Cleveland contre Wall Street – Pay Me My Money Down

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Documentaire en diffusion actuellement sur Canal Plus  et que j’ai visionné hier soir.

Synopsis : Le 11 janvier 2008, Josh Cohen et ses associés, avocats de la ville de Cleveland, assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure.
« Cleveland vs Wall Street » raconte l’histoire d’un procès qui aurait dû avoir lieu. Un procès de cinéma, dont l’histoire, les protagonistes et leurs témoignages sont bien réels.

NB : Le rapport suivant a été fait à main levée par mes soins. Je demande donc votre indulgence envers une amatrice :-)
Le film commence par la vision des avocats dans leur voiture, en partance pour le tribunal: ceux des banques (le mercenaire, sic) et ceux de la ville de Cleveland.

Au tribunal
Le juge commence par parler de l’affaire : les citoyens de la ville de Cleveland décident de porter plainte contre 21 banques.
Il demande aux jurés de juger cette affaire selon les témoignages qu’ils entendront tout le long du procès.

Le 1er témoin est un shérif qui a dû procéder aux expulsions des gens, leurs habitations ayant dû être saisies.
Il raconte avec émotion ce qu’il a fait, en disant qu’il y était obligé et qu’il en était sincèrement désolé. En particulier, pour cette dame de 86 ans qui aurait pu être sa grand-mère dit-il.
A la question de l’avocat des banques, il répond que celles-ci ont abusé les acheteurs, c’est son opinion personnelle.
Devant la caméra ensuite, il dit qu’il espère qu’il a bien exprimé son point de vue

Je vois ensuite un couple d’un certain âge qui est en train de manger chez eux. La dame dit que les gens ont peut être exagéré car ils connaissaient leurs moyens financiers.

Un autre témoin à l’audience dit que sa maison va être vendue aux enchères. C’est la deuxième. La première a été louée à quelqu’un qu’il connaissait au travail et qui n’a pas pu honorer ses loyers. Il dit qu’il ne peut pas payer deux crédits.
A la question de l’avocat des banques, il répond qu’il n’en sait rien où il ira avec ses deux enfants. Quelque part, dit il.

Un jeune témoin de 14 ans dit qu’il va se faire jeter de chez lui car Fred (sic) ne peut plus payer les loyers. Il demande s’il y aurait moyen de rester chez lui ? L’avocat lui répond : je n’en sais rien
Devant caméra l’avocat des banques dit que ce sont ces gens qui ont fait des erreurs. Pas les banques. Pas Wall Street.

Un autre témoin qui a deux enfants dit que sa maison va être vendue aux enchères, qu’il a achetée 26,000 dollars un an plus tôt. Il travaille dans le bâtiment et ne gagne pas suffisamment pour rembourser. Il dit que quelqu’un (un courtier en prêts hypothécaires) a frappé à sa porte un jour en disant qu’il pouvait refinancer sa maison pour 40,000 $. Il dit également que sa maison a été estimée à 70,000 $ plus tard. L’avocat est étonné. Le témoin lui répond qu’il n’y croyait pas lui-même mais que si ça marchait, tant mieux. Sauf qu’il va devoir vendre sa maison aux enchères maintenant.

Une séquence dans la maison d’une famille dont la maman dit que très peu de gens n’ont pas eu à être saisis car ils sortent de Harvard, ou au moins ils ont fait des études. Combien de gens savent que les banques vendent leur argent ? Combien savent comment le système fonctionne? Etc.

Un témoin courtier en prêts hypothécaires (habite le ghetto des ghettos de Cleveland) à l’audience : «j’ai horreur de dire ces mots mais j’ai été rémunéré sous la table à la commission.»
Comment définiriez-vous le mot subprimes ?
Il s’agit de Crédits accordés à des gens dont les banques diraient qu’ils sont peu solvables.
Comment faites-vous ? Le courtier répond: honnêtement, nous prenons l’annuaire et nous allons voir les gens pour leur proposer nos prêts : or, pour en obtenir un, il faut un salaire de 2 500$ et quand la personne n’a que 1 400$, je connais des courtiers qui encouragent les gens à changer  le «1» en «2».

L’avocat des banques demande au courtier s’il ne pense pas que ces gens qui viennent le voir ne courent après un rêve qu’ils ne peuvent atteindre. Le courtier reproche aux banques de ne pas lui donner suffisamment d’informations afin qu’il puisse mieux traiter le cas des gens.

Quartier Est de Cleveland «Slavic Village»
Je vois défiler toute une série de maisons fermées sur fond musical triste.
Un témoin conseiller municipal dit qu’il y est né et y a grandi. Des milliers de gens ont été touchés bien avant la crise immobilière. «On dépense notre budget à barricader les maisons alors que tout cet argent aurait pu servir à autre chose : les parcs, les routes, l’école.»
Des millions de dollars ont été prêtés aux gens de Slavic Village, confirme le témoin à l’avocat.
Contre interro de l’avocat des banques : Wall Street avec ses outils de destruction massive (selon les termes du témoin) a donc débarqué à Slavic Village ? Oui répond le témoin. Sauf que Wall Street n’a fait que répondre à une demande rétorque l’avocat.

Une séquence dans une maison avec un homme seul puis une autre lors d’une vente des maisons aux enchères. La maison de l’homme est venue 30,000 $. S’ensuit une qui montre l’homme avec ses deux enfants qui partent dans une voiture je ne sais trop où.

Devant caméra, l’avocat des citoyens dit que c’est positif pour eux. Qu’il va même demander d’ajouter d’autres témoins supplémentaires.
Un témoin qui travaille chez Solomon «Mon projet Manhattan : comment je vais exploser Wall Street avec les subprimes». Il est parti ensuite chez Lehman Brothers. Ils ont créé un logiciel qui simplifiait la procédure des prêts hypothécaires (la liste des gens). Il a commencé à pratiquer les subprimes dans les années 87 et ses clients étaient japonais, suisses, etc. …Pour compenser le risque pris par les banques, ils doublaient les taux d’intérêts.
Donc les banques connaissaient déjà les résultats des subprimes ? «Money, a lot of money . Wall Street a adoré.»
Parmi les gens qui travaillent dans la titrisation, peu savaient que cela tournerait mal un jour.
L’outil dont vous parliez tout à l’heure, c’est un outil mais il peut être détourné de son usage premier. C’est ce qui est arrivé. Oui, répond le témoin sauf qu’avec la masse d’argent que nous brassions, nous ne pouvions réellement mesurer les vrais risques.
Dans votre article, vous parliez de ce sentiment de culpabilité, que ces gens qui gagnaient tant d’argent auraient dû savoir, devraient savoir…
Devant caméra, le témoin dit qu’il devrait y avoir un contrôle maintenant. Nous avons fait tellement d’erreurs, d’énormes erreurs ! Qu’est ce qui s’est passé ?

Une séquence dans une maison dont l’habitante est noire et qui dit que ces gens se font de l’argent sur le dos des Noirs, des minorités, des pauvres. Nous payons les factures de multimillionnaires !!! Le propriétaire de l’immeuble voisin le laisse à l’abandon car il a de l’argent. Ce n’est pas juste !

Une séquence avec l’avocat des citoyens qui parle à ses associés d’un témoin, le meilleur car il base sa défense sur les théories de ce type.
Le témoin a été conseiller à la Maison Blanche. Il dit que dans les années 90, le gouvernement a décidé d’augmenter le nombre de gens pouvant accéder à la possession, parmi la classe moyenne voire en dessous…
Tout cela donc à cause de la politique du gouvernement alors que les outils étaient de très mauvaise qualité. Malheureusement oui répond le conseiller.
Contre interrogatoire
Pourriez vous décrire la titrisation : un fond commun sur lequel les gens paient des intérêts. Les banques ont voulu participer à la titrisation puisque cela procure beaucoup d’argent.
Le gouvernement n’a jamais incité à la titrisation, n’est ce pas ? Oui répond le témoin. C’est bien ce que je pensais…
Non, car je crois que c’est le marché déréglé qui a causé tout cela.
Devant caméra, l’ancien conseiller à la Maison Blanche dit «je ne pense pas que les gens aient suffisamment les moyens pour organiser des actions contre les politiques»
Nous (l’Humanité) avons des gouvernements depuis 5 000 ans ! Mais ils n’ont jamais réussi à nous donner la prospérité, le bien être.

Devant caméra, l’avocat des gens est avec ses associés : A quelle question doit répondre le jury ? Responsable ou pas ? Qui paie ?

Plaidoirie de l’avocat des banques : nous voulons tous l’inaccessible, la demande des plaignants est une théorie du complot envers Wall Street. Il s’agit juste de blâmer quelqu’un tout simplement parce qu’il est riche et plein d’argent…Gardez le rêve américain !

Plaidorie de la défense : nous ne voyons que des fenêtres barricadées, où va l’argent ? Suivez où va l’argent ! Wall Street s’est bien débrouillé alors qu’objectivement, ils pouvaient présager des conséquences. Je demande que l’on apporte l’aide dont les gens de Cleveland ont besoin.

Délibération du jury :
1 juré : pratiques inconvenantes de la part des banques et des établissements de crédits
1 autre : ou on poursuit tout le monde (banques, établissements de crédits et citoyens)  ou personne n’est coupable
1 autre : qu’ont fait les sociétés de consommateurs, la ville est responsable de ses citoyens, donc les banques ni les établissements de crédits ne sont pas la cause première de ce qui arrive.
1 autre : nous n’avons pas de choix, personne ne nous défend, on a été conditionné toute notre vie, à acheter des choses (un costard par exemple) dont nous n’avons même pas besoin.
1 autre : c’est Wall Street qu’on juge, pas les gens, pas les témoins qu’on a vus. Nous avons ici l’occasion de nous faire entendre par le système, pour reconstruire Cleveland. Il faut contrôler les banques, il faut contrôler Wall Street
1 autre : je dois agir selon mon cœur mais pas selon ma tête
Procédons au vote : oui ils sont coupables : 5 –non ils ne sont pas coupables : 3

J’en ai raté deux apparemment. désolée

Une séquence avec Barbara Anderson représentant les associations de l’Ohio qui parle à Barack Obama. Celui-ci lui répond : «Nous allons changer cela»

Sans transition, en générique de fin :
Les saisies immobilières continuent, les banques se sont redressées grâce aux plans de sauvetage mais les gens continuent encore maintenant de subir les conséquences de ces subprimes….

Avec la musique Pay Me My Money Down  de Bruce Springsteen

Ajoutée par BruceSpringsteenVEVO le 24 mars 2011
Music video by Bruce Springsteen performing Pay Me My Money Down. (C) 2006 Bruce Springsteen

Lyrics
I thought I heard the Captain say,
Pay me my money down,
Tomorrow is our sailing day,
Pay me my money down
Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

As soon as the boat was clear of the bar,
Pay me my money down,
The captain knocked me down with a spar,
Pay me my money down

Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

If I’d been a rich man’s son,
Pay me my money down,
I’d sit on the river and watch it run,
Pay me my money down

Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

[trumpet]
well…
I wish I was Mr Gates,
Pay me my money down,
They’d haul my money in in crates,
Pay me my money down

Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

Well 40 nights, nights at sea
Pay me my money down,
Captain worked every last dollar out of me,
Pay me my money down

Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

Oh pay me, oh pay me,
Pay me my money down,
Pay me or go to jail,
Pay me my money down

pay me my money down
pay me my money down
pay me my money down

Ils en ont parlé

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 24/09/2011

Allociné

Le Monde diplomatique «Cleveland contre Wall Street», les subprime au cinéma

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