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“Let’s make money” : Ah qu’est-ce que j’aimerais bien me dire cela tous les matins quand je me lève…

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Le film-documentaire « Let’s Make Money », de Wagenhofer, sorti en 2009 en France, est en diffusion sur Canal+ actuellement. Je peux vous dire que c’est hallucinant ! C’est vraiment fait (l’argent) avec un sang froid à glacer encore plus le sang…

Après We Feed the World, documentaire évènement sur notre alimentation, le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec Let’s Make Money. Le film suit notre argent à la trace dans le système financier mondial. Ce documentaire impressionnant est le tout premier film à démonter les bases du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.

Revue de presse par mes soins

L’aide au développement de l’AFD ou comment faire venir les entreprises françaises en Afrique
VENDREDI 23 AVRIL 2010 PAR FALILA GBADAMASSI
Tel n’est pas le titre de l’article lu sur afrik.com, il m’a juste fait bondir que j’ai tout de suite extrapolé sur le sujet du billet d’aujourd’hui « Let’s make money » et surtout quand je lis la danse des chiffres qu’ils balancent…Tout est dans ces trois points de suspension.
Franchement, qu’en est-il alors de « L’aide doit créer les conditions nécessaires pour se passer d’aide » ?
Et je croyais aussi que la croissance économique devait être un moyen et non un objectif à atteindre pour sortir de la pauvreté ?
Je peux me tromper alors je vous propose de lire l’intégralité de l’article ici avec un extrait ci-dessous…

L’aide française à l’Afrique mise désormais sur « la croissance économique »
L’Agence française de développement a consacré 2, 071 milliards en 2009 au financement du développement en Afrique sub-saharienne, soit 57% de son activité. Sa préoccupation majeure : générer de la croissance sur un continent dont l’avenir est incontestablement lié à celui de ses partenaires développés. Jean-Michel Severino, le directeur général sortant, en fait un chantier prioritaire dont la réalisation ne peut plus être laissée aux seuls capitaux publics. Le secteur privé doit être impliqué dans le financement du développement et c’est l’option prise depuis quelques années par l’AFD.
[…]
« Nous avons prêté (aux collectivités locales) en Afrique du Sud, à Dakar, à Ouagadougou. Ces opérations ont été les premières en matière de prêt municipal dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest », souligne Jean-Michel Severino. De même, l’AFD a aussi « significativement prêté » aux grandes entreprises d’infrastructures (eau, énergie et télécommunications) privées ou publiques, les dernières étant majoritaires. Par ailleurs, le secteur privé a fait l’objet d’importants investissements. En Afrique subsaharienne, « 450 millions d’euros ont été investis en 2009 contre 70 millions il y a quelques années », indique Luc Rigouzzo, directeur général de Proparco.

«Let’s make money», aux origines du mal financier
MÉDIAS 20/04/2010 Par ISABELLE HANNE

Paradis fiscaux, chantage économique, investissements fictifs… Let’s Make Money nous balade du Ghana à l’Inde en passant par Singapour, à la rencontre d’industriels occidentaux et de fonds qui investissent dans les «pays émergents». Le docu recueille les témoignages des requins de la finance mondialisée et de ses victimes, et reprend l’historique de la pensée néolibérale, du consensus de Washington jusqu’à aujourd’hui.
Surtout, il montre les absurdités et les dangers de ce système, avec les exemples de la monoculture du coton au Burkina Faso, ou de la bulle immobilière espagnole, où des dizaines de villes fantômes ont été construites pour «lancer la chaîne des investissements». Le documentaire, réalisé par Erwin Wagenhofer (We Feed the World), décrypte avec méthode l’aberration d’un système créé par cette industrie des investissements financiers. Bien filmé, dense, et sans voix off, le film présente un système tentaculaire et déréglementé, au bord de l’implosion, qui «utilise l’argent des gens ordinaires pour couvrir un pari». C’est terrifiant.

Entretien avec le réalisateur de “Let’s make money”
Le 16 avril 2009 - Propos recueillis par Mathilde Blottière
Dans “We feed the world”, sorti en 2007, le documentariste Erwin Wagenhofer interpellait les citoyens des pays riches sur le mode : continuez à vouloir bouffer des fraises à Noël et vous détruirez la planète en affamant le tiers-monde. Avec “Let’s make money”, sorti mercredi, l’Autrichien enfonce le clou. Au fil d’une démonstration implacable, il explique comment nous autres, innocents contribuables, alimentons sans le savoir la plus inique des mécaniques : le système financier mondial. Rencontre avec la bête noire des néo-libéraux de tous poils.

Après les ravages écologiques et humains de l’industrie agroalimentaire, vous vous attaquez aux aberrations du système financier mondial. Comment êtes-vous passé de l’un à l’autre ?
Cela s’est fait naturellement. Après m’être interrogé sur la provenance de notre nourriture, j’ai décidé d’enquêter sur la destination de notre argent, et l’usage qu’en font les banques. Let’s Make money commence d’ailleurs là où se terminait We feed the world : sur le Mont-Pèlerin, au-dessus du lac Léman, en Suisse. C’est là que se situe le siège mondial de Nestlé, l’un des plus gros groupes agroalimentaires de la planète. Dans We feed the world, le président de la multinationale m’avait confié son rêve : privatiser l’eau… Pour Let’s make money, je suis retourné dans cet endroit car c’est aussi le lieu de naissance de la Société du Mont-Pèlerin, haut-lieu de promotion du néo-libéralisme économique.
Comment prépare-t-on un film sur un sujet aussi complexe que le circuit monétaire international ?
L’important est de réussir à incarner son sujet. Avant même de connaître leurs noms, je savais exactement qui je voulais rencontrer. Pour préparer le tournage, j’avais élaboré un plan très précis où j’avais listé les fonctions ou les titres d’interlocuteurs potentiels : un investisseur autrichien en Asie, le directeur de la Banque mondiale ou encore le maire de Jersey. Bien sûr, toutes les rencontres n’ont pas pu se faire, mais dans l’ensemble, j’ai recueilli les témoignages que je souhaitais.
Comment avez-vous convaincu les magnats de la finance de vous recevoir ?
Depuis le succès international de We feed the world (un million de spectateurs dans le monde, NDLR), les gens savent que je ne milite pas pour le grand capital… Cela compliquait les démarches. C’est pourquoi j’ai engagé une célèbre journaliste autrichienne pour assurer l’intermédiaire entre les financiers et moi. Ça n’a pas toujours fonctionné comme je l’aurais souhaité… La persuasion exige beaucoup de rigueur et d’obstination : pour We feed the world, j’avais rencontré tous mes interlocuteurs avant le tournage, pour tâcher de les convaincre les yeux dans les yeux. Ça m’avait pris trois ans…
“J’ai essayé de capter des images fortes, qui portent des traces évidentes de cette course à l’argent.”
L’argent peut être un sujet extrêmement abstrait. Comment filme-t-on une valeur ?
J’ai essayé de capter des images fortes, qui portent des traces évidentes de cette course à l’argent. Lorsque j’avais filmé les gigantesques serres espagnoles pourWe feed the world, j’avais déjà repéré les énormes complexes touristiques fantômes de la Costa del Sol. Voilà une conséquence très concrète de la spéculation : des paysages ravagés, des bâtiments immondes qui pourrissent au soleil, des quantités d’eau gaspillée pour entretenir des terrains de golf dont personne ne profite… Je voulais aussi tourner à Jersey : l’argent y est invisible, mais quelque part, derrière les cailloux et le sable, des sommes colossales prospèrent tranquillement. Et puis, bien sûr, je tenais à montrer la misère engendrée par cet accaparement de l’argent par quelques-uns : la pauvreté absolue, telle qu’on la trouve dans les bidonvilles des grandes villes indiennes.
Quel est ce « nous » auquel se réfère le titre ?
C’est le même « nous » que celui de We feed the world : il s’adresse à nous autres, citoyens des pays riches. C’est une manière de responsabiliser les gens, de leur signifier que ce qu’ils voient à l’écran les concerne. Au-delà de cela, Let’s make money est vraiment le slogan de ces vingt dernières années. Il y a quelque chose de lubrique dans cette formule, qui fait penser à une autre expression anglophone : « let’s make love ». On imagine très bien un banquier se levant de bon matin avec cette idée gourmande en tête : « Allons faire du fric ! »
“Pour perdurer, le système capitaliste pompe l’énergie des gens les mieux formés de nos sociétés. C’est désolant.”
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre enquête ?
J’ai eu le sentiment d’un immense gaspillage de matière grise. Pour perdurer, le système capitaliste pompe l’énergie des plus gros cerveaux, des gens les mieux formés de nos sociétés. Plutôt que d’employer leur intelligence à régler les problèmes urgents de la planète, ils passent leur temps à se demander comment maximiser les gains en un minimum de temps. C’est désolant.
D’un point de vue émotionnel, le plus frappant est évidemment la pauvreté des oubliés de la machine à fric. Involontairement, nous sommes responsables de leur misère car c’est bien notre argent, ou au moins une partie, que les banques injectent dans le circuit. Le seul levier que nous ayons pour contrer ce processus, c’est le vote.
Let’s make money est déjà sorti il y a plusieurs mois en Autriche, en Allemagne, en Suisse. Comment le public réagit-il ?
Je reçois tous les jours des retours de spectateurs. Qu’on l’apprécie ou non, le film ne laisse personne indifférent. Lorsque le festival de Sundance l’a programmé, en janvier dernier, le débat post-projection avait d’ailleurs failli virer à la guerre civile : d’un côté, ceux qui prennent acte du constat et veulent agir pour changer les choses ; de l’autre, les incrédules qui considèrent le film comme un tissu de mensonges.
Quant aux réactions des politiques, elles ne se sont pas faites attendre : à Vienne, la ville a commencé à racheter les tramways dont le film dénonçait la privatisation. Bien sûr, entre-temps, la crise est passée par là…
Justement, le film sort en pleine crise. Ironiquement, cela risque de lui profiter…
Let’s make money critique un système et, au moment où il sort en salles, la réalité lui donne raison… Il est vrai que je n’aurais pu rêver campagne marketing plus efficace. Pour autant, je ne suis pas un gagnant de la crise, contrairement à mon producteur qui, lui, se frotte les mains… Plus sérieusement, quand j’ai commencé à tourner, je ne pensais pas que la crise était sur le point d’éclater. En revanche, je n’ai jamais douté de son caractère inéluctable : rien de sorcier là-dedans, il suffisait d’analyser froidement le système pour comprendre qu’il allait dans le mur. Le pire, c’est que tous les financiers qu’on voit dans le film le savaient eux aussi : ils n’ont pas voulu voir, le plus urgent pour eux, c’était de faire de l’argent. Et vite.

Ce monsieur ne croyait pas si bien dire, si l’on en croit cet article, entre autres, concernant l’affaire Goldman Sachs…

Goldman Sachs Emails: Firm Had ‘The Big Short’ As Economy Fell
First Posted: 04-24-10 10:30 AM   |   Updated: 04-24-10 11:18 AM

The firm made money on the upside — originating, securitizing and selling subprime mortgage-based securities to investors — and on the downside, thanks to the insurance.
"Bad news," a May 17, 2007, email began from one Goldman employee to another. A security the firm had underwritten and sold had just lost value, costing Goldman about $2.5 million.
Further down in the email, the employee, Deeb Salem, wrote "Good news…we own 10mm protection…we make $5mm."
The firm made $5 million betting against the very securities it had underwritten and sold.