Archives du 16 mars 2011

«TED 2010: Ideas Worth Living. Personalizing a Global Movement» #Jack Meyers

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Voici un extrait (en anglais) de ce que Jack Meyers a dit à propos de TED sur huffingtonpost et «commenté» par mes soins (en gras)…

[…] My memories of TED will ultimately emerge into a composite of its 2010 theme, « what the world needs now. » But the experience cannot be fairly represented in any description. Each year, I leave TED spiritually uplifted, emotionally and physically exhausted, intellectually challenged, and with many new friends. A few years ago at TED, Tony Robbins taught me that I should focus not on achieving success but on how I would use and apply my success once I achieved it. It changed my professional and life focus. Last year, after flying home on a redeye in the middle of TED for my grandson’s bris and then immediately returning, TED became for me a symbol of hope and promise for future generations. This year, I came to understand that my lifetime work, which has always seemed fractionated and disconnected, has been singularly and consistently focused on the economics of relationships. At first, I credited this to Chip Conley’s 18-minute talk, but after reviewing my notes and my memories, I now recognize the epiphany was a culmination of multiple talks, experiences and conversations. That Conley was scheduled on the final-day was simply good fortune. Or was it Chris Anderson’s planned curation? I expect many others who lived the full five days of TED also experienced life impacting vision.
I expect all those who consider TED to be a part of their life, whether they have attended all 26 conferences or just this one, came way with a new understanding of both themselves and the world in which they live. Like anything and everything in which we immerse ourselves, we have our experiences and our memories. With TED we not only learn others’ « ideas worth sharing » – we also discover our own ideas worth living.

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Tony Porter: A call to men « Je serais libre » #TED Women

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Je ne peux que rendre hommage à un homme qui appelle ses pairs à sortir de la « boîte à hommes » pour être libre de…

Voici la transcription complète traduite en français

J’ai grandi à New York, entre Harlem et le Bronx En tant que garçon, quand je grandissais, on nous apprenait que les hommes devaient être durs, devaient être forts, devaient être courageux, dominants — pas de douleur, pas d’émotions, à l’exception de la colère — et c’est sûr, pas de peur — et que les hommes commandent, ce qui signifie que les femmes, non; que les hommes dirigent, et que vous devriez juste suivre et faire ce que nous disons; que les hommes sont supérieurs, les femmes sont inférieures; que les hommes sont forts, les femmes sont faibles; que les femmes ont moins de valeur — la propriété des hommes –et des objets, en particulier des objets sexuels.Plus tard, j’ai appris que c’était la socialisation collective des hommes, plus connue sous le nom de « boîte à hommes. » Vous voyez cette boîte à hommes contient tous les ingrédients de la façon dont nous définissons ce que c’est qu’être un homme. Et je veux aussi dire, sans aucun doute, il y a des choses absolument merveilleuses,merveilleuses dans le fait d’être un homme. Mais en même temps, il y a des trucs qui sont totalement tordus. Et nous devons vraiment commencer à remettre ça en question, à l’examiner et vraiment nous mettre à le déconstruire, le redéfinir, ce que nous en venons à appeler la virilité.

Voilà mes deux enfants chez moi, Kendall et Jay.ils ont 11 et 12 ans. Kendall a 15 mois de plus que Jay. Il y a eu un moment où ma femme, elle s’appelle Tammy, et moi, nous étions vraiment occupés, et vlan : Kendall et Jay (Rires) Et quand ils avaient environ 5 ou 6 ans, 4 et 5 ans, Jay venait me voir, elle venait me voir en pleurant. Ce pourquoi elle pleurait n’avait pas d’importance, elle pouvait s’asseoir sur mes genoux, elle pouvait s’essuyer sur ma manche, et pleurer un grand coup. Papa est là. C’est tout ce qui compte.

Par contre, Kendall — et comme je l’ai dit, il a seulement 15 mois de plus qu’elle — il venait me voir en pleurant, c’est comme si dès que je l’entendais pleurer, un réveil sonnait. Je lui donnerais probablement environ 30 secondes ce qui signifie que quand il arrivait jusqu’à moi, j’étais déjà en train de dire des choses comme, « Pourquoi pleures-tu? » Relève la tête. Regarde-moi. Explique-moi ce qui ne va pas. Dis-moi ce qui ne va pas. Je ne te comprend pas. Pourquoi pleures-tu? » Et par ma propre frustration envers mon rôle et ma responsabilité de le faire devenir un homme pour se conformer à ces grandes lignes et à ces structures qui définissent cette boîte à hommes, je me retrouvais à dire des trucs comme, « Va dans ta chambre, allez, va dans ta chambre. Assieds-toi, ressaisis-toi et reviens me parler quand tu pourras me parler comme un — » Quoi? (public: Homme.) « comme un homme. » Et il a 5 ans. Et en avançant dans ma vie, je me disais, »Mon dieu, qu’est-ce qui ne va pas chez moi?Qu’est-ce que je fais? Pourquoi je ferais ça? » Et je repense. Je repense à mon père.

Il fut un temps dans ma vie où nous avons vécu une mauvaise période dans ma famille. Mon frère, Henry, est mort de façon tragique quand nous étions adolescents. Nous vivions à New York, comme je l’ai dit. Nous habitions dans le Bronx à l’époque. Et l’enterrement s’est déroulé dans un endroit appelé Long Island, c’était à environ deux heures de la ville. Et alors que nous nous apprêtions à revenir de l’enterrement, les voitures se sont arrêtées à des toilettes pour permettre aux gens de se rafraichir avant le long trajet retour vers la ville. Et la limousine s’est vidée. Ma mère, ma soeur, ma tante, elles sont toutes sorties, mais mon père et moi sommes restés dans la limousine. Et à peine les femmes sorties, il a éclaté en sanglots. Il ne voulait pas pleurer devant moi. Mais il savait qu’il ne tiendrait jusqu’à ce qu’on soit de retour en ville, et il valait mieux que ce soit moi plutôt que de se laisser aller à exprimer ces sentiments et ces émotions devant les femmes. Et c’est un homme qui 10 minutes plus tôt, avait enterré son fils adolescent –quelque chose que je ne peux même pas imaginer. Ce qui m’a le plus marqué c’est qu’il s’excusait parce qu’il pleurait devant moi. Et en même temps, il me donnait son soutien, me remontait le moral, pour que je ne pleure pas.

J’en viens à considérer ça aussi comme la peur que nous avons en tant qu’hommes, cette peur qui nous paralyse, nous garde en otage de cette boîte à hommes. Je me rappelle avoir parlé à un garçon de 12 ans, un footballer, et je lui ai demandé, j’ai dit, « Comment te sentirais-tu si, devant tous les joueurs, ton entraineur te disait que tu jouais comme une fille? » Et je m’attendais à ce qu’il me dise quelque chose comme, je serais triste, je serais en colère, je serais fou de rage, ou quelque chose comme ça. Non, le garçon m’a dit — le garçon m’a dit, « Ça me démolirait. » Et je me suis dit, « mon dieu, si ça le démolirait d’être traité de fille, alors qu’est-ce que nous lui enseignons sur les filles? »

(Applaudissements)

Ça m’a ramené à une époque quand j’avais environ 12 ans. J’ai grandi dans un HLM du centre ville. A l’époque nous habitions dans le Bronx. Et dans l’immeuble voisin du mien il y avait un gars appelé Johnny. Il avait environ 16 ans, et nous avions tous environ 12 ans — on était plus jeunes.Et il traînait avec nous les plus jeunes. Et ce gars, il mijotait toujours des sales coups. C’était le genre de gars dont les parents se demandaient, »Qu’est-ce que ce gars de 16 ans fait avec ces gamins de 12 ans? » Et il passait beaucoup de temps à mijoter des salles coups. C’était un gars à problèmes. Sa mère était morte d’une overdose d’héroïne. Il était élevé par sa grand-mère. Son père était absent. Sa grand-mère avait deux boulots. Il était souvent seul chez lui. Mais je dois vous dire, nous les jeunes, nous admirions ce type. Il était cool, il était super. C’es ce que les filles disaient, « Il était super. » Il couchait. Nous l’admirions tous.

Alors un jour, je suis devant la maison à faire quelque chose — en train de jouer, de faire quelque chose — je ne sais pas quoi. Il regarde par la fenêtre, il m’appelle pour que je monte, il a dit,  » Hé, Anthony. » On m’appelait Anthony quand j’étais gamin. « Hé Anthony, monte. » Johnny t’appelle, tu y vas. Alors j’ai monté les escaliers en courant. Quand il ouvre la porte, il me dit, « Tu en veux? » Et j’ai tout de suite su ce qu’il voulait dire.Parce que pour moi qui grandissais à cette époque-là, et notre relation avec cette boîte à hommes, tu en veux signifiait deux choses, du sexe ou de la drogue — et nous ne nous droguions pas. Et ma boîte, carte, ma carte de boîte à hommes, était immédiatement en danger. Deux choses : un, je n’avais jamais eu de rapport sexuel. On ne parle pas de ça en tant qu’homme.On le dit seulement à son ami le plus cher et le plus proche, qui jure de garder le secret toute sa vie, la première fois qu’on couche. Pour tous les autres, on fait comme si on couchait depuis qu’on a deux ans. Il n’y a pas de première fois. (Rires)L’autre chose que je ne pouvais pas lui dire, c’est que je n’en voulais pas. C’est encore pire. On est censé être toujours en chasse. Les femmes sont des objets, en particulier des objets sexuels.

Et donc je ne pouvais rien lui dire de tout ça. Donc, comme dirait ma mère, pour faire court, j’ai simplement dit à Johnny, « Oui. » Il m’a dit d’aller dans sa chambre. Je vais dans sa chambre. Sur son lit, il y a une fille du quartier appelée Sheila.Elle a 16 ans. Elle est nue. Elle est ce que je sais aujourd’hui être une malade mentale, qui fonctionne plus vite à certains moments plutôt qu’à d’autres. Nous avions toute une panoplie de noms désobligeants pour la nommer. Et Johnny venait juste d’avoir un rapport sexuel avec elle. En fait, il l’avait violée, mais il disait qu’il avait couché avec elle. Parce que, si Sheila ne disait jamais non, elle ne disait jamais non plus oui.

Donc il m’offrait la possibilité de faire la même chose. Alors quand je rentre dans la chambre, je ferme la porte. Vous savez, je suis pétrifié. Je suis dos à la porte pour que Johnny ne fasse pas irruption dans la chambre et voit que je ne fais rien. Et je suis resté là debout assez longtemps pour avoir vraiment pu faire quelque chose. Et à présent je ne suis plus en train d’imaginer ce que je vais faire. J’essaye d’imaginer comment je vais sortir de cette chambre. Alors dans la sagesse de mes 12 ans, je baisse la braguette de mon pantalon, je rentre dans la chambre, Et oh surprise, pendant que j’étais dans la chambre avec Sheila, Johnny était de retour à la fenêtre et disait aux gars de monter. Et donc maintenant il y a un salon plein de gars. C’était comme la salle d’attente d’un médecin. Et il m’ont demandé comment c’était. Et je leur ait dit « C’était bien. » Et j’ai remonté ma braguette devant eux, et je me suis dirigé vers la porte.

Et je raconte ça avec remord, et je ressentais énormément de remord à l’époque, mais j’étais en contradiction avec moi-même, car je ressentais du remord, et en même temps j’étais excité, parce que je n’avais pas été pris, mais je savais que j’étais mal par rapport à ce qui se passait. Cette peur de sortir de la boîte à hommes m’enveloppait complètement. C’était bien plus important pour moi, moi et ma carte de boîte à hommes que Sheila et ce qui lui arrivait.

Vous voyez, collectivement, nous, en tant qu’hommes on nous apprend à voir moins de valeur dans les femmes, à les voir comme une propriété et les objets des hommes. Nous voyons ça comme un équation qui équivaut à la violence contre les femmes. Nous en tant qu’hommes, des hommes bons, la grande majorité des hommes,nous fonctionnons sur la base de cette socialisation collective. Nous nous voyons un peu à part, mais nous en faisons largement partie.Vous voyez, nous avons fini par comprendre que moindre valeur, propriété et transformation en objet sont la base et il ne peut pas y avoir de violence sans ça. Alors nous faisons autant partie de la solution que du problème. Le centre de surveillance des maladies dit que la violence des hommes contre les femmes a des proportions épidémiques, que c’est le problème de santé numéro un pour les femmes dans ce pays et à l’étranger.

Donc rapidement, j’aimerais simplement dire,voici l’amour de ma vie, ma fille Jay. Le monde que je vois pour elle, comment est-ce que je veux que les hommes agissent et se comportent? J’ai besoin de votre aide. J’ai besoin que vous soyez avec moi. J’ai besoin que vous travailliez avec moi et que je travaille avec vous sur la façon dont nous élevons nos fils et dont nous leur apprenons à être des hommes — que ce n’est pas une mauvaise chose de ne pas dominer, que ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir des sentiments et des émotions, que ce n’est pas une mauvaise chose de faire la promotion de l’égalité, que ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir des femmes qui ne soient que des amies et rien de plus, que ce n’est pas une mauvaise chose d’être entier, que ma libération en tant qu’homme est liée à votre libération en tant que femme.

Je me souviens avoir demandé à un garçon de 9 ans, j’ai demandé à un garçon de 9 ans, « Qu’est-ce que serait la vie pour toi, si tu n’avais pas à adhérer à cette boîte à hommes? » Il m’a dit, « Je serais libre. »

Merci à tous.

(Applaudissements)