Archives de Tag: Multiculturalisme

A propos du #multiculturalisme (dont le tueur d’Oslo ne veut pas, soit dit en passant)

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J’avais l’intention de  « parler» à nouveau de la diversité culturelle - dont  le tueur d’Oslo ne veut pas, soit dit en passant - mais finalement la vidéo ci-dessous ainsi que l’article relevé sur http://www.commongroundnews (lire tout en bas) «résumeraient» le tout.

Comment Malcom Gladwell  est passé des sauces spaghetti à la diversité culturelle #HowardMoskowitz #TED2004

L’auteur de "Tipping Point" [i], Malcom Gladwell examine l’industrie alimentaire à la recherche de la sauce spaghetti parfaite–et élargit le débat à la nature du choix et du bonheur.

Sur Twitter
@TEDNews Malcolm Gladwell: "I thought I would come to #TEDGlobal and put spaghetti sauce behind me" Cf. his 2004 talk: http://t.co/ANFy8oL

Autres Tweets connexes au multiculturalisme

Best Practices to collaborate w/ people from different cultures http://t.co/m9ypBUN via @eGlobalLearning #Mondialisation #Multiculturalisme ”

Le tueur d’Oslo, un extrémiste opposé au multiculturalisme http://t.co/jg5C7dN

Au Royaume-Uni, un festival arabe célèbre le #multiculturalisme par Nada Akl – http://t.co/zecuWgF via @CGNewsService ”

Les efforts de l’#Indonésie pour défendre le #multiculturalisme par Testriono – http://t.co/kZY3wGn via @CGNewsService ”

Tweets possiblement connexes

In a 2004 op-ed in The New York Times,Tarazi wrote in support of a one-state solution to the Israeli-Palestinian crisis en.wikipedia.org/wiki/Michael_T…

thanks for RT > I love your name @isratine #onestatesolution en.wikipedia.org/wiki/One-state… #Israel #Palestine #Peace #Love

RT @prettyzoely Israël-Palestine : ce que les gens peuvent apporter pour résoudre le conflit #Paix #Justvision #SPCG #TEDxRamallah http://bit.ly/pm2eAv #isratine

Lire aussi

Non, le multiculturalisme français n’est pas un échec (slate.fr)

Islam, attaque contre le multiculturalisme… la désintégration de l’Europe (slate.fr)

Pourquoi je dis trois fois non au «débat sur l’islam» (slate.fr)

Relever le défi du métissage et en même temps admettre l’échec du multiculturalisme (sur le blog du grincheux, sic)

On identity beyond ethnicity, cont’d: Where multiculturalism goes wrong (on bluejaysway’s blog)

The Irony Of Multiculturalism, Ctd (the atlantic.com)

Bad Arguments Against Multiculturalism (prospect.org)

Kenan Malik, Fero Sebej Multiculturalism at its limits?
Managing diversity in the new Europe

Articles relevés sur SPCG et reproduits avec autorisation

Défendre la diversité culturelle «Mon Hanoucca pas catholique!» by Mehra Rimer* – SPCG

Défendre la diversité culturelle «Allemagne: non, le multiculturalisme n’est pas mort» par Lewis Gropp* (SPCG)

“Le tissage de notre identité n’est pas uniforme” par Alia Hogben*

Défendre la diversité culturelle : tolérance religieuse, terrain d’entente (Source : SPCG)

Et pour terminer, un autre article via @SPCG_

#Israël: Développer un sentiment d’identité civique commune par Mike Prashker

*Mike Prashker est le fondateur et le directeur de MERCHAVIM – institut pour la promotion d’une citoyenneté commune en Israël – et l’instigateur de l’initiative de Kulanana. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 juillet 2011, http://www.commongroundnews.
Reproduction autorisée.
22 juillet 2011
Ramla (Israël) – A l’heure où la population mondiale approche des sept milliards et où plus de la moitié vit dans des villes hétérogènes, être à l’aise avec la diversité devient aujourd’hui une nécessité de plus en plus grande.

En tant qu’enseignant israélien promouvant l’idée de citoyenneté commune, je connais fort bien le problème. Israël est un pays extrêmement varié. Ses citoyens vivent généralement en vase clos avec des très bas niveaux de mixité et un sentiment de peur très élevé. La minorité arabe d’Israël se trouve dans une situation particulièrement difficile avec un Etat – Israël – en conflit avec son peuple – les Palestiniens.

Une étude commanditée pour une importante et toute nouvelle initiative, appelée Kulanana (un néologisme qui signifie "nous tous", né de l’hébreu et de l’arabe, les deux langues officielles d’Israël), ayant pour but de consolider la société, a mis l’accent sur la réelle absence d’un sentiment d’identité civique. Fait particulièrement préoccupant, les jeunes israéliens semblent être moins à l’aise avec la diversité que les générations précédentes!

En effet, soixante-trois ans après avoir obtenu le statut d’Etat, la société israélienne doit encore développer le sentiment du "nous" qui inclut tout le monde, honorant tous les citoyens et leur apportant un sentiment d’appartenance civique. Ce sentiment est particulièrement important dans la mesure où la citoyenneté est – par définition aussi – la seule chose que les citoyens israéliens ont en commun, hormis leur nature humaine.

Sur les 7,7 millions de citoyens israéliens, il y a 80% de Juifs et 20% d’Arabes palestiniens, principalement des musulmans sunnites. Toutefois, la difficulté ne s’arrête pas là. Outre les petites communautés de Druzes et de Chrétiens arabes, les Juifs d’Israël ont eux-mêmes des origines très diverses. Près de 20% des citoyens israéliens sont russophones. Ce sont des immigrés relativement récents. La majorité des Juifs d’Israël viennent de pays du monde arabe et d’Afrique; le reste est surtout originaire d’Europe de l’Est. Les tensions entre religieux et laïcs chez les Juifs israéliens sont fortes et traduisent de profonds désaccords politiques quant à l’avenir du pays, le tracé des frontières et même la culture politique convoitée, qu’elle soit démocratique ou théocratique.

Reflet et soutien de cette complexe réalité, Israël a maintenu, depuis sa création, quatre types d’écoles étatiques: juive-laïque, religieuse, ultra-orthodoxe et arabe – chacune d’elles ayant sa propre subdivision. Cette situation constitue un sérieux défi structurel pour les enseignants qui oeuvrent pour promouvoir une mixité respectueuse et une coopération entre tous les groupes.

Face à ce défi, nous avons pensé qu’il était essentiel de littéralement inventer un nouveau mot – kulanana – afin de saisir les trois thèmes centraux de notre travail: la citoyenneté, la diversité et l’équité, de manière à ce qu’il ait un sens pour les Israéliens, quelles que soient leurs origines. Reconnaître la profonde interdépendance de ces concepts est essentiel: la citoyenneté est commune à 7,7 millions d’Israéliens et la diversité est l’une des caractéristiques les plus marquées en Israël. Conférer un certain sentiment d’appartenance civique à travers l’égalité des chances est essentiel pour imaginer et concevoir un avenir commun meilleur.

Après une expérience de treize ans dans la formation des enseignants et la mise à disposition de programmes communs pour l’enseignement de la citoyenneté dans des centaines d’écoles, mes collègues enseignants et moi-même avons fini par admettre que si des interventions spécifiques étaient efficaces pour améliorer les relations entre groupes distincts, la société israélienne dans son ensemble faisait fausse route à cet égard.

Alors, comment pouvons-nous réagir face à un tel problème?

Le développement d’un langage civique consensuel a constitué une première étape cruciale: un langage développé grâce à un travail de coopération qui permet à l’ensemble des principaux groupes d’Israël d’embrasser la citoyenneté sans menacer les autres identités fortement appréciées est le point de départ. Le modèle de citoyenneté commune développé par MERCHAVIM, une organisation non gouvernementale (ONG) qui se consacre à façonner un avenir commun plus équitable pour le bien de tous les Israéliens par le biais de l’éducation, permet justement cela.

Cependant, dans une ambiance caractérisée par l’ignorance et la peur omniprésente de l’ "autre", il est essentiel d’étendre notre action pédagogique au-delà du cadre scolaire. Grâce à Kulanana, nous visons à développer une communauté multiple, un soutien, un volontariat, des plateformes médiatiques multipliant les occasions d’offrir une éducation à la citoyenneté commune, en complément de nos activités ayant pour base l’école.

Ce qui est fondamental pour Kulanana est de valoriser l’interdépendance des différents aspects de la consolidation d’une société soudée: la plupart des démarches visant à atténuer les conflits et à consolider la société israélienne ont été contrôlées par des organisations ne s’occupant que d’un seul problème et travaillant dans des domaines séparés. Le moment est venu d’admettre que toutes ces luttes sont en réalité interdépendantes, en rapport avec nos attitudes les plus fondamentales face à toute sorte de diversité.

Kulanana traduit la conviction qu’aucun organisme, aussi puissant soit-il, ne peut à lui tout seul résoudre le défi de consolider une société. La coopération stratégique est nécessaire entre les ONG, le gouvernement, les oeuvres caritatives et les milieux d’affaires.

Il n’est pas si exagéré d’affirmer que partout sur notre planète de plus en plus petite – et sans aucun doute en Israël – les éducateurs pour la citoyenneté commune et la diversité mènent un combat sans précédent contre le temps. Il est de notre devoir de développer et d’apporter des méthodes nouvelles et efficaces nous permettant d’avoir accès aux enfants, de les motiver et de leur donner les moyens de coopérer et de prospérer dans les différentes communautés au sein desquelles ils sont destinés à vivre.

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[i] Wikipedia

Un tipping point, qu’on peut traduire par «point de basculement sociologique», «point critique sociodynamique», «seuil de tolérance» ou «angle de repositionnement», est une expression de la sociologie qui se rapporte à un moment dramatique où quelque phénomène singulier devient commun.

Cette expression a été créée par Morton Grodzins, qui a étudié les voisinages d’intégration américains au début des années 1960. Il a découvert que la plupart des familles blanches restaient au sein de leur voisinage aussi longtemps que le nombre de familles noires restait comparativement très petit. Mais, à un certain point, quand «trop» de familles noires arrivaient (environ 10-20 %) par rapport à la population totale), les familles blanches restantes se retiraient en masse selon un processus qualifié de «fuite blanche». Il a appelé ce moment le tipping point

L’idée a été répandue et consolidée par Thomas Schelling en 1972 (prix Nobel d’économie 2005). Une idée semblable est à la base du modèle du seuil de Granovetter concernant le comportement collectif.

Le philosophe français Jean-Pierre Dupuy reprend à son compte la notion de "tipping point", dans l’idée d’un seuil critique (qu’il emprunte à Illich), pour caractériser l’irréversibilité de certains phénomènes, comme la catastrophe nucléaire, une fois ce seuil franchi1.

 


Défendre la diversité culturelle «Allemagne: non, le multiculturalisme n’est pas mort» par Lewis Gropp* (SPCG)

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* Lewis Gropp est journaliste freelance à Cologne. Spécialiste de religion et de littérature mondiale, il est aussi rédacteur au magazine en ligne Qantara.de, qui aborde le problème des relations entre le monde musulman et le monde occidental. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 12 novembre 2010, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Bonn – La chancelière Angela Merkel, déclarait récemment: "le multiculturalisme allemand a totalement échoué".

Cette déclaration est sans fondement, car quel est le sens du mot "multiculturalisme", si ce n’est la coexistence fonctionnelle de plusieurs cultures au sein d’une même communauté? Si tel est le cas, le multiculturalisme est un concept universel et intemporel qui, dans le cadre mondialisé où nous vivons, est plus que jamais d’actualité, puisque les sociétés et les pays ethniquement homogènes n’existent plus.

En fait, cette affirmation était avant tout une concession à la base conservatrice de son parti. De plus, les voix hostiles à l’islam se multiplient aussi au niveau de la base électorale. Ainsi, cet été, dans son livre intitulé L’Allemagne court à sa perte, Thilo Sarrazin, ancien homme politique et membre du conseil d’administration de la Deutsche Bank, a ouvert tout grand les vannes du débat sur le multiculturalisme en affirmant que le rythme actuel de l’immigration conduisait à un dangereux déclin de la civilisation et à une dégradation d’un réservoir génétique de première qualité.

Il est impossible de nier qu’une immigration incontrôlée a créée des problèmes d’intégration en Europe par le passé. L’Allemagne, comme d’ailleurs l’Europe en général, connaît des problèmes d’intégration alarmants. Ainsi, on voit des pans entiers de la communauté issue de l’immigration se couper de la société citoyenne, se sentant a priori exclue du fait de sa mauvaise maîtrise de la langue allemande. Ce problème de langue a pris une telle acuité que certains enseignants ne peuvent plus faire classe, les élèves ne comprenant pas ce qu’ils disent.

L’Allemagne est remplie de jeunes hommes émigrés qui, se sentant aliénés, se coupent du reste de la société, s’exposant à une pensée extrémiste. C’est ainsi qu’on pense expliquer un attentat raté remontant à 2006 mettant en cause deux jeunes Libanais installés en Allemagne depuis plusieurs années. Etant entendu, évidemment, que seule une infime minorité de ces migrants seraient prêts à exécuter des actes terroristes.

Ce débat est porteur de honte, dans la mesure où l’Allemagne doit en grande partie son essor économique exceptionnel au dur labeur de tous les immigrants turcs qui ont été incités à s’expatrier dans les années 1960. Sans eux, l’Allemagne ne serait pas le pays riche qu’elle est aujourd’hui. Les dirigeants de Berlin sont bien conscients de ces problèmes et personne n’oserait prétendre aujourd’hui que la coexistence soit possible dans une société pluraliste en l’absence de valeurs communes applicables à tous.

Les milieux politiques savent parfaitement que les problèmes d’intégration que nous connaissons aujourd’hui sont avant tout d’ordre sociopolitique et n’ont rien à voir avec la génétique ou la religion.

Il suffit de jeter un seul coup d’œil de l’autre côté de l’Atlantique pour réfuter les thèses absurdes avancées par Sarrazin: aux Etats-Unis, les immigrants musulmans (les deux-tiers des musulmans américains sont nés à l’étranger) sont totalement intégrés, plus performants que les immigrés d’autres origines et ils jouissent d’un niveau scolaire plus élevé (enquête Pew de 2007).

La déclaration de Mme Merkel est peut-être aussi due au fait que la crise économique que connaît l’Allemagne, comme d’ailleurs l’Europe tout entière, engendre un climat d’incertitude croissante. A certaines époques, les gens prennent peur, et les gens apeurés deviennent agressifs.

Mais l’ordre démocratique fondamental repose non sur la réussite économique mais sur des principes. Des principes comme l’égalité des droits et la liberté de conscience. Le gouvernement de Mme Merkel, a beaucoup fait pour promouvoir ces valeurs. Ainsi, pendant la dernière législature, Wolfgang Schäuble, ministre de l’intérieur, a affirmé catégoriquement que l’islam fait partie de l’Allemagne. Le nouveau Président, Christian Wulff a réaffirmé ce message le 3 octobre dernier dans le message à l’occasion de la Journée de l’Unité allemande, fête nationale qui célèbre la réunification du pays en 1990.

M. Wulff ne savait pas qu’il s’exposait à des flots de critique de ses concitoyens, convaincus, dans leur majorité, que leur Président bradait, ce disant, les valeurs occidentales fondamentales.

C’est en fait tout le contraire: par ce message, M. Wulff affirme que les chrétiens vivant en Turquie, tout comme les musulmans vivant en Allemagne, ont droit à un traitement égal. Ceux qui prétendent que la société occidentale doit défendre ses racines chrétiennes, refusant toute reconnaissance à l’islam, œuvrent dans le sens de l’abolition de la démocratie et de la liberté confessionnelle.

Alors, non, le multiculturalisme n’est pas mort. Parce qu’un Etat qui repose sur des valeurs démocratiques fondamentales, dont la liberté de culte, témoigne de sa force non pas en rejetant, mais en affirmant sa diversité culturelle.

Tel a toujours été et tel sera toujours le cas.

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