«Thawra: Youth & Hip Hop in the Arab World» – Analyse de Rose Hackman #SPCG

Par défaut


C’est en lisant l’article publié sur SPCG que je suis arrivée sur ce track, analysé par Rose Hackman, l’auteure de l’article en question. Lire ci-dessous.

Thawra: Youth & Hip Hop in the Arab World [Special News Piece] by Various Artists



Over the past few months Nomadic Wax has been reaching out to Arab hip hop artists around the world. We wanted to hear directly from them how hip hop was affecting the Arab uprisings and how the momentous events that were sweeping across North Africa and the Middle East were inspiring them to write music. The Nomadic Wax team, made up of DJ Magee, DJ Nio, and British journalist Rose Hackman bring you an original mix of in-depth reporting and authentic Arab and Arab-American sounds and perspectives, giving you the story behind the music – or rather the music behind the story.

READ THE FULL ARTICLE HERE: www.commongroundnews.org/article.php?id=29899&lan=en&sp=0

Le hip-hop, bande son du printemps arabe par Rose Hackman #SPCG http://t.co/DGDKRJM > listen here http://t.co/SzJhS9y #Thawra

Le hip-hop, bande son du printemps arabe par Rose Hackman
17 juin 2011
* Rose Hackman, journaliste freelance, vit à Londres et Washington. Article écrit à la suite d’une émission de radio produite par Nomadic Wax pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews). La journaliste freelance Rose Hackman analyse les convergences entre hip-hop et identité dans le printemps arabe. Pour écouter, cliquez ici.
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 17 juin 2011, http://www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Washington – Dans les coulisses du printemps arabe depuis la fin 2010, le hip-hop politisé est devenu la bande son des mouvements pro-démocratiques du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord.

On s’en étonnera peut-être. Comment le hip-hop, ce genre musical résolument occidental — et surtout américain — a-t-il pu s’implanter ainsi dans des mouvements de base si profondément marqués dans leur identité arabe?

Nomadic Wax, label international du commerce équitable et société de production de l’entreprise sociale, m’a demandé de tenter de répondre à cette question pour une de ses émissions radiophoniques. Ce que j’ai découvert, c’est une communauté planétaire qui, des montagnes du Maroc aux pavés de Los Angeles, en passant par les rues poussiéreuses de Sanaa, a pris son essor en créant sa propre version de la culture hip-hop – la variante arabe.

“Le hip-hop a toujours été le symbole de l’esprit de résistance”, dit Omar Offendum, un rappeur syro-américain, qui tente de nous expliquer le rapport entre le hip-hop et les soulèvements de rue.

Mohamad Ismail, le Palestinien, est plus clair encore: “Lorsque les gens sont vraiment prêts à faire la révolution, croyez-moi, ils partent avec des idées et des chansons révolutionnaires dans la tête.”

Et avec des paroles bien précises, dans le cas de Hamada Ben Amor, ce courageux rappeur tunisien plus connu sous le pseudo de El General, qui, en novembre dernier, a diffusé en ligne son titre “Raïs Lebled” (“le chef du pays”), chanson hip-hop critiquant le président Ben Ali.

Cette chanson, qui évoque la misère et la lutte quotidiennes, passe pour avoir incité les jeunes tunisiens à descendre dans la rue — au point que Timemagazine a désigné ce jeune de 21 ans comme une des cent personnalités les plus influentes de l’année.

“Y’en a qui meurent de faim, il veut travailler pour vivre, mais on ne l’entend pas, descends dans la rue et regarde autour de toi”, dit la chanson. D’autres paroles évoquent plus explicitement le risque qu’a pris l’artiste.

Avec ces subtils jeux de mots, de rythmes et de mesures, le hip-hop est capable de parler intelligemment aux jeunes. Sans jamais leur parler de haut, il cherche à en être le reflet — un fait qui n’est pas sans importance dans une région où prédominent les moins de 30 ans.

Le rappeur marocain Abderrahim Dahri (Alfaress) constate les effets qu’exerce le hip-hop sur la jeunesse marocaine. “Il a réveillé les jeunes et leur a donné le culot de dire : je ne veux plus rester à la maison avec ma peur, je vais changer les choses”. Ces jours-ci, au Maroc, c’est énorme, tout le monde rappe.”


Bien sûr, il y a aussi le côté cool, et cool ne veut pas forcément dire ce qu’on associe généralement au hip-hop — la drogue, les boîtes de nuit, les femmes”.

Hagage ‘AJ’ Masaed, surnommé le pape du hip-hop yéménite, est complètement d’accord. Se tenant résolument à l’écart de la politique en ces mois d’agitation, il pense que le hip-hop “peut être un outil du changement social”. Un des ses engagements est le combat pour l’éducation et l’assiduité scolaire des petitsYéménites.

“Les jeunes m’écoutent. J’émets des messages positifs sous forme de hip-hop. Ils aiment ce que je fais et je le leur rappe en arabe et en anglais”, dit Masaed.

“Les écoles, les outils / il faut croire/ il faut vivre, apprendre, aimer / battre ses ennemis”, dit sa chanson Biladi (“mon pays”) qui plaide pour que l’éducation déloge le terrorisme. Et la suite: “trop de suiveurs il nous faut des dirigeants pour diriger […], alors pas de terroristes s’il vous plaît”.


Les artistes à qui j’ai parlé — la plupart d’entre eux avaient composé des chansons de solidarité avec les soulèvements arabes — ont tenu à préciser que ce hip-hop de conscience politique en est encore au stade embryonnaire dans le monde arabe. Mais, à voir le chemin déjà parcouru, je ne doute pas que son avenir, comme celui de son public, soit des plus brillants.

###



Les commentaires sont fermés.