Aminata Traore, en appelle à la vigilance de chacun et à un changement de comportement. La lutte contre le défaitisme, rapidement considéré comme du fatalisme, voire une capitulation qui accommode bien ceux qui en tirent avantage, ne peut être abandonné, sauf par des traîtres. C’est à cette condition que tous les auteurs de ce livre ont accepté le défi lancé par Yves Ekoué Amaïzo, Directeur de la collection « Interdépendance africaine » de répondre à la question cruciale de la capacité des Africains à s’unir pour leur mieux-être au cours du 21e siècle.
La force de ceux qui militent pour la perpétuation d’une gouvernance de l’alignement, outre la quête de la ventrologie primaire, réside principalement dans l’usurpation du pouvoir. Le faire par la force revient à opter pour des formes modernes de la dictature. Le faire par les urnes fait partie intégrante des subtilités de la démocratie à l’africaine où s’opposent des dirigeants ouverts à la transparence et ceux qui s’y opposent. La pauvreté, les allégeances et la dépendance font alors le lit de l’autocensure en Afrique, ce qui a pour conséquence de freiner les alternatives et la construction de la modernité.
Le rayonnement de nombreux dirigeants se mesure souvent à l’aune de leur capacité à faire des compromis dont les frontières avec les compromissions sont parfois étanches en Afrique. Du non-alignement d’antan, on est passé à une sorte de gouvernance de la neutralité. Celle-ci facilite justement lesdits compromis. Dans les faits, la différence entre compromis et compromissions reste très floue. Certains s’évertuent à renforcer cette nébuleuse en usant et abusant des dysfonctionnements tolérés en Afrique et rejetés ailleurs.
A l’autocensure viennent alors se greffer l’irresponsabilité et le refus de certains dirigeants africains de rendre compte de leurs actes aux citoyens de manière transparente. Les alternatives sont alors bloquées, les alternances politiques aussi. Certains médias peu scrupuleux sur la déontologie et l’éthique contribuent alors à banaliser le phénomène au point de réussir à faire passer l’autocensure comme une « bonne pratique », accélératrice de carrières et servant de passe-droits là où la transparence et la démocratie veulent se frayer un chemin. Ne pas remettre en cause cette trajectoire qu’empruntent beaucoup d’Africains du dedans comme du dehors revient à s’exclure de la construction d’une société de confiance et de paix.
La pression des pouvoirs exogènes et endogènes conduit aussi au développement de l’autocensure pour faire « avancer » les dossiers. Le masque de la neutralité permet ainsi une gestion opportuniste des affaires africaines, laissant souvent sur les bas-côtés du développement le bien-être des Africains. Le peuple-citoyen est de fait pris en otage, ce qui en fait une proie facile pour les prédateurs de tout bord. Le défi est alors d’identifier et de promouvoir des Africains y compris ceux de la Diaspora qui ont le courage de prendre des décisions favorables aux Africains sans trop bousculer les intérêts géostratégiques, peu favorables au sort des populations. Cette quadrature du cercle ne relève pourtant pas de la fatalité mais des actions conjuguées et organisées des intérêts bien compris des agents économiques. Pour retrouver les chemins des alternatives et des alternances pacifiques, il devient indispensable de prendre en compte une neutralité négative, une neutralité coupable qui freine l’unité des Africains, retarde l’intégration régionale et ralentit la refondation de l’interdépendance africaine.
interview de Y. Ekoué Amaïzo sur Africamaat.com
Avec la participation de :
Abel Goumba : « Préface – La Diaspora éclairée : vecteur de la renaissance africaine »
Yves Ekoué Amaïzo « En guise d’introduction : la déresponsabilisation comme « éthique minimaliste » en Afrique ? »
Abel Goumba « L’autocensure : un frein à l’unité africaine ? »
Gustav A. Ahadji et Roger K. Hounnou « Dieu comme alibi dans la gouvernance africaine : entre autocensure et mystification »
Philippe Lavodrama « L’Unité africaine au péril du syndrome de la haine de soi »
Louis Sangaré « Les défis de la renaissance africaine au 21e siècle : du pouvoir patrimonial à la souveraineté collective »
Célestin Bédzigui « Les chemins minés de l’intégration régionale : l’impossible opérationnalité en Afrique centrale »
Samba Diop « La Diaspora intellectuelle africaine : réflexions sur la contribution à l’unité des Africains ? »
Mamoudou Gazibo et Christina Raneburger « Elites dirigeantes et intégration africaine : les avatars de l’autocensure et du déficit de leadership »
Yves Ekoué Amaïzo « La pression des « Pairs » et de la Communauté internationale : un succédané à l’impossible démocratie en Afrique ? »
Yves Ekoué Amaïzo « Après Cancun : organiser le « multi-régionalisme » sur la base de réseaux de « chaînes de valeur » »
Sanou Mbaye « Les Etats-Unis et l’unité des Africains : de l’intérêt supérieur à la priorité seconde »
Yves Ekoué Amaïzo « En guise de conclusion : dépasser la neutralité coupable »
Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo « Postface – La renaissance africaine : de nouveaux combattants se lèvent ! »
DE LA DEPENDANCE A L’INTERDEPENDANCE Mondialisation et marginalisation: une chance pour l’Afrique ? (Extraits)
La maîtrise du rythme d’intégration au processus de mondialisation de l’économie mais aussi la capacité à développer et à maîtriser une économie de proximité deviennent des facteurs déterminants dans la réussite du défi que le 21e siècle lance à I’Afrique subsaharienne à savoir : organiser la cohérence des actions de manière collective.
L’Afrique subsaharienne dispose-t-elle d’une capacité d’influence doublée d’une capacité de relance économique endogène pour relever ce défi ? La conception publique du développement, les programmes d’ajustements conjoncturels à répétition, la Convention de Lomé ont ils favorisé la mondialisation ou la marginalisation de I’Afrique subsaharienne ? Existe-t-il une chance réelle de réorganisation des fruits de la croissance à partir des taux de croissance économique enregistrés entre 1995 et 1997, supérieurs à ceux des pays à revenu élevé ? La circulation effrénée du capital, la profitabilité des échanges. la globalisation de la production permettront-elles à l’Afrique subsaharienne de retrouver les réflexes de création de la richesse de manière endogène ? A quand l’association de la Société civile à la construction d’une Afrique interdépendante ? En 2020. Le processus de mondialisation aura-t-il permis de réduire ou d’accroître la marginalisation actuelle de ce continent ? De quelle souveraineté économique disposeront les Etats en 2020 ?
En libéralisant son commerce sans pour autant augmenter sa production et en subissant les conditionnalités de l’aide, I’Afrique subsaharienne doit se prémunir contre une certaine pensée unique. Les concepts tels que développement durable. bonne gouvernance, co-développement, réduction de la pauvreté etc. apparaissent comme de l’habillage économique qui varie en fonction des priorités des bailleurs de fonds internationaux agissant en courroies de transmission des revendications ; des forces du marché et de leurs réseaux clientélistes au Nord et au Sud. Renforcer et stabiliser un tel système ne peut qu’aller à l’encontre de I’ intérêt des populations marginalisées.
A force de récurrence, la marginalisation est en voie de banalisation dans un monde de plus en plus interdépendant. Mais alors. N’est-ce pas un développement conditionné et conditionnel que semble réserver le 21e siècle à l’Afrique subsaharienne ?L’union africaine freine-t-elle l’unité des africains ? (Extraits)
Majoritairement pauvre et souvent sans-voix, l’Afrique se retrouve souvent avec de nombreux prétendants non-Africains, parfois Africains y compris ceux de la Diaspora, qui s’arrogent unilatéralement le droit de s’exprimer au nom du peuple-citoyen sans nécessairement l’avoir consulté au préalable. Ce déni de représentativité effective apparaît de plus en plus en ce début de siècle comme l’une des caractéristiques des institutions internationales, régionales, voire africaines d’appui au développement durable. Lancée en juillet 2002 à Durban en Afrique du sud lors du sommet des chefs d’Etat africains, l’Union africaine (UA), composée de 52 Etats africains succède à l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Il était devenu nécessaire de revenir aux principes de base d’une société de confiance, à savoir : favoriser la mise en œuvre d’une véritable démocratie politique et économique sans mascarade et l’émergence d’un Etat de droit qui ne légitime pas l’impunité et favorise la cohésion sociale, surtout qu’il est question d’évoluer à terme vers des zones de libre-échange.Paradoxalement, l’OUA et l’UA ont un point commun. Toutes tentatives d’associer directement le peuple-citoyen semblent rencontrer de nombreuses résistances.
L’unité des Africains ne peut se construire sans heurts avec des institutions fondées sur des principes éloignés des droits du peuple-citoyen au niveau national. Ceci est d’autant plus difficile qu’une partie substantielle du budget national des pays africains dépend de la bonne volonté d’Etats-amis et d’entreprises multinationales ayant un intérêt direct en Afrique. En effet, cette dépendance peut émousser la volonté des dirigeants africains quant au soutien réel accordé au processus d’amélioration de la sécurité et du bien-être socio-économique et culturel du peuple-citoyen. Mais, continuer à refuser à ce peuple-citoyen de s’exprimer directement relève de l’usurpation du pouvoir. La confiance ne peut s’établir dans ces conditions sur des bases saines. Par ailleurs et outre les difficultés liées à l’infrastructure, la mobilité des Africains reste limitée du fait du refus des dirigeants africains de s’éloigner du principe désuet de l’intangibilité des frontières héritées de l’histoire. En réalité, cet état de fait a pour résultante de favoriser une neutralisation des dynamiques d’interdépendance entre les Africains.
Je conclurais par ceci : Pour éviter l’éternel recommencement…, il nous faudrait une boussole [Amin Maalouf] et pour cela, les institutions mondiales doivent être fortes, se concerter, se coordonner,…pour prendre le gouvernail de la meilleure façon possible.
Le dérèglement du monde – Amin Maalouf
J’ai glané quelques critiques ici et là sur le Net, à propos du livre d’Amin Maalouf « Le dérèglement du monde ».
De toutes, celle-ci me plaît particulièrement :
« C’est le livre que j’attendais. Pour moi, c’est le livre indispensable, incontournable.C’est le livre que tous les décideurs politiques devraient lire sans tarder, que tous les citoyens devraient tenir sur la table de chevet pour réflexion permanente, car Maalouf fait l’analyse la plus claire, la plus parfaite, la plus exacte que j’ai jamais vu. Ce n’est pas une surprise car Maalouf nous a habitué à son rigueur de pensée. Il faut le lire sans perdre plus de temps. Je vais certainement le relire très bientôt. Je le conseille à tous. »
Celle que vous pouvez lire sur evene.fr n’est pas mal non plus…
Ma propre lecture de ce livre sur le chapitre « Les victoires trompeuses »
(page 17) : A la chute du mur de Berlin, un vent d’espoir avait soufflé sur le monde. La fin de la confrontation entre l’Occident et l’Union soviétique avait levé la menace d’un cataclysme nucléaire […] suspendue au dessus de nos têtes depuis une quarantaine d’années ; la démocratie allait désormais se répandre de proche en proche, croyions-nous, jusqu’à couvrir l’ensemble de la planète ; […]
(page 22) […] Que le triomphe de l’Europe lui ait fait perdre ses repères n’est pas le seul paradoxe de notre époque. On pourrait soutenir, de la même manière, que la victoire stratégique de l’Occident, qui aurait dû conforter sa suprématie, a accéléré son déclin ; que le triomphe du capitalisme l’a précipité dans la pire crise de son histoire ; […]
(page 23) […] Tant que durait la confrontation idéologique entre partisans et adversaires du marxisme, la Terre entière était comme un immense amphithéâtre.
(page 24) : […] Toujours est-il que nous nous retrouvons, depuis la chute du mur de Berlin, dans un monde où les appartenances sont exacerbées, notamment celles qui relèvent de la religion ; où la coexistence entre les différentes communautés humaines est, de ce fait, chaque jour un peu plus difficile ; et où la démocratie est constamment à la merci des surenchères identitaires.
(pages 24-25 ) : Ce glissement de l’idéologique vers l’identitaire a eu des effets ravageurs sur l’ensemble de la planète, mais nulle part autant que dans l’aire culturelle arabo-musulmane, où le radicalisme religieux, qui avait été longtemps minoritaire et persécuté, a acquis une prédominance intellectuelle massive au sein de la plupart des sociétés, comme dans la diaspora ; au cours de son ascension, cette mouvance s’est mise à adopter une ligne violemment antioccidentale.
Ce qui est rejoint par l’article d’Alain Gresh « Glissements »
[…] Depuis deux siècles, l’histoire du monde a été racontée d’un seul point de vue, celui de l’Occident, de la supériorité de sa civilisation, de l’universalité de ses idées (3). Cette histoire se résumait à celle de l’ascension de l’Europe, fondée sur une généalogie qui remontait à la Grèce antique et qui semblait inscrite dans les gènes. Le reste du monde était condamné à « rattraper » son retard et, en attendant, à patienter dans les antichambres de l’histoire. Malgré les espoirs qu’elle avait suscités, la décolonisation n’avait pas réussi à remettre en cause cette hégémonie occidentale.
Ces temps sont désormais révolus. La Chine et l’Inde se transforment et reconquièrent progressivement la place qu’elles occupaient encore à la fin du XVIIIe siècle. D’autres régions et d’autres pays de ce que l’on qualifiait autrefois de tiers-monde, du Brésil à l’Afrique du Sud, s’affirment dans leur environnement ou sur la scène internationale. Nous entrons dans un monde qui ne ressemblera à rien de ce que nous avons connu.
Voir aussi
« Le basculement du monde » : compléments documentaires, par Olivier Pironet
Néanmoins, la Banque Mondiale a commencé la première à procéder à la réforme de son institution, j’espère que l’exemple sera suivi, notamment par le FMI…
L’espoir fait vivre les gens de bonne volonté…Et je sais que je me répète par rapport à tout ça mais j’ai décidé de suivre de près toutes ces choses-là…Surtout après avoir lu l’article laissé par apropos en commentaire sur le billet Exposer la corruption discrète au grand jour
Et j’en profite pour vous proposer à la lecture deux articles publiés sur le site de Michel Collon et sur anarkismo, concernant le malheur de Madagascar…
A Madagascar, même après la colonisation, le pillage des ressources continue by Michel Collon (anarkismo)
Wednesday March 25, 2009 14:24
Témoignage: l’effet de la vidéo sur Kouchner à Madagascar – Gilbert Darsot (michelcollon.info)
Jeudi, 12 Mars 2009 15:43