«Maman, je t’aime !» Partagez cette pensée dit Maya

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En cette journée de la fête des mères, je souhaite partager cette pensée car l’histoire de Joseph racontée chezmaya  ressemble à la mienne, à peu de choses près.

« Maman, je t’aime »

C’est l’histoire d’une femme qui a vécu tout le long de sa vie de revenus modestes et avec une santé précaire. Tant bien que mal, elle a traversé les épreuves de la vie durant des décennies.
Jusqu’au jour de ma naissance où, pour la première fois, elle devenait maman
. Elle est devenue maman deux fois par la suite. J’ai donc un frère et une sœur. Tout au long de sa vie, elle nous a élevés, choyés et aimés. J’ai passé toutes ces années à ses côtés à la regarder lutter contre ses ennuis de santé qui l’accablaient.
Début de cette année 2002, je reçois un courriel de son médecin
.
«Appel
le-moi. Ta maman est gravement malade» me disait-il.
Lors de notre entretien, le mot fatal fut prononcé, ce mot souvent synonyme de mort.
»Combien de temps, docteur ?» Entre 1 et 3 mois, répondit-il. Mais, vu son état de santé fort précaire, si elle passe ce mois de janvier, ce sera déjà bien.
Il m’expliqua ce que nous allions vivre, sa déchéance, son coma, bref son agonie
. Je le remercia de sa franchise et m’en alla prévenir mon frère et ma sœur.
«Y a-t-il vraiment plus d’espoir ?» me demandèrent-ils en s’effondrant sur eux-même
s. Alors, je leur dis de se préparer à faire des adieux et de profiter de chaque instant passés auprès d’elle.
Tout s’organisa rapidement : les visites et les tours de garde à son chevet, par la suite
.
Puis, un jour elle nous appela et nous dit : «Les enfants, j’ai quelque chose à vous dire»
. Cependant, nous qui croyions qu’elle n’était pas au courant de son état, nous en étions rendus à croire qu’elle allait tout nous déballer. J’essayais vainement de retarder l’échéance de cette confrontation, par des calembours. Et là, en me regardant avec ses yeux larmoyants, elle me dit : «Arrête de faire le pitre. C’est sérieux ce que j’ai à vous dire. , j’ai compris que nous y étions à l’instant de vérité. Alors, elle nous dit ceciVous savez que je suis malade depuis longtemps et mon état s’est encore aggravé.  Je ne vais pas bien. Mes jours sont comptés et je ne rentrerai plus à la maison.»
Le cœur serré par l’émotion, j’essayais encore lamentablement de dédramatiser la situation
. Je lui touchai le bout de son nez et le lui dis « Mais non, ça va aller. Tu es en bonne santé et tu as le bout de ta truffe toute froide et humide comme les toutous». Alors, elle se mit à sangloter et nous dit «Vous êtes tous bien mariés. Vous avez tous une belle famille. Je peux donc partir en paix. Je serai toujours auprès de vous. Il vous suffira de penser à moi». Que pouvait-on répondre ?  Elle enchaîna : «J’ai bientôt 74 ans et ma vie est derrière moi. Ne soyez pas tristes. Pensez que, pour moi, ce sera une délivrance. Je vais enfin quitter ce corps qui me fait tant souffrir, mais sachez que mon amour pour vous persistera. Surtout, ne m’oubliez pas, sinon je mourrai une seconde fois».
Ces terribles paroles resteront à jamais gravées en nous.
Elle se voyait dépérir, son corps voûté par les années et son souffle coupé par la douleur.
Elle fondait comme neige au soleil. Chaque jour, au moment de notre départ, elle faisait un effort pour nous raccompagner jusqu‘à la porte de l’ascenseur de l’hôpital et nous regardait partir en faisant un signe de la main jusqu’à nous perdre de vue.
À chaque séparation, la colère et le chagrin m’étouffaient
. J’avais toujours l’impression que ces «Au revoir» et ces «À demain» n’étaient que des répétitions pour le moment de l’adieu.
Chaque jour, pendant nos visites, elle profitait de chaque minute qui lui restait, et moi je la taquinais sans cesse. C’était un masque, une façade, pour ne pas lui montrer mon inquiétude.
Sur la fin, elle me disait sans cesse : « Mon fils, je t’aime» et moi, je lui répondais Bien, dis donc, j’en ai de la chance» ! Je crois maintenant qu’elle aurait tout simplement aimé que je lui dise : «Moi aussi, je t’aime». Mais, voilà, je ne lui disais jamais!
Arriva le jour tant redouté. Un coup de téléphone de l’hôpital nous ébranla :
»Venez, votre maman ne va pas bien». Ma sœur arriva la première. Elle lui parla un peu, mais, elle était à bout de force et ne pouvait plus répondre. Elle la supplia de tenir encore un peuMamanfais un effort, car mes frères arrivent». Et, bien que nous ayons roulé comme des fous, nous sommes arrivés trop tard. Epuisée, elle n’a plus eu la force de nous attendre pour nous permettre d’être là, auprès d’elle, pour son départ.
Merde ! Nous avions essayé de ne pas la laisser partir seul
e, mais nous avons échoué. J’ai pour consolation qu’elle était au moins dans les bras d’un de ses enfants lorsqu ‘elle s’est enfoncée dans la nuit.
Quand je suis arrivé, il y avait à peine cinq minutes qu’elle venait de rendre l’âme ! Et, quand je l’ai vu allongé
e et inerte sur son lit, elle m’a paru si petite et si fragile.
Je l’embrassai et lui tint la main encore chaude. C’est quand j’ai lâch
é sa main, et que je l’ai vu retomber sur le lit, que j’ai réalisé
En ce dimanche 3 février 2002, nous venions de perdre notre maman.
Depuis, le 13 février qui est le jour de mon anniversaire, le 1er avril qui est le jour de sa naissance et le jour de la Fête des Mères, seront des jours de «Blues»
. Il est certain que ce sera pareil à Noël et au Jour de l’An.
Le vide qu’elle a laiss
é s’agrandit de plus en plus. Elle me manque énormément.
La semaine dernière, j’ai rencontré une de ses amies, et elle m’a demandé
Comment va ta maman?»  Mon dieu,  elle ne savait pas. À cet instant, j’ai senti comme le sol s’ouvrir sous mes pieds. Comble de l’ironie, je me suis surpris à la consoler.
Aujourd’hui, quand j’ai envie d’entendre la voix de ma mère, je lui téléphone et elle me dit  : «Bonjour, je suis absente pour le moment, mais, laissez-moi votre numéro, et je vous rappellerai»
. Évidemment, je sais qu’elle ne rappellera pas. Ce message sur son répondeur, celui que je lui avais fait enregistrer quelques semaines plus tôt, est tout ce qui me reste.
À vous qui avez pris le temps de lire cette lettre, si vous avez la chance d’avoir encore vos parents, respectez-les, aimez-les, et profitez de chaque moment en leur compagnie.
Mais, surtout, dites
leur que vous les aimez. Ne faites pas la même erreur que moi, car, aujourd’hui, c’est mon plus grand regret.
Maman s’appelait Anouchka qui, en français, se traduit par Anna.
Et, bien que chacun salue sa mémoire et son courage, moi je veux juste lui dire une dernière chose

Maman, je t’aime
!

Signé : Joseph, de Belgique

Pour terminer sur une note plus gaie voici un Petit guide pratique de la fête des mères à l’usage des curieux et des indécis  duquel j’ai extrait ces belles citations

– « A la naissance d’un enfant, si sa mère demandait à sa bonne fée de le doter du cadeau le plus utile pour lui, ce cadeau serait la curiosité. » Eleanor Roosevelt


« Les hommes tiennent le monde. Les mères tiennent l’éternel qui tient le monde et les hommes. » Christian Bobin.


– « Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous. » – Paul Verlaine

  1. Merci @sandriamirado
    Christophe Mae + Regis Gizavo – Maman #Madagascar

  2. Bonjour Ariniaina,

    Moi, c’est tous les jours de ce mois de mai que j’ai les larmes aux yeux en lisant des trucs sur les mères. Car je réalise seulement cette année que je ne peux plus lui souhaiter une bonne fête et surtout est-ce que je lui ai dit « je t’aime » de son vivant ?
    J’étais auprès d’elle, je me suis occupée d’elle avec amour mais je n’ai jamais prononcé les mots « je t’aime »…

  3. J’en ai les larmes aux yeux en lisant cette histoire. En ce jour de fête des mères, il est très dur de ne pas penser à elle. Et l’histoire me rappelle les 3 jours passés à l’hôpital.
    J’essaie très fort de penser à toutes les bonnes choses qu’elle a faites pour nous, à tous les bons souvenirs. Heureusement que le matin avant de partir au boulot je lui ai dit « Je t’aime maman ». Quelques heures plus tard quand j’ai essayé de faire le maximum dès ma sœur m’a prévenu que maman venait de faire un AVC, elle était dans le coma et ne se réveillerait plus. RIP my sweet Mom!