A propos de débats sur l’immigration #SPCG #theRSAorg

Par défaut

Voici un article relevé dans toute son intégralité sur le site de Service de Presse de Common  Ground. Et une vidéo en bas de ce billet ajoutée sur Youtube par theRSAorg.

«Au théâtre ce soir : des immigrés sur les planches» by Alice Hackman* #SPCG

* Alice Hackman, journaliste free-lance, vit à Londres. Son blog sur le Yémen, où elle a passé deux années comme reporter et chroniqueuse au Yemen Times, se trouve à aliceauyemen.blogspot.com. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 3 juin 2011, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Londres – Il y a quelques semaines, lorsque le débat sur le contrôle des frontières européennes faisait rage, avec au premier plan l’immigration de masse en provenance d’Afrique du nord, sur fond de peur alimentée par les tabloïds, j’ai mis le cap sur les quartiers est de Londres pour assister à la représentation, par des bénévoles, d’une pièce documentaire intitulée Par beau temps, on peut voir Douvres.

“J’ai 13 ans et je suis ici, à Calais, avec mes deux cousins, âgés de 10 et 11 ans. Nous sommes tout seuls ici. Et c’est tout seuls que nous avons fait le voyage depuis l’Afghanistan. C’est très mauvais, là-bas, il n’y a pas d’électricité, il n’y a rien comme ici. Nos mères ont payé des passeurs, € 3000 pour chacun, pour nous conduire en Angleterre.”

Ainsi commence le récit d’Ahmed, et il est aussi incroyable que véridique.

Sonja Linden, dramaturge, lauréate du Prix Grierson, a recueilli ce récit parmi beaucoup d’autres entendus en septembre 2009 dans le port frontière de Calais et ses alentours. Pour montrer que l’immigration européenne soulève des problèmes de droits de l’homme, elle a rassemblé des témoignages de personnes impliquées — migrants, citoyens français, responsables politiques, universitaires et mouvements associatifs. Le résultat, c’est Par beau temps on peut voir Douvres , une des nombreuses pièces du même genre données par la troupe “Ice and Fire” (Glace et Feu), créée par Sonja Linden autour de la thématique des droits de l’homme.

Lors de la première rencontre de Sonja Linden avec Ahmed et ses deux cousins, dans une cantine associative de Calais, les enfants venaient de traverser, seuls, partant de Djalalabad au Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce et l’Italie, pour échapper aux hommes qui avaient enlevé leurs pères, des hommes politiques, huit ans plus tôt. C’est une rumeur faisant croire que l’un d’eux avait été aperçu à Birmingham qui a poussé les mères des garçons à les faire voyager seuls, à la merci de passeurs voyous, à travers toute l’Europe et jusqu’au Royaume-Uni.

Sur la scène, le personnage d’Ahmed, joué par un acteur, raconte que, dans un train à la frontière italo-française, il a fait semblant de ne pas comprendre que le policier demandait leurs passeports. Emu par leur courage, le policier, joué aussi par un acteur, décida de les laisser poursuivre leur voyage au lieu de les appréhender. En descendant du train, il se retourna pour leur faire un signe de connivence, en leur lançant : “Bonne chance !”

Comme les autres histoires représentées dans “Par beau temps”, le récit d’Ahmed donne une dimension humaine à des numéros de dossier et à des quotas, interpellant ainsi les spectateurs et leurs préjugés sur les immigrés.

Les immigrés sont parfois de courageux enfants non accompagnés qui fuient un conflit. En 2009, sur 13.885 enfants non accompagnés recensés à leur arrivée en Europe, la moitié était de jeunes garçons afghans. Les immigrés peuvent aussi être très instruits : Ahmed voulait devenir médecin, tandis qu’un autre personnage de la pièce est un étudiant iranien.

Les pièces documentaires de “Ice and Fire” visent à changer les cœurs et les esprits, dit Sonja Linden, en mettant en scène un théâtre documentaire participatif, de façon que les gens puissent s’identifier à des gens qui sont normalement dénigrés.

Comment est-ce que ça fonctionne ?

Au mois de novembre, la compagnie a montré une de ses pièces documentaires au personnel de la United Kingdom’s Border Agency (police des frontières). Deux des demandeurs d’asile représentés dans la pièce étaient présents. Selon le personnel de “Ice and Fire”, plusieurs employés de l’UKBA étaient très émus. Même s’ils traitent les dossiers des demandeurs d’asile à longueur de journée, ils dirent : “Nous ne les rencontrons jamais !”

Lentement sans doute, “Ice and Fire” a réussi à transmettre les récits individuels des sans-voix à une opinion publique qui ne veut pas savoir et à certains fonctionnaires des services de santé, des municipalités et des administrations dont dépend leur avenir.

Associée à d’autres expériences créatives visant à sensibiliser l’opinion au sort des réfugiés, cette initiative donne un coup de jeune à un débat sur l’immigration un peu usé. Une bataille de chiffres qui, aujourd’hui, tourne autour de l’immigration nord-africaine, laissant trop souvent de côté les considérations humanitaires.

###

Can we ever have a grown-up debate about immigration?

Ajoutée par theRSAorg le  7 juin 2011
For the fourth live radio debate Margaret Hodge MP, Peter Lilley MP, Matthew Taylor and Robert Winder discuss whether it’s possible to conduct a rational national conversation about immigration. Chaired by James O’Brien

Les commentaires sont fermés.