«Une nouvelle idée pour mettre fin maintenant au conflit israélo-arabe» by Michael Felsen* #SPCG #IPI #API

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*Michael Felsen est avocat; il est aussi le président du Workmen’s Circle de Boston, une organisation communautaire de 110 ans qui consacre tous ses efforts à l’éducation et à la culture juives laïques et à la justice sociale. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 6 mai 2011, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Boston (Massachusetts) – Alors que le vent du printemps arabe continue de souffler et que les efforts pour faire reconnaître l’Etat palestinien par un vote à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre prochain s’intensifient, il devient chaque jour de plus en plus impérieux de régler le statut final de l’accord de paix israélo-arabe.

Après des dizaines d’années de faux départs, d’occasions manquées et de «on y est presque», les événements des semaines passées montrent clairement que les protagonistes-clés – surtout en Israël et aux Etats-Unis – reconnaissent de plus en plus l’incontestable nécessité du «maintenant!». Et tandis que l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas apporte un nouvel élément à l’équation, cette nécessité est on ne peut plus présente.

Un nouvel élément est à relever dans le camp de la paix côté israélien: début avril, un groupe de personnalités israéliennes a lancé une initiative de paix israélienne (IPI) en guise de réponse directe et constructive à la révolutionnaire initiative de paix arabe de 2002 (API). Parmi les 40 promoteurs de l’IPI, figurent l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Amnon Lipkin-Shahak, l’ancien chef du Mossad (agence de renseignement d’Israël) Danny Yatom, deux anciens directeurs de l’agence de sécurité intérieure (Shin Bet), l’ancien général et chef du parti travailliste Amram Mitzna et le fils et la fille du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné en 1995.

Outre l’espoir de tendre la main au monde arabe et d’encourager une réponse de la part de l’administration Netanyahu, le but ultime de l’initiative est d’apporter une réponse à l’ensemble des revendications et de mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Le document de deux pages de l’IPI reconnaît «les souffrances des réfugiés palestiniens depuis la guerre de 1948 ainsi que des réfugiés juifs originaires des pays arabes.» Il accepte l’API comme cadre pour des négociations de paix régionale et souscrit à la déclaration selon laquelle «une solution militaire au conflit n’apportera pas la paix ni n’assurera la sécurité des parties.»

Les conditions substantielles qui figurent dans ledit document s’apparentent de près à celles contenues dans un certain nombre de textes précédents dont les Paramètres Clinton et les Accords de Genève, soit: un Etat palestinien indépendant, démilitarisé en Cisjordanie et à Gaza, avec des frontières sur la base des lignes de 1967, soumis à l’échange univoque de terres; le  »Grand Jérusalem » comme capitale des deux Etats, avec des quartiers juifs sous souveraineté israélienne, des quartiers arabes sous souveraineté palestinienne et des dispositions supervisées au niveau international pour ce qui est de la Vieille ville de Jérusalem; une indemnisation financière pour les réfugiés palestiniens et un retour de ceux-ci en Israël limité et accepté d’un commun accord. En outre, l’initiative suggère d’éventuelles mesures collectives relatives à la sécurité régionale ainsi que des projets de développement économique aboutissant à un  »bloc de développement économique du Moyen-Orient ».

Si l’initiative et les idées qu’elle véhicule ne sont pas nouvelles, elle montre toutefois que d’éminents dirigeants israéliens expérimentés et sensés, reconnaissent que l’heure d’un règlement global a sonné. Les détracteurs insisteront néanmoins sur le fait que les promoteurs de cette initiative sont naïfs ou butés et que, pour toutes sortes de raisons, les conditions pour la paix ne sont pas bonnes.

L’annonce surprise, mercredi dernier, d’un accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas censé être signé cette semaine, est la dernière raison avancée pour déjouer les plans. S’il est vrai que cet accord engendre de nouveaux problèmes, il offre aussi d’incroyables opportunités. Ainsi que l’a déclaré Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, au quotidien The New York Times, «Il n’y aura pas de réels progrès concernant le conflit israélo-palestinien tant que le Hamas ne sera pas inclus, d’une façon ou d’une autre, dans le processus pour faire partie de la solution et non plus du problème.»

Si cet accord voit le jour, il donnera l’occasion au Hamas de renoncer à la violence – ainsi que l’a fait le président palestinien Mahmoud Abbas à plusieurs reprises– et de vraiment servir les intérêts d’un peuple palestinien uni, en soutenant les négociations (et non le conflit) avec Israël.

La Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a annoncé, il y a trois semaines au Qatar, que le président américain Barack Obama  »s’exprimerait bientôt plus en détail sur la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ». Dans l’intervalle, M. Netanyahu devrait présenter sa nouvelle proposition au Congrès en mai prochain.

Des sources d’information ont signalé, la semaine dernière, que MM. Obama et Netanyahu jouaient chacun des coudes pour rouvrir les pourparlers. Pourtant, il ne s’agit pas d’une course de chevaux. Le message est clair: il est temps pour toutes les parties concernées d’adopter conjointement les paramètres nécessaires à un accord. 

L’étape qui doit suivre est décisive. Toutefois, l’histoire ne se fera que lorsque les acteurs principaux auront rassemblé leur courage et seront guidés par la sagesse pour s’asseoir ensemble et accepter enfin les difficiles mais inévitables compromis qu’exige la paix. La table est prête. Le monde attend.

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