« Il est temps pour nous d’accepter à la fois les succès extraordinaires de la mammographie et ses limites » #Cancer #Sein

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Ainsi a parlé le Dr Deborah Rhodes lors de son intervention pour parler de son nouvel outil de détection de tumeurs au TED Women.

Non, je ne suis pas médecin et je ne travaille pas du tout dans le domaine médical ni paramédical.

Je veux juste exprimer mon sentiment à travers ce billet : je crois avoir compris d’où vient le blues que je ressens depuis un petit moment. Au mois de mai, c’est la fête des mères un peu partout dans le monde selon le pays. Ma maman est décédée des suites d’un cancer du sein généralisé au mois de février l’année dernière. Et je réalise seulement maintenant que je ne peux plus lui souhaiter une bonne fête.

Par ailleurs, aujourd’hui a lieu l’évènement TEDx Antananarivo «Ideas for Women Cancer Control in Africa». J’aurais vraiment aimé assister à cette conférence, seulement je ne suis pas à Madagascar. Alors, à travers ce billet, je fais comme si j’y étais. N’empêche, à défaut d’y être, je peux suivre grâce à Twitter :
Le blog #TEDxTNR #Madagascar http://bit.ly/liWJQO (Merci @tahinarabe)
Spread the words ! Live Stream : « Ideas for Women Cancer Control in Africa » http://bit.ly/aidPJ0 #TEDxTNR #Madagascar #solidarity
Merci @saveoursmile http://www.livestream.com/tedx

Alors, quoi ? Le cancer du sein tue encore, surtout dans les pays tels que Madagascar. Il peut être soigné s’il est détecté à temps, et surtout si les gens ont les moyens pour payer les frais médicaux.

J’ai lu notamment sur Twitter @saveoursmile Bako Ratsifandriamanana,championne natation: 3ans pour rembourser 20% prise en charge #cancer #tedxtnr

Et vous savez quoi ? En 2008, quand je suis allée à Madagascar, vers la fin de mon séjour, mon père m’a demandé d’aller dire à ma mère qu’elle aille voir un médecin au sujet d’une boule qu’elle aurait au sein et qui lui faisait mal. Je suis donc allée parler à ma mère qui s’est fâchée tout net en me disant «Laisse moi tranquille, je sais que c’est ton père qui t’envoie, je préfère mourir». Je lui ai répondu «On ne parle pas de mort mais d’aller consulter un médecin» mais elle n’a rien voulu entendre. Je suis donc partie sans connaître la suite. Quelques mois après, ma famille m’informe par téléphone que ma mère s’est fait opérer de son sein. Au début, je croyais que c’était juste une biopsie qu’on lui a faite, seulement dans la conversation, ma mère m’a parlé de chimiothérapie. J’ai pleuré et je suis donc revenue 2 fois à Madagascar courant 2009.

La première fois, elle se portait bien mais j’ai appris qu’elle a subi une mammectomie unilatérale et qu’elle a refusé d’avoir des séances de chimiothérapie, d’autant que le médecin a dit qu’elle était trop faible pour supporter ces séances. Et je suis sûre, a posteriori, qu’elle a refusé parce que les séances coûtent très cher : 1 500 000 FMG par séance et elle a sans doute préféré consacrer cette somme aux dépenses de ses futures funérailles. Ma maman était quelqu’un qui pensait à l’avenir «mitsinjo ny ho avy» concernant l’argent. Elle se savait condamnée, car le médecin a réuni ma famille (je n’étais pas là) pour dire la vérité au sujet du pronostic de l’opération. Il faut dire que ma mère avait cette boule depuis très longtemps a dit le médecin, au moins cinq ans, sauf que ma mère nous l’a caché à tous, sauf peut être à mon père qui a dû avoir la consigne de ne rien nous dire. Elle avait une peur bleue du médecin !

La deuxième fois que j’y suis retournée, fin 2009, elle était au plus mal. Le choc de ma vie, j’ai vu en live l’état de détérioration à une vitesse grand V de la santé de ma mère : squelettique, ne pouvant plus rien avaler, devenue aphone car le cancer a atteint ses poumons (pleurésie). On m’a demandé de ramener un médicament d’ici pour essayer de sécher ses plèvres. Ce que j’ai fait, seulement elle était vraiment trop faible pour subir une opération à nouveau.

Le travail du deuil a commencé pour moi quand le médecin m’a dit ce qu’il en était réellement : qu’il fallait accepter cette échéance, que nous devions nous souder autour de notre mère. Mon père et l’une de mes sœurs n’étaient pas encore dans cet état d’esprit, ils essayaient désespérément de maintenir ma mère en vie, en lui administrant tout ce que le médecin prescrivait et en veillant à ce qu’elle prenne le «vahona» pour supporter la douleur, etc. Vers la fin de mon séjour, le médecin a commencé à prescrire de la morphine, nous nous attendions donc à l’échéance proche. Un mois après, elle décéda.

Pourquoi je parle de tout ça ? Je suis une bien portante, mais je me sens concernée, encore plus depuis le décès de ma mère. Il y a quelques années, une amie, plus jeune que moi, a eu un cancer du sein, on lui a juste enlevé la boule et des séances de chimio. Actuellement, elle est bien portante. Dans mon journal « Santé », vous pouvez lire des articles intéressants (dans le sens informatif) sur le cancer du sein. Merci aux contributions de @cathcerisey, @kiwfranc, @souti1 et d’autres encore…

Je disais précédemment que le cancer du sein peut être soigné s’il est détecté à temps et qu’une mammographie est nécessaire tous les ans à partir de 40 ans. J’ai rendu visite à mon gynéco récemment et je lui ai donc parlé de ma mère. Il était presque effondré que ma mère ait caché sa maladie et qu’elle en soit morte. Je lui ai demandé si je pouvais être un terrain prédisposé, il a dit oui, d’où la mammo tous les ans.

Le Dr Deborah Rhodes a développé un nouvel outil de détection des tumeurs qui est trois fois plus efficace que les mammographies traditionnelles pour les femmes avec un tissu mammaire dense […] Il est temps pour nous d’accepter à la fois les succès extraordinaires de la mammographie et ses limites. Nous devons personnaliser le dépistage basé sur la densité.

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