Quand les femmes décident d’agir…

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Et maintenant, on va où ? THE film absolument à voir !!!

Danse Funèbre Mp3
Le film est introduit en musique avec un groupe de femmes toutes de noir vêtues qui avancent en dansant (d’où le titre de la chanson) vers un cimetière.

Même morts, ils sont séparés
Arrivées au cimetière, les femmes se séparent, les chrétiennes vers les croix et les musulmanes vers les croissants.

En voix off, une femme dit (je pense que c’est Nadine Labaki) : «Cette histoire, je vous la confie si vous voulez l’écouter, c’est l’histoire d’un village isolé entre ciel et terre…C’est l’histoire de femmes qui ont décidé de prendre leur destin en main et de faire du courage leur vertu».

Hashishet Albi (instrumental) Mp3
Tout le long du film, vous passez du rire aux larmes : vous riez quand elles décident de confectionner, tout en chantant, des gâteaux au haschich pour calmer les hommes toujours prêts à se battre. Car il s’agit d’une communauté de villageois où chrétiens et musulmans se côtoient sans problème jusqu’au jour où ils entendent via la seule unique télé du village qu’il y a affrontements entre musulmans et chrétiens ailleurs. Et vas-y que je te souille les tapis de la mosquée, et vas-y que je te casse la Vierge Marie. Et les femmes sont toujours là prêtes à les séparer, car elles ne veulent plus revivre leurs souffrances durant la guerre pendant laquelle elles ont perdu qui leur mari, qui leur fils.

Nassim Mp3
On passe aux larmes
quand l’une des femmes, chrétienne, cache à tout le monde même à son fils aîné que son frère est mort, tué par balles en allant en ville : «il va tuer un musulman et le village va s’enflammer». Quand elle va à l’église, s’en prendre à la Vierge Marie en lui reprochant d’avoir permis la mort de son fils qu’elle lui a pourtant confié «Tu portes ton bébé sur toi ! Et le mien ? Pourquoi tu as permis cela ? Je te préviens, je ne viendrai plus te voir»

Miracle du Flipper Mp3
Bien évidemment, les autres femmes finissent par l’apprendre et décident d’agir.

Je ne vous en dis pas plus, voici des extraits du film avec la séquence de la confection des pâtisseries. MAGNIFIQUE !!!

Hashishet Albi le haschich de mon cœur


Ajoutée par LabakiNadine le 11 sept. 2011
From Where Do We Go Now? movie – 2011


Ajoutée par googleblog le  4 août 2011

Les femmes prennent les choses en main en Palestine

La photo ci-dessous, prise par Nora Murad, finaliste du concours «Changement positif par les actes” de 1001 Histoires de Common Ground, dans la catégorie «Meilleure photo», représente les habitantes d’un village de Cisjordanie participant à un projet financé par l’association Dalia, dont la mission est de promouvoir les initiatives locales. Pour mieux connaître les idées et les projets de ces villageoises, lire l’article : “Rêves débridés en Palestine ».

Rêves débridés en Palestine par Nora Murad
23 septembre 2011
* Nora Murad est chercheuse indépendante et consultante. Elle vit à Jérusalem-Est et travaille comme volontaire auprès de l’association Dalia. Elle est l’auteur de cet article finaliste du concours «Changement positif par les actes» du site 1001 Histoires de Common Ground. Pour en savoir plus sur l’association Dalia, se référer au site http://www.Dalia.ps. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 23 septembre 2011, http://www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Jérusalem – A notre arrivée au siège de la «Women’s Society» (Association des femmes) de Burqa, un village palestinien de 6000 habitants, situé à 30 minutes de Naplouse, dans la direction nord-ouest, les femmes nous ont salués avec trois baisers chacune : joue droite, joue gauche et encore une fois la droite. Cela faisait huit mois que nous étions engagés dans «Women supporting Women» (des femmes au secours d’autres femmes), un programme d’une durée totale de neuf mois mis en place par l’association Dalia afin de stimuler la capacité des femmes à utiliser les ressources du développement communautaire et à mobiliser leurs propres aptitudes.

Les premiers mois du projet se sont déroulés sans encombre. Nous avons développé une relation de confiance dans chacun des cinq villages sélectionnés pour participer à ce projet et nous sommes parvenus à établir notre crédibilité grâce à notre sincérité, une denrée rare dans la culture opportuniste d’aujourd’hui. Dans chacun des lieux des femmes se sont désignées ou ont été désignées par les autres afin de représenter leur village. Nous avons plusieurs fois rencontré les 15 femmes élues afin de discuter leurs idées, aptitudes, ressources et priorités.

Toutefois après les premiers mois, les femmes sont restées en rade, bloquées.
Chaque fois que les membres de notre équipe sont revenus du terrain, ils ont rapporté les mêmes commentaires : «Il n’y a pas d’argent. Nous ne pouvons rien faire.»
Malgré cela nous n’avons pas cessé de nous rendre auprès des femmes et leur avons demandé encore et encore : «quelles sont vos priorités ? Que souhaitez-vous faire pour vos villages ?»

La réponse était toujours la même : «Nous ne pouvons rien faire.»
Nous avons continué à nous rendre auprès d’elles. Après des mois au cours desquels nous avons entendu le même : «Nous ne pouvons rien faire», nous avons nous aussi commencé à ne plus avoir d’idées. Le projet semblait voué à l’échec.

Selon notre analyse, le problème venait de l’industrie du développement au lendemain des accords d’Oslo qui mine le travail volontaire réalisé à petite échelle et décourage l’utilisation de ressources locales. Nous avons donc décidé de partager les femmes en trois petits groupes afin qu’elles choisissent un projet que nous financerions à l’aide d’une petite bourse qui serait complétée par une somme équivalente issue de ressources locales et que les femmes auraient collectée.

Elles se sont alors révoltées et ont souligné : «Nous sommes plus fortes en tant que groupe. Et nous souhaitons construire un parc.» Un parc ? Mais notre budget total était de 6000 dollars!

Malgré cela nous avons continué à nous rendre dans les villages. Nous avons continué à faire ce voyage d’environ deux heures à bord de taxis conduits par des chauffeurs suicidaires, en compagnie d’autres passagers vous exhalant la fumée de leurs cigarettes en plein visage ou s’endormant sur vous. Nous avons continué à dépasser des croisements conduisant à d’importantes villes palestiniennes, mais indiquées uniquement à l’aide de panneaux écrits en hébreux et signalant exclusivement les colonies israéliennes. Nous avons traversé des postes de contrôle tenus par des soldats âgés de 20 ans pointant des armes automatiques sur nos têtes.

Nous avons continué à nous y rendre parce que nous croyions en ces femmes.
Nous avons découvert un urbaniste de Naplouse qui s’est passionné pour le projet et qui a souhaité y participer. Au cours d’une session de réflexion, il a défié les femmes.

«Rêvez !» leur a-t-il dit.

Les femmes étaient d’abord mal à l’aise. Puis soudain, comme si un barrage avait rompu, leur résistance a cédé.

«Je veux une piscine» s’est exclamée l’une d’elle en gloussant et en se couvrant la bouche, embarrassée à l’idée de partager une idée aussi ridicule et impossible.

«Je veux un théâtre en plein air» a enchaîné une autre, en regardant autour d’elle afin de voir si les autres femmes riaient. Et la liste s’est allongée :
«Un terrain de jeux pour enfants»
«Une aire de pique-nique»
«Une salle pour les mariages»
«Une fontaine»
«Un téléphérique»

Qui sait ce qui a permis à ces femmes de surpasser mentalement le «Nous ne pouvons rien faire.» Peut-être ont-elles osé rêver parce qu’elles imaginaient leurs rêves impossibles à réaliser. On ne peut pas construire un parc pour 6000 dollars! C’était juste un jeu. Un jeu qui s’est déroulé de façon magnifique.

Mais quand l’urbaniste et son équipe d’étudiants en architecture, tous volontaires, sont revenus avec les premiers plans du parc, les femmes ont été sous le choc.
«Sommes-nous responsables de ceci ?»

L’agencement du parc était magnifique. C’était un lieu où l’être humain retrouvait son humanité ; où les enfants pouvaient s’amuser et apprendre ; où les familles pouvaient se relaxer ensemble ; où des évènements culturels importants pouvaient avoir lieu. Les femmes ont réalisé ce qu’elles avaient créé et elles ont souhaité le voir se concrétiser. Elles se sont mises à chanter une nouvelle chanson, un chœur de «que devons nous faire pour qu’il se réalise ?»

Très rapidement des sympathisants locaux et des volontaires ont émergé de partout. Les femmes ont pris conscience que les gens étaient prêts à donner. Peu importait la somme dont elles disposeraient ou non. Désormais, ce qui comptait c’est qu’elles pouvaient obtenir les ressources nécessaires en gérant leur réseau de façon stratégique. Leur énergie s’est multipliée de façon exponentielle.

Depuis, le projet a été retardé par la politique, mais personne n’est inquiet pour autant. Les rêves libérés dans cinq villages au nord de Naplouse ne peuvent être reniés. Si l’association Dalia abandonnait le projet maintenant (mais nous n’en avons pas l’intention), il continuerait tout de même, sans nous, sous une forme ou sous une autre.

Le succès du parc n’est pas assuré, mais le succès du projet initial l’est. Quinze femmes se sont entraidées afin de trouver des solutions pour pouvoir réaliser des projets pour elles-mêmes et pour leur communauté, des projets à priori impossibles mais qu’elles méritent. Ce changement social ne peut pas être inversé.

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    23 septembre 2011
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