L’affaire des stérilisations forcées de femmes au Tibet et en Chine

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Par acquit de conscience quand même, j’ai cherché sur le Net ce qu’il en est de cette histoire et je vous délivre ci-dessous ce que j’ai trouvé. Il est à noter que l’article le plus récent date de l’année dernière (2011) mais j’ai mis les institutions mondiales en premier. Et d’avance désolée de la longueur du billet…

Peut-être aussi que Global Voices en a déjà parlé mais les résultats sont nombreux alors je vous propose  de cliquer sur ce lien.

Amnesty International

Risque de stérilisation forcée pour des milliers de personnes en Chine
22 avril 2010
Les autorités du sud de la Chine ne doivent pas bafouer les droits humains en menant leur campagne prévue de stérilisation forcée de milliers de personnes en avril, dans le cadre d’une opération visant à atteindre les objectifs du planning familial, a déclaré Amnesty International jeudi 22 avril.

Selon les médias chinois, les responsables de la ville de Puning, dans la province du Guangdong, se sont fixés pour objectif la stérilisation de 9 559 personnes, certaines contre leur gré, d’ici au 26 avril.
Les autorités ont lancé le 7 avril la campagne de stérilisation des personnes ayant au moins un enfant.
Quatre jours plus tard, les autorités affirmaient avoir atteint 50 % de leur objectif. Un médecin local a déclaré à la presse que le travail de son équipe était programmé de 8h00 du matin au lendemain 4h00.
« Les stérilisations forcées menées par les autorités s’apparentent à de la torture et la précipitation dans laquelle la procédure se déroule soulève des questions quant à la sécurité et aux conséquences possibles sur la santé des personnes », a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.
Les autorités de la ville de Puning auraient en outre interpellé 1 377 proches de couples visés par la campagne de stérilisation, manifestement pour tenter de faire pression sur ces derniers et les pousser à consentir à l’opération.
Les autorités municipales défendent la campagne en invoquant la présence sur place d’un nombre élevé de travailleurs migrants en âge de procréer et affirment que certains des résidents ont mal compris la règlementation en matière de planification familiale et n’ont donc pas respecté celle-ci. La campagne est également présentée comme une campagne d’éducation publique sur la politique de planification familiale.
Selon le site web des autorités de la ville de Puning, la ville compte 2,228 millions d’habitants.
La Chine a adopté en septembre 2002 une Loi sur la population et la planification familiale, dans un effort d’uniformisation de la politique de planification familiale à l’échelon national et dans le but de protéger les droits des personnes. Il est interdit de recourir à la contrainte, notamment d’interpeller des membres de la famille, pour faire appliquer cette politique.
Selon la loi et la réglementation en vigueur, les couples vivant dans les zones urbaines n’ont droit qu’à un enfant par famille, même s’il y a des exceptions.
La politique concernant les personnes vivant en zone rurale est moins restrictive et souvent appliquée avec moins de rigueur. Son application varie aussi d’une localité à l’autre. Les couples ruraux sont autorisés à avoir plus d’un enfant, par exemple lorsque l’aîné est une fille.
Les quotas locaux de naissances, renforcés par un système strict de pénalités et de récompenses, jouent un rôle central dans cette politique. Stérilisations et avortements forcés continuent d’être signalés et peu de responsables ont été traduits en justice ou sanctionnés pour de tels agissements.
Pour les enfants nés hors quota, aucun certificat de résidence (hukou) n’est délivré. Sans hukou, ils n’ont accès ni au système de soins, ni à l’école, ni aux autres prestations sociales.

The UN Refugee Agency

Ci-dessous l’extrait d’un document trouvé sur unhcr.org, le site dédié aux Réfugiés par les Nations Unies. Le titre du document résume son contenu.
Chine : information indiquant si l’avortement ou la stérilisation forcés sont encore pratiqués; information sur la fréquence des avortements ou des stérilisations forcés et les endroits où ils sont pratiqués; cas de stérilisations forcées effectuées sur des hommes (2005-2007)
Des sources médiatiques et des organisations de défense des droits de la personne signalent que la politique chinoise de l’enfant unique a donné lieu à des violations des droits de la personne au pays, notamment les avortements et la stérilisation forcés (The Washington Post 24 janv. 2007; NPR 17 oct. 2006; ACORD 17 mars 2006; AI 23 mai 2006). Selon Amnesty International (AI),

Wikipedia

Contrôle des naissances au Tibet
Une politique de stérilisation et d’avortement forcés a été pratiquée dans différentes provinces chinoises.
Selon le Quotidien du peuple en ligne, la politique de l’enfant unique en vigueur en Chine ne s’applique pas aux Tibétains, et les familles tibétaines de bergers et d’agriculteurs comptent souvent deux enfants ou plus.
Selon Robert Barnett, le contrôle des naissances au Tibet historique a été introduit dans la Région autonome du Tibet (RAT) en 1985 puis a été renforcé en 1992. La population rurale tibétaine de la RAT, ajoute Barnett, n’avait aucune contrainte avant 1992.
Dans une étude sur la fertilité et la planification familiale au Tibet, publiée en 2002, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beal et Phuntsog Tsering affirment pour leur part que dans aucun des endroits qu’ils ont étudiés, il n’y a d’indications montrant que Lhassa applique dans le Tibet rural la règle des deux enfants. Alors même qu’un rapport du Tibet Information Network prétendait que cette politique était en place, ils constatèrent que dans le comté de Ngamring où ils enquêtaient, aucune limite de ce genre n’était imposée.
Le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d’abus concernent, pour un grand nombre d’entre elles, les zones tibétaines en dehors de la RAT, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs [...]

Aujourd’hui la Chine

Des enfants chinois volés adoptés à l’étranger
11/05/2011
| Benjamin Gauducheau (Aujourd’hui la Chine).
Un magazine chinois a révélé cette semaine comment dans la province du Hunan, les autorités enlèvent des enfants au nom de la politique de l’enfant unique, et les mettent dans des circuits internationaux d’adoption.
La fille de Yang Libing devrait aujourd’hui avoir sept ans. Mais ce travailleur migrant du compté de Longhui, dans la province du Hunan, ne l’a pas vue depuis 2005, date à laquelle les autorités de sa région l’ont enlevée, puis placée dans un orphelinat. Tout ça parce que les parents n’avaient pas pu payer l’amende de 6000 yuans qu’ils devaient à l’Etat pour avoir enfreint la loi sur l’enfant unique.

A l’époque, Yang Libing et sa femme avaient laissé leur fille à leurs proches; eux travaillaient dans une autre ville. Quand ils sont revenus, la petite Yang Libing avait disparu. Et le temps qu’ils retrouvent sa trace dans un orphelinat de la région, elle avait été adoptée par des parents américains.
Le cas de Yang Libing n’est pas isolé : en 10 ans, au moins 16 enfants auraient ainsi été volés à leur famille et placés dans les circuits d’adoption internationaux, selon le magasine Caixin Century, qui a publié lundi un article explosif sur la question. Parmi ceux-ci, certains n’étaient même pas le deuxième enfant du couple.
« Avant, ils nous punissaient pour avoir violé la loi sur l’enfant unique en détruisant nos maisons , mais après 2000, ils ont commencé à confisquer nos enfants« , explique un parent au magazine.
Le système, dévoilé par Caixin, est simple : les autorités de cette région pauvre outrepassent les directives nationales et modifient le statut des enfants pour pouvoir les revendre à des orphelinats pour environ 1000 yuans.
Leur adoption par des familles étrangères (évidemment ignorantes de la situation) peut rapporter jusqu’à 3000 dollars aux orphelinats.
Les autorités mènent l’enquête (?)
En réaction à la parution de cet article, qui a fait grand bruit, le gouvernement du comté de Longhui, qui avait pourtant par le passé empêché plusieurs les parents d’aller se plaindre au Bureau des Pétitions de Pékin, a publié ce message sur son site Internet. « Nous attachons une grande importance à ce cas présumé et avons uni les efforts de tous les départements du comté pour mener une enquête« .
Mais personne ne croit à ces belles paroles. « Nous avons déjà exposé ces cas d’enlèvement d’enfants aux gouvernements du comté et de la ville de Shaoyang (la ville la plus proche, ndlr), mais nous n’avons jamais reçu aucune réponse de leur part. En fait, un villageois a même été battu par les autorités du canton de Gaoping pour avoir demandé qu’on lui restitue son enfant« , explique un habitant au Global Times.
Alors, ce nouveau scandale fera-t-il intervenir les autorités de niveau supérieur? Jusqu’ici, elles ne s’étaient en tout cas pas manifestées, alors qu’il est de notoriété publique que ce genre de pratiques existent dans tout le pays.
En outre, leur action a, pour le moment, plutôt consisté à faire subir des représailles à ceux qui se dressaient contre les dérives de la loi sur l’enfant unique, à l’instar de l’avocat Chen Guangchen, assigné à résidence depuis sa sortie de prison en septembre dernier pour s’être battu contre les stérilisations forcées dans sa province du Shandong.
La publication de cet article en chinois est en tout cas incontestablement une marque de courage de la part de Caijing. D’autant qu’en avril, le magazine, qui a toujours revendiqué son indépendance, avait déjà perdu la trace d’un de ses journalistes. Zhang Jialong, 23 ans, a apparemment été enlevé par les autorités pour avoir couvert des sujets sensibles tel que le scandale du lait à la mélamine ou la récente disparition de l’artiste Ai Weiwei.
A lire aussi :
Une campagne de stérilisation forcée dans le sud de la Chine (avec l’interview en vidéo du démographe Yang Zhizhu, qui dénonce depuis longtemps les effets pervers de la loi sur l’enfant unique.
L’avocat Chen Guangcheng dénonce son sort et celui de sa famille dans une vidéo
Disparition d’un journaliste chinois de 23 ans
Droits de l’Homme Enfant unique

Une campagne de stérilisation forcée dans le sud de la Chine
21/04/2010 | Benoît Guivellic et Mathilde Bonnassieux (Aujourd’hui la Chine).
9559 habitants de la province du Guangdong doivent être stérilisés pour être en conformité avec l’interprétation que les officiels locaux font de la politique de l’enfant unique. Les familles des réfractaires sont arrêtées.
Assouplie depuis sa création en 1979, la politique de l’enfant unique est encore parfois appliquée avec violence en Chine. La campagne mise en place récemment à Puning, dans la province Guangdong, en est la preuve.

La semaine dernière, une enquête du Quotidien des Campagnes du Sud révélait que les autorités locales retenaient près de 1300 personnes, pour la plupart parents de personnes refusant de se faire stériliser. Détenues dans des conditions précaires décrites par le quotidien, ces personnes auraient à l’occasion suivi des « cours » de planning familial.
La campagne a été lancée le 7 avril dernier. 9 559 personnes doivent être stérilisées à Puning, pour ne pas avoir d’enfants supplémentaires. Les autorités ont arrêté les parents des réfractaires. Selon le Quotidien des Campagnes du Sud, environ 50% des personnes visées par ces détentions se seraient déjà rendues aux autorités.
Si la campagne menée par les autorités de Puning est particulièrement violente, elle n’est pourtant pas un cas isolé, rappelle Yang Zhizhu, démographe dénonçant depuis longtemps les effets pervers de la loi sur l’enfant unique.
« Il y a de moins en moins de cas comme celui là, explique t-il. Mais c’est uniquement parce que les gens se plient plus d’eux même à la loi qu’avant. Parce que de toute façon, ce n’est pas une politique que l’on peut appliquer uniquement par l’incitation. Cela ne marche pas. Si elles veulent faire respecter la loi, les autorités sont obligées de le faire de manière coercitive », commente-t-il.
Dans un article publié sur son blog, Yang Zhizhu souligne que les pratiques mises en œuvre par les autorités de Puning sont illégales. Aucune détention, outrage, revanche ou sanction ne peut être infligée aux personnes enfreignant la loi sur le planning familial ou à leurs familles, selon le droit chinois.
En théorie, les personnes ayant un deuxième enfant doivent « uniquement » s’acquitter d’une amende, dont le montant se veut dissuasif.
Certains assouplissements ont été tolérés. Les couples issus de minorités ethniques ont le droit de donner naissance à un second enfant, de même que ceux composés de deux enfants uniques ou que les paysans ayant eu une fille.
Cette politique continue pourtant d’avoir des conséquences extrêmes. Dans les provinces, les officiels, soumis à des quotas, emploient parfois les grands moyens, comme à Puning, pour rester dans les clous et ne pas se faire éjecter. Dans le cas contraire, s’ils sont en dessous du nombre limite, ils incitent les familles à procréer, dans l’espoir de tirer un revenu des amendes. Sans compter l’inquiétant déficit de filles en Chine, ou les millions d’ « enfants noirs », qui n’ont aucune existence légale car leurs parents n’ont pas pu payer l’amende à leur naissance et ne pourront donc jamais avoir de papiers, avec toutes les complications que cela engendre.
Dans cette vidéo, Yang Zhizhu revient sur les effets pervers de la politique de l’enfant unique […]

La Chine s’interroge sur le dogme de l’enfant unique
16/03/2010
| Charlotte Cailliez (Aujourd’hui la Chine)
Confrontée au vieillissement de sa population, la Chine s’interroge sur la politique de l’enfant unique. Des représentants à l’Assemblée ont remis en question ce dogme, le débat a été repris par le très officiel Quotidien du Peuple
«Un groupe de législateurs fait pression pour assouplir la politique de planification familiale en Chine, faisant valoir qu’elle n’est plus adaptée à l’époque et cause des problèmes économiques et sociaux».

Cette entrée en matière dans un article du Quotidien du Peuple, le journal du Parti, vient montrer que la sacro-sainte loi sur l’enfant unique commence à être sérieusement remise en question au plus haut niveau de l’état chinois. Certes, il y a déjà quelques années que les démographes chinois sont alarmistes et cette politique a connu quelques assouplissements : les conjoints qui sont eux-mêmes enfants uniques ont désormais le droit d’avoir deux enfants. Aujourd’hui, des experts demandent ouvertement l’abolition de cette loi pour que tous les Chinois aient le droit de mettre au monde deux enfants.
Cette politique – un seul enfant en ville, deux à la campagne si le premier est une fille – appliquée depuis trente ans a donné des résultats spectaculaires. 400 millions de naissances ont été évitées et la fécondité moyenne des Chinoises est passée de 5,7 enfants à environ deux, selon les statistiques officielles. La Chine a ainsi accompli en une génération ce que les pays occidentaux ont réalisé en l’espace de 150 ans. Les conséquences sociologiques et économiques sont difficilement mesurables et les experts craignent surtout que le vieillissement de la population soit un obstacle majeur au développement économique dans un futur très proche.  La Chine comptera un quart de personnes au-dessus de soixante ans en 2050, ils étaient déjà 8 % en 2008.
A Shanghai, les personnes âgées représentent déjà près d’un quart de la population. C’est pourquoi le gouvernement a lancé des campagnes pour exhorter les jeunes couples à faire deux enfants. Mais ce n’est pas gagné : les mentalités en changé et seulement 20 % de ces couples se déclarent prêts à avoir deux enfants.
Outre les problèmes liés au vieillissement dans un pays où le système des retraites est loin d’être généralisé, d’autres effets pervers inquiètent les spécialistes et les autorités, notamment la masculinisation de la société. Les statistiques montrent qu’en 1980, le ratio des naissances était de 107 garçons pour 100 filles, mais il a grimpé à 120 pour 100 aujourd’hui. Dans quelques années, ce sont environ 40 millions d’hommes qui ne trouveront pas d’épouse.
Ce qui n’apparaît pas dans ce débat officiel, c’est le tragique bilan humain, dénoncé depuis longtemps par quelques intellectuels courageux. Pour l’expert Yang Zhizhu, les violences faites aux femmes depuis 30 ans sont incommensurables. Il estime à environ 50 millions le nombre de foetus éliminés de force avant la naissance. Toujours selon lui, les comportements brutaux des agents du planning familial sont en diminution ces dernières années, mais pas vraiment par souci humanitaire : « Ces abus on diminué, d’une part parce que les gens font spontanément moins d’enfants et d’autre part parce qu’à travers tout le pays, les finances locales sont en difficulté : l’amende pour enfant hors quota est devenue une source non négligeable de revenus».
Une histoire de gros sous aussi donc, car toucher à la loi sur l’enfant unique, c’est mettre en péril le gagne-pain de dizaines de milliers de personnes. C’est ce qu’explique le journaliste Chen Bin dans un article publié en février 2009 sur le site Nanfang wang. Le grand recensement effectué en 2000 a conclu à un taux de fécondité de 1.2 en Chine, alors que la Commission du planning familial continue d’affirmer depuis un taux à 1.8. «La vraie raison, c’est que le taux de 1.8 correspond à sa raison d’exister» écrit-il. Et dans le débat d’aujourd’hui, la Commission continue effectivement de se battre contre tout amendement à la loi, avec des arguments parfois limites, comme cette déclaration de Zhao Baige, la vice-ministre de la «Population nationale et de la planification familiale de Chine: «Grâce à cette politique, il y a eu 400 millions de naissances en moins en Chine, ce qui a entraîné 18 millions de tonnes de moins d’émissions de CO2 chaque année».
Si personne ne peut contester que la Chine était surpeuplée et faisait trop d’enfants dans les années 70, les effets pervers d’une politique trop radicale sont déjà là et l’abolition de la loi interviendra de toute façon trop tard pour les corriger.
A lire aussi:
- Déséquilibre des naissances: 119 garçons pour 100 filles en Chine
- La Chine passe la barre des 100 millions d’enfants uniques
- Même autorisés, les parents n’envisagent pas systématiquement un second enfant en Chine

Ci-dessous un article qui parle de dissidents chinois et je le relève également car il y en a qui font actuellement la grève de la faim devant l’ONU à New York où se passe la commission sur le sort des femmes (CSW)

Les dissidents chinois passent à nouveau à côté du prix Nobel de la Paix
09/10/2009
| Harold Thibault et Charlotte Cailliez (Aujourd’hui la Chine).
Le prix Nobel de la Paix a été attribué au président américain Barack Obama. Comme l’an passé, les dissidents chinois figuraient en bonne position parmi les lauréats potentiels et comme l’an passé, ils ne l’ont pas eu.
Au premier rang d’entre eux, Hu Jia, arrêté en décembre 2007 et condamné le 3 avril 2008 à 3 ans et demi de prison pour « incitation à la subversion de l’Etat », selon l’acte d’accusation. Hu Jia s’était déjà vu attribuer à l’automne 2008 le Prix Sakharov, décerné par le Parlement européen à des personnalités engagées en faveur des Droits de l’Homme. Il faisait parti des favoris pour le prix Nobel de la Paix 2009 mais c’est finalement le président américain qui s’est vu attribuer le prix.

M. Hu, qui est aujourd’hui âgé de 36 ans, s’était engagé pour la défense de l’environnement puis dans la dénonciation d’un scandale de contamination à grande échelle par le virus du sida dans la province du Henan. Il avait ensuite très largement franchi la limite du tolérable du point de vue du gouvernement en s’exprimant auprès de la presse étrangère. « La Chine a toujours été une dictature » avait-il par exemple expliqué aux journalistes de l’AFP en 2007. « Maintenant, il existe une possibilité d’apporter la démocratie à ce pays pour la première fois en 5.000 ans d’histoire. C’est pourquoi je me sens privilégié de vivre cette époque et cela explique ce que je fais » avait-il ajouté.
D’autres dissidents chinois auraient pu être candidats au prix Nobel de la Paix, dont Chen Guangcheng, avocat aveugle s’étant battu aux côtés de femmes ayant subi une stérilisation forcée, et Gao Zhisheng, « avocat aux pieds nus » ayant tenté de défendre des membres du Falungong, arrêté à de nombreuses reprises et dont la famille s’est exilée aux Etats-Unis. Le professeur Liu Xiaobo, initiateur de la Charte 08 appelant à des réformes démocratiques en Chine et arrêté en décembre dernier figurait également parmi les candidats possibles. Détenu sans motif pendant plus de six mois, il a finalement été inculpé du très commode motif « d’activités présumées visant à la subversion et au renversement du système socialiste ».
Alors que la République Populaire de Chine a célébré en grandes pompes son 60e anniversaire il y a quelques jours et que son gouvernement a passé sous silence en juin dernier le 20e anniversaire de la répression des manifestations de Tiananmen, l’attribution du Nobel à l’un des dissidents chinois aurait été un signal. D’autant que ces derniers étaient passés à côté du prix depuis plusieurs années. Le dalaï lama s’était vu attribuer le Prix Nobel de la Paix il y a tout juste 20 ans pour son combat non violent au Tibet.
Un criminel pour Pékin
En 2008, l’éventualité de la remise du Prix à Hu Jia avait irrité le gouvernement chinois. « Tout le monde sait quelle sorte d’homme est Hu Jia: un criminel qui a été condamné à la détention par le système judiciaire pour incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat », avait déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang. « S’ils décernaient le prix de la paix à une telle personne, ce serait une grossière ingérence dans les affaires intérieures de la Chine comme dans notre système judiciaire indépendant » avait ajouté M. Qin.
Les spéculations toutefois n’allaient pas nécessairement dans le sens de l’attribution du Nobel de la Paix à un Chinois. D’autant que cette année, la liste des candidats proposés cette est longue: 172 individus et 33 organisations ont été nominés, le plus grand nombre de dossiers reçu de l’histoire du Nobel de la Paix. « Il y a beaucoup de bons candidats », avait déclaré à la presse Geir Lundestad, le secrétaire du comité Nobel une semaine avant l’annonce du lauréat.
Finalement, le Comité a attribué au président américain Barack Obama « pour ses extraordinaires efforts pour renforcer la diplomatie et la coopération » en soulignant qu’il avait créé un nouveau climat international.
Dans son testament de 1895, Alfred Nobel stipulait que le Prix devrait être attribué à « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Ces dernières années, le champ du Nobel de la Paix a été élargi à des personnes militant sur d’autres questions telles que l’environnement. L’ex vice-président américain Al Gore a reçu le Prix il y a deux ans pour son engagement contre le réchauffement climatique.
Encore trop jeune
Selon le président de l’Institut de Recherche sur la Paix d’Oslo Kristian Berg Harpviken, les dissidents chinois n’étaient pas en tête de liste. « Les Jeux Olympiques de Pékin sont finis, mais n’ont pas mené à l’ouverture politique que beaucoup avaient espéré. Depuis, il y a eu de nouveaux soulèvements en Chine. Mais, je crois qu’il n’est pas très probable qu’un dissident chinois reçoive le Prix en 2009. Un Prix en 2008 aurait été un signal plus fort » expliquait-il avant l’annonce du choix de Barack Obama. « De plus, je serais étonné que le Comité, qui au moment de sa décision inclut deux membres du Parlement (norvégien), veuille se confronter à la Chine, qui a été claire sur le fait qu’elle se ferait entendre » ajoutait-il.
Vivant normalement en résidence surveillée à Pékin, l’épouse de Hu Jia, Zeng Jinyan, a ces jours-ci quitté la capitale, pour les 60 ans de la République Populaire ou pour l’annonce de la décision du Comité Nobel. Elle ne rentrera que le samedi 10 octobre à Pékin. « En résidence surveillée, je ne pouvais pas m’occuper correctement de mon enfant » explique-t-elle.
Selon elle, il était peu probable que son mari obtienne le Nobel cette année. « Il est encore trop jeune » dit Zeng Jinyan.

Un seul enfant sinon rien
17/09/2007
| AFP.
Les cadres du Parti communiste ou les membres du gouvernement qui ne respectent pas la politique de « l’enfant unique » n’auront pas de promotion, a affirmé l’agence officielle Chine Nouvelle. Depuis plusieurs semaines, Pékin fait monter la pression sur les membres du parti pour qu’ils montrent le bon exemple face à cette mesure mal-aimée de la population chinoise.
« Obéir à la politique du planning familial sera un critère fondamental pour la promotion des cadres, l’élection des députés au Congrès du Parti et aux Assemblées et pour les conseillers politiques à tous les niveaux », indique une circulaire édictée vendredi par le Parti communiste et dix administrations et citée par Chine Nouvelle.

Un système de récompense sera mis en place pour ceux qui dénoncent les abus et les membres du Parti récalcitrants seront sanctionnés financièrement, ajoute l’agence.
En juillet dernier , Chine nouvelle avait indiqué que près de deux mille responsables du Hunan n’avaient pas respecté la politique de « l’enfant unique1.968 responsables de la province du Hunan ont eu plus d’un enfant, l’un d’eux ayant quatre enfants avec quatre maîtresses différentes, avait précisé l’agence.
Parmi les responsables, figuraient 21 députés locaux et nationaux, 24 conseillers politiques et 112 hommes d’affaires.
La Chine, pays le plus peuplé au monde avec 1,3 milliard d’habitants, avait adopté une politique de contrôle de naissances à la fin des années 1970, ce qui, selon les autorités, a permis d’éviter une explosion démographique, en passant de 5,8 enfants par femme dans les années 70 à 1,8 actuellement.
Cependant, ces derniers temps, les cas de responsables, de patrons et de célébrités qui ont eu plus d’un enfant, sans être inquiétés, ont fait scandale et provoqué la grogne du reste de la population.
En mai, des émeutes avaient éclaté dans le sud de la Chine, en raison de l’opposition de paysans à la politique de contrôle démographique, notamment des méthodes comme les avortements forcés, les saccages de maisons par les équipes du planning familial et les amendes prohibitives.