Le bonheur n’est toujours pas dans le pré…ntssssssssss

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« I give thanks for all the work my body does for me every day. » – Health & Well-Being Affirmations at
http://bit.ly/14ndNI

Derek Bok [i] – La poursuite officielle du bonheur (Extrait)

Copyright: Project Syndicate/Institute for Human Sciences, 2011.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

CAMBRIDGE. A une époque de fort resserrement budgétaire et de crise financière, les dirigeants politiques envisagent aujourd’hui la croissance économique comme la pièce maitresse de leur programme de politique intérieure. Le produit intérieur brut est considéré comme le principal indicateur du bien-être national. Mais, à l’heure où nous nous projetons sur 2011 et au-delà, ne devrions-nous pas nous poser la question suivante : est-il vraiment sage d’accorder une telle importance à la croissance ?
[…] Les gens qui prétendent être heureux semblent vivre plus longtemps, se suicident ou abusent de drogue moins souvent, obtiennent plus fréquemment des promotions de leurs employeurs et connaissent plus de bons amis et des mariages plus durables. Les évaluations qu’ils font de leur propre bien-être sont assez étroitement en phase avec les opinions de leurs amis et des membres de leur famille.
Les statistiques sur le bonheur semblent donc être globalement aussi justes que nombre de statistiques utilisées régulièrement par les dirigeants politiques, tel que les sondages d’opinion, l’indice de pauvreté ou même la croissance du PIB – lesquelles regorgent d’imperfections.
Les recherches sur le bonheur en sont encore à leurs balbutiements. De nombreuses questions demeurent inexplorées, les résultats de certaines études doivent encore faire l’objet de confirmations, et d’autres encore, comme celles qui prennent en considération les effets de la croissance économique, ont donné des résultats contradictoires.
Il serait donc prématuré d’articuler des mesures politiques audacieuses autour des seules enquêtes sur le bonheur, ou de suivre l’exemple du minuscule Bhoutan en adoptant le principe du Bonheur National Brut comme principal objectif national. Les résultats peuvent pourtant être utiles aux législateurs, même aujourd’hui – pour par exemple déterminer les priorités parmi un ensemble d’initiatives envisageables ou pour identifier de nouvelles possibilités d’intervention politique qui méritent une étude plus approfondie.
Au delà de cela, qui sait ? Des recherches supplémentaires fourniront indubitablement plus d’informations détaillées et plausibles sur le type de mesures politiques à même d’améliorer le bonheur des individus. Un jour peut-être, les responsables politiques pourraient même utiliser ces recherches pour illustrer leurs décisions. Après tout, qu’est ce qui pourrait compter plus aux yeux de leurs électeurs que le bonheur ? Dans une démocratie, du moins, cela devrait vraiment compter pour quelque chose.

Ils en parlent (j’ai oublié de noter les liens, désolée)

Why Study Happiness?
Happiness is generally considered to be an ultimate goal in life; virtually everybody wants to
be happy. The United States Declaration of Independence of 1776 takes it as a self-evident
truth that the “pursuit of happiness” is an “unalienable right”, comparable to life and liberty. It
follows that economics is – or should be – about individual happiness. In particular, the
question is how do economic growth, unemployment and inflation, as well as institutional
factors such as good governance, affect individual well-being?

Over the past few years, there has been a steadily increasing interest on the part of economists in happiness research. We argue that reported subjective well-being is a satisfactory empirical approximation to individual utility and that happiness research is able to contribute important insights for economics. We report how the economic variables income, unemployment and inflation affect happiness as well as how institutional factors, in particular the type of democracy and the extent of government decentralization, systematically influence how satisfied individuals are with their life. We discuss some of the consequences for economic policy and for economic theory.
Many studies have confirmed that wealthier nations tend to be happier than poor ones, and that rich people are generally more satisfied than their less affluent fellow citizens. Yet other findings from several relatively well-to-do countries, such as South Korea and the United States, suggest that people there are essentially no happier today than they were 50 years ago, despite a doubling or quadrupling of average per capita income. … Since happiness is ultimately what people want the most, while wealth is only a means to that end, the primacy now accorded to economic growth would appear to be a mistake. In order to know more, let’s see
this excellent paper from Project Syndicate written by Derek Bok.

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[i] Derek Bok, President of Harvard University from 1971-1991 and from 2006-2007, is the author of The Politics of Happiness (Princeton University Press, 2010)