Mon samedi de réflexion : Invitez « l’Autre » à déjeuner dit Elizabeth Lesser #TEDWomen #Rumi

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En cette période «trouble» pré-électorale un peu partout dans le monde, je vous propose à nouveau d’écouter Elizabeth Lesser chez mon «ami» TED.

En voici un extrait.
C’est pourquoi je lance une nouvelle initiative. Elle est destinée à nous aider tous, y compris moi-même, à contrer la tendance à l’ostracisme. Je sais bien que nous sommes tous très occupés, mais ne vous inquiétez pas, vous pouvez le faire pendant votre pause déjeuner. J’appelle mon initiative : «Invitez l’Autre à déjeuner». Si vous êtes un Républicain, vous pouvez inviter un Démocrate à déjeuner, ou, si vous êtes un Démocrate, pensez à inviter un Républicain à déjeuner. Cependant, si l’idée d’inviter l’une de ces personnes à déjeuner vous fais perdre l’appétit, je suggère que vous commenciez par plus proche, parce qu’il ne manque pas d’Autres rien que dans votre propre voisinage. Peut-être cette personne qui prie à la mosquée, ou à l’église, ou à la synagogue, au bout de la rue ; ou l’un de vos opposants sur la question de l’avortement ; ou encore votre beau-frère qui ne croit pas au réchauffement climatique – n’importe qui dont le style de vie vous effraie, ou dont les points de vue vous font grincer des dents.
Il y a deux semaines, j’ai invité à déjeuner une femme du mouvement conservateur Tea Party. En théorie, elle avait réussi le test du grincement de dents. C’est une activiste de droite, et je suis une activiste de gauche. Nous avons appliqué quelques principes afin de garder un bon niveau de conversation, et vous pouvez vous en servir vous aussi, parce que je sais que vous allez tous inviter un Autre à déjeuner. Tout d’abord, décidez d’un objectif : découvrir un membre d’un groupe que vous auriez pu stéréotyper de manière négative. Puis, avant de vous rencontrer, convenez de quelques règles de base. Ma convive du Tea Party et moi-même avons trouvé celles-ci :N’essaye pas de convaincre, de défendre, ou d’interrompre. Sois curieuse, sois disposée à la conversation, sois authentique. Et écoute.
A partir de là, nous nous sommes lancées. Et nous avons utilisé ces questions : Partagez avec moi quelques unes de vos expériences. Quels sont les sujets qui vous concernent profondément ? Et quelle question avez-vous toujours voulu poser à quelqu’un de l’autre bord ? Ma partenaire de déjeuner et moi-même, sommes reparties en ayant fait quelques découvertes vraiment importantes, et je vais vous faire partager l’une d’entre elles. Je pense qu’elle concerne tous les problèmes de relations entre les gens, quelque soit l’endroit. Je lui ai demandé pourquoi son camp affirmait des choses si outrancières et mensongères sur mon camp. «Comme quoi ?», a-t-elle voulu savoir. «Que nous sommes une bande d’élitistes, moralement corrompus, et soutien des terroristes. « Eh bien, elle a été choquée. Elle pensait que mon camp tapait à bras raccourcis sur son camp bien plus souvent, que nous les décrivions comme des racistes sans cervelle et armés de fusils. Et nous nous sommes toutes deux étonnées de ces étiquettes qui ne convenaient à aucune des personnes que nous connaissions vraiment. Et comme nous avions établi une relation de confiance, nous étions chacune persuadée que l’autre était sincère.
Nous nous sommes mises d’accord pour intervenir dans notre entourage lorsque nous serions témoin de ce genre de paroles ostracisantes qui peut blesser et s’envenimer jusqu’à la paranoïa, et être alors utilisée par ceux qui sont en marge pour inciter à la violence. A la fin de notre repas, chacune a reconnu l’ouverture d’esprit de l’autre. Aucune de nous n’avait essayé de changer l’autre. Mais nous n’avions pas non plus fait comme si nos divergences d’opinion allaient juste s’estomper après un déjeuner. Au lieu de cela, nous avions fait un premier pas ensemble, par delà nos réactions réflexes, vers l’ubuntu, qui est la seule direction où des solutions à nos plus problèmes les plus insolubles en apparence seront trouvées.

Qui donc devriez-vous inviter à déjeuner ? La prochaine fois que vous vous surprendrez à ostraciser, ce sera votre signal. Et que risque-t-il se passer à votre déjeuner ? Est-ce que les cieux vont s’ouvrir, et «We Are the World» retentir dans la sono du restaurant ? Probablement que non. Parce que le chemin vers l’ubuntu est long, et il est difficile. Ce sont deux personnes qui cessent de prétendre tout savoir. Ce sont deux personnes, deux guerriers, qui déposent les armes et font un pas l’un vers l’autre. Voici comment le grand poète perse Rumi l’a exprimé :

«Au delà des notions de bien-faire et de mal-faire, il y a un champ. Je te retrouverai là.»

  1. Pingback: Mon Samedi de Réflexion : “Avec Vous mais Pas Contre Vous”, “Je Me Soulèverai…” « Blogueuse sur le Net pour un Monde Meilleur

  2. Bonsoir Walid !

    Je fais bien de R É P É T E R et/ou de laisser les gens parler à ma place surtout quand ils le font chez mon «ami» TED, même si c’est SO IRRITATING disait un troll un jour…

    Car ce bon post comme tu dis – thanks for that – c’est une republication avec un titre qui n’a pas dû attirer l’attention. Je dois avouer que des fois/souvent, j’ai l’esprit tordu sur l’accroche de mes billets🙂

    Je l’ai republié pour une seule et même raison que la fois précédente: les élections présidentielles…

    Bis repetita de ce que j’ai déjà exprimé par ci par là
    En 2007, une amie de longue date m’avait envoyé un mail de pétition de son candidat aux présidentielles à laquelle elle souhaitait que j’adhère en la signant.

    J’aurais très bien pu supprimer le mail et ne rien répondre comme le font la plupart des gens. Sauf que c’est une amie et je ne pouvais pas faire cela. Je lui ai donc répondu en lui disant gentiment que non sincèrement, j’étais désolée mais je déclinais son invitation en lui expliquant que chacune de nous 2 avait ses convictions et que je me devais de respecter les miennes comme je respecte les siennes. Que notre amitié n’en soit pas gâchée.
    Elle l’a quand même mal pris et m’a «boudée» pendant un moment et elle est revenue ensuite en me disant que j’avais raison de ne pas vouloir gâcher notre amitié pour une histoire de politique.

    En 2008 (fin), une autre amie – malgache cette fois-ci – m’avait envoyé un mail de propagande disant que le président Ravalomanana faisait ceci ou cela, que Madagascar est devenu le TIKOLAND, etc.
    Je lui ai répondu que JE NE POUVAIS EN AUCUN CAS FORWARDER UN TEL MAIL parce que je n’habite plus à Madagascar, elle non plus et que nous étions TRES MAL PLACEES pour diffuser une telle info – qui s’est avérée être plus tard une CAMPAGNE DE DESTABILISATION qui a mené au coup d’état de 2009.
    Elle a quand même insisté en me renvoyant un autre mail et là, je lui ai dit que si elle souhaitait rester mon amie, qu’elle arrête de m’envoyer de telles choses. Elle a continué et je l’ai donc «supprimé» de mon répertoire, voire mis son adresse mail en courrier indésirable. J’ai horreur de la mauvaise foi et de la mauvaise volonté. Je ne m’encombre pas de telles choses.

    En parlant de citations, tu as dû lire sur ma page à propos de ce blog celle de Robert Sabatier qui dit «S’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur.» Elle est très parlante n’est-ce pas ?
    Tu as dû lire également celles d’Hampaté Ba et je vais rajouter les tiennes.

    Je crois qu’à nous 2 déjà, à coup de citations, nous referions le monde vite fait bien fait n’est-ce pas ? Nan, j’rigole…à peine…

    IF…ONLY

    Merci d’avoir ouvert ta table à «tout le monde. Surtout l’Autre, l’étranger, mon ami !»

    Bonne soirée à toi
    PZ

  3. Très très bonne idée. Et bon post. Merci PZ. Comme le disait si justement Hamadou Hampathé Bâ (vulgarisateur de la célèbre formule « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » : Entre ta vérité et ma vérité, il y a la Vérité.
    On le dit, j’y crois, l’ostracisme est d’abord et avant tout un manque de confiance en soi. Et pourtant, je peux changer en échangeant avec l’autre sans me perdre ni me dénaturer. Il n’y a rien dans cette course de la vie qui ne soit si irréconciliable, si inconciliable. Rien sauf la méfiance et les préjugés que l’on projette comme boucliers !
    Quelques bons mots sur le sujet (désolé, je ne me rappelé plus des auteurs – gros coup de mou ce samedi) :
    «Toujours se poser pour n’avoir ni à s’imposer ni à s’opposer ».
    « Tout être humain m’est supérieur en quelque manière et je peux m’instruire à son contact»
    « Tout être humain, mal informé, ne peut s’abstenir de mal raisonner. »

    Et comment disait l’autre. « La chose est irréalisable ? Soit ! Nous n’avons donc plus qu’un choix : commencer à la réaliser »

    Ma table est bien entendu ouverte. Pour tout le monde. Surtout lAutre, l’étranger, mon ami !
    Bonnes discussions tout le monde.

    Walid