Restore Sanity : «Nous, Peuple ou comment rétablir le bon sens en Amérique» par Susan Koscis* (SPCG)

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*Susan Koscis est la directrice de la communication de Search for Common Ground. Article d’abord paru dans The Sacramento Bee et écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 12 novembre 2010,www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Washington – La première pancarte que j’ai vue en arrivant au «Rassemblement pour rétablir le bon sens» qui a eu lieu il y a peu, un bel après-midi d’automne, au National Mall, à Washington, comportait l’inscription suivante:  »Embrassez un musulman aujourd’hui ». Cette phrase annonçait ce qui allait suivre.

Je suis une enfant des années soixante, ce qui explique sans doute la raison pour laquelle l’ambiance qui se dégageait de ce rassemblement m’a paru si familière. Malgré une foule estimée à près de deux cent mille personnes et des difficultés pour entendre ou voir ce qui se passait sur la scène, les gens étaient polis, pacifiques et enthousiastes.

Durant trois heures, nous sommes restés debout, serrés les uns contre les autres, à écouter la musique entre autres choses. La foule a applaudi lorsque le célèbre chanteur Cat Stevens, qui porte maintenant le nom de Yusuf Islam, est entré en scène pour chanter sa chanson au statut icônique  »Peace Train ». Les gens ont également écouté de la poésie mais ils étaient surtout venus pour entendre les histoires drôles qui toutes vilipendent le climat politique et culturel fortement radicalisé de l’Amérique d’aujourd’hui.

Un message est apparu pour  »Nous, Peuple », pour ceux d’entre nous présents au rassemblement mais aussi pour tous les Américains – et même pour ceux qui se trouvent hors de nos frontières:  »Nous pouvons ressentir de l’animosité et ne pas être ennemis et nous devons faire la différence entre les deux. Si nous amplifions tout, nous n’entendons rien, » a déclaré Jon Stewart.

Jon Stewart, l’animateur de l’émission The Daily Show sur la chaîne câblée Comedy Central, est l’organisateur du rassemblement. Vers la fin du spectacle, il a pris un air sérieux et a prononcé un des plus remarquables discours que j’ai entendus depuis longtemps.

Jon Stewart a tenu les médias en partie responsables du climat radicalisé que l’on observe actuellement aux Etats-Unis. Il a critiqué ces médias d’informations qui exagèrent les différences et exacerbent les tensions. Il a reconnu que la rhétorique extrémiste dans les médias était sans doute bonne pour les indices d’écoute mais pas pour notre pays.

Réagissant à la manière dont les médias exacerbent les différences entre les personnes, Jon Stewart a indiqué: «Les médias sont comme une loupe : ils peuvent se pencher sur nos problèmes pour éclairer ceux qui sont jusqu’ici restés dans l’ombre, mais ils peuvent aussi mettre feu à des fourmis.» Il a ajouté que les Américains ne se nourrissaient pas de «la télévision par câble; nous nous nourrissons de nos valeurs et de nos principes qui font la fondation qui nous soutient.»

Evoquant la peur grandissante que les musulmans inspirent aux Américains, il a prétendu que du fait de l’incapacité à faire la distinction entre terroristes et musulmans, nous nous sentions moins en sécurité, et non le contraire.

Jon Stewart n’est pas d’accord avec les médias qui prétendent que l’Amérique est idéologiquement divisée car la réalité est que la plupart des Américains ne vivent pas comme des Démocrates ou des Républicains ou comme des conservateurs ou des libéraux. Nous vaquons à nos occupations quotidiennes en faisant de notre mieux, comme des personnes et non comme des idéologues.

Dans son livre, Practical Intelligence, Karl Albrecht affirme que les mots sont importants:  »Les mots peuvent être une arme, un outil, et ils peuvent être une ruse. Ils peuvent inspirer, inciter, envenimer, apaiser, informer, instruire, donner de fausses informations, manipuler et embrouiller. Beaucoup de dirigeants célèbres ont compris la psychologie du langage, l’ont tourné à leur avantage et s’en sont servi pour éveiller l’attention des gens et les mobiliser, tant pour le bien que pour le mal. La poésie, la littérature, les slogans populaires, les métaphores et les chansons patriotiques, tout peut faire changer radicalement les gens d’avis. »

L’usage des mots était au centre du rassemblement. Personne n’a conseillé d’ignorer ou d’oublier que de réelles différences nous séparaient. Toutefois, le rassemblement nous a rappelé que nous pouvions être polis les uns envers les autres, nous pouvions nous écouter les uns les autres et apprendre les uns des autres.

Qu’avons-nous à perdre en essayant d’agir de la sorte?

En regardant autour de moi, je lisais sur les pancartes des messages reflétant cet esprit:  »Soyez chics les uns avec les autres »,  »La nouvelle tendance c’est d’être sympa »,  »La civilisation exige la politesse ». Et il y avait ce message inscrit sur une pancarte que brandissait une fillette et avec lequel nous pouvions sans doute tous être d’accord, quelles que soient nos opinions politiques, notre religion, nos croyances:  »Encore du chocolat s’il vous plaît ».

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