«L’exposition new-yorkaise met l’accent sur les 1001 innovations islamiques» par Marium Sattar (SPCG)

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Comme à mon habitude, je relève un article, parmi d’autres, du SPCG…

* Marium Sattar a grandi à Londres et prépare sa maîtrise à l’école de journalisme de l’université de Columbia. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 7 janvier 2011, http://www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

New York – Marissa Campis, huit ans, joue à un jeu qui fait partie de la nouvelle exposition « 1001 inventions: Découvrez l’héritage musulman de notre monde » présentée au New York Hall of Science dans le Queens, à New York. L’écran tactile affiche une salle de jeu dans laquelle le visiteur est invité à sélectionner les objets qui ont été inventés au zénith de l’islam, durant  »l’âge d’or » qui a duré mille ans, entre les VIIe et XVIIe siècles.

 »Ce qu’ils ont fait est intéressant – comme cette vieille caméra », dit Marissa, se référant à l’invention qu’elle préfère, une chambre noire qui a ouvert la voie à la photographie actuelle. Marissa l’ignorait encore mais elle était en train de s’instruire sur la culture islamique d’Asie, d’Afrique et d’Europe du Sud.

Le New York Hall of Science est la première étape de l’exposition en Amérique, après Londres et Istanbul où le nombre des visiteurs (800 000) a atteint un niveau record.

L’exposition retient l’attention du visiteur en apportant des explications sur les inventions scientifiques et remet en cause les stéréotypes négatifs des musulmans lesquels sont devenus monnaie courante à cause de ceux qui rattachent leurs actes odieux à l’islam. A ce titre, un rapport du Pew Research Center indiquait en 2009 que 38% des Américains estimaient que l’islam, plus que toute autre religion, encourageai la violence.

L’exposition brise donc le stéréotype selon lequel la violence est inhérente aux musulmans. En informant les visiteurs sur le riche héritage culturel musulman, l’exposition chasse le concept élaboré par l’Orientalisme (perspective occidentale de l’Orient qui est souvent critiquée pour ne pas représenter la civilisation orientale à sa juste valeur en la faisant passer pour moins innovante et généralement opposée à la culture occidentale). Ce point de vue a prévalu pendant des siècles en Occident. Les réalisations scientifiques de l’âge d’or de l’islam surprennent tous les visiteurs, quelle que soit leur religion. C’est aussi, pour beaucoup d’Américains musulmans, la première fois qu’ils vont découvrir ces inventions car c’est une période qui n’est pas étudiée dans la plupart des écoles en Occident.

Si la période couverte par l’exposition est tenue pour être l’âge d’or de la civilisation islamique, elle correspond aussi au Haut Moyen âge de l’Europe. Cette disparité est abordée dans le court-métrage intitulé 1001 inventions et la bibliothèque des secrets qui présente l’exposition, avec pour vedette l’acteur oscarisé, Ben Kingsley. Le film, dans lequel Ben Kingsley incarne l’inventeur turc du XIIe siècle, Al Jazari, suit un groupe d’adolescents du XXIe siècle qu’Al Jazari fait voyager dans le temps pour découvrir les scientifiques et ingénieurs de l’âge d’or de l’islam. Le film a reçu le prix du meilleur film éducatif au festival de Cannes en 2010.

A mesure qu’ils avancent dans les salles d’exposition aux couleurs pourpre et doré, les visiteurs se dirigent vers la pièce maîtresse de l’exposition, une réplique de l’horloge actionnée par le poids de l’eau créée par Al Jazari. En face de l’horloge, se trouve un modèle suspendu de l’engin volant conçu par l’inventeur du IXe siècle, Abbas ibn Firnas, qui aux yeux de certains passe pour avoir été le premier à voler. Autre objet très prisé, le dessin du navire de l’amiral chinois du XVe siècle, de confession musulmane, Zheng He, dont les navires, pense-t-on, étaient aussi grands qu’un terrain de football.

L’exposition se penche aussi sur les scientifiques et inventeurs non musulmans tels que Maimonides – le physicien juif du XIIe siècle originaire de Cordoue, en Espagne – qui a travaillé avec des philosophes musulmans. Sa place dans l’exposition rend compte de l’heureux partenariat interculturel des scientifiques qui a permis à certains de donner naissance aux plus grandes inventions de l’histoire. L’histoire des partenariats repose aussi sur le fait que les inventeurs de l’âge d’or de l’islam sont partis de la connaissance de leurs prédécesseurs de la Rome et de la Grèce antiques tout comme le travail des scientifiques musulmans a servi, plus tard au cours de la Renaissance, aux inventeurs européens.

De tels liens montrent le riche héritage des réalisations scientifiques partagé par l’humanité.

L’exposition  »1001 inventions », qui est une initiative de la Fondation pour la Science, la Technologie et la Civilisation (organisation académique basée en Grande-Bretagne, sans but lucratif et non religieuse) demeurera à New York jusqu’en avril prochain. Elle sera ensuite présentée au California Science Center à Los Angeles, puis au National Geographic Museum à Washington en 2012. Les visiteurs de l’exposition apprendront qu’il est possible de faire fi des différences qui existent aujourd’hui entre l’Orient et l’Occident car l’histoire montre que les plus grandes inventions scientifiques qui servent encore à l’heure actuelle résultent du partenariat des scientifiques du monde entier.


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