«A ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous»

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Voici l’histoire d’un ruminant que j’ai trouvée sur le Net  et signée Jonathan Livingston.

Comme je ne connais pas, j’ai cherché à savoir qui est ce «monsieur» empli d’une grande sagesse. C’est mon opinion. Après avoir trouvé, j’ai donc fait la relation entre cette histoire et le livre de Richard Bach[i]. 

Voici :

Le calvaire d’un « ruminant »

Y penses-Tu que Tu pensesTROP ?

«A ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous» 

Je n’en peux plus. Quand vas-tu te taire et me laisser en paix ? Quand vas-tu cesser de me «prendre la tête» ? De me faire ruminer ainsi sur tout ce que je pense, tout ce que je dis, tout ce que je fais, tout ce que je vis !

Cela devient une véritable torture. Il faut toujours que tu me parles, que tu me fasses ton «cinéma mental», le «petit vélo» dans ma tête dont la roue ne cesse de tourner, tourner, sans arrêt…

Constamment tu monopolises mon attention dans ma tête, au lieu de dans mon corps et mes sens. Je prends la voiture pour faire quelques kilomètres… et je m’aperçois à l’arrivée que j’ai conduit comme dans un état second, en «pilote automatique», que je n’ai même pas fait attention au paysage, parce que tu m’as parlé pendant tout le trajet ! Ou bien chez moi, dans mes moments de loisir, tu me fais toujours penser à quelque chose, du passé ou de l’avenir, mais jamais du présent. – Normal, tu as horreur du présent, c’est ton ennemi, car tu sais que seul le Vivre au Présent permet de se débarrasser de toi. Quand on a pris goût au Présent, on ne veut plus de toi, on commence à se rebeller contre ta domination. – Résultat : je me sens toujours «sous pression», je n’arrive pas à me détendre.

Et tu veux me faire croire que c’est pour mon bien, de m’auto-observer ainsi de façon permanente…! Alors pourquoi est-ce que je n’ai jamais réussi à être heureux ? Hein ? Dis-moi. Si c’était si utile que cela, comment se fait-il, depuis toutes ces années, que je n’ai pas réussi à évoluer, que je n’ai pas progressé, mais au contraire que je suis toujours empêtré dans les mêmes schémas répétitifs de comportement ? Rien n’a changé !

Pire : c’est bien à cause de toi que j’ai sombré dans la dépression. Quand ça n’allait pas bien extérieurement dans ma vie, c’est toi qui, en plus, me rendais malade intérieurement, à retourner toujours et encore mes tourments dans ma tête, au point de ne pas réussir à trouver le sommeil… Et ce, sans jamais y trouver une solution !!! Me laissant incapable d’affronter mes problèmes ! Alors je te repose la question : à quoi ça sert tout cela, si ce n’est à m’oppresser constamment?

Même le positif ! Même quand je vais bien, tu me gâches mon plaisir ! Parce qu’à force de ruminer sur le bon, tu finis par me faire douter qu’il puisse durer. Donc c’est bien toi qui m’empêches d’être heureux.

Le Silence dans ma tête… j’aspire tant au SILENCE !

Mais non. Jamais. Tu ne me laisses jamais seul avec moi-même, à l’écoute de mes seuls ressentis intérieurs. Il faut toujours que tu me harcèles, sans cesse… à chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Tout le temps. Il n’y a que dans le sommeil que je peux te fuir, trouver un peu de répit. Mais comme ça, je ne vis pas…

J’aimerais tant pouvoir vivre consciemment chaque instant, l’accueillir dans ce qu’il a de plus beau, ce qu’il a de vivant, mais tu me voles cela en me faisant le disséquer, jusqu’à ce qu’il en perde toute sa saveur originelle. Que me reste-t-il alors ? Je ne sais pas ce qu’est la Joie {véritable}, je ne connais pas l’Enthousiasme qui emporte l’âme, ni la douce Chaleur qui émane d’un cœur comblé, car tu me rends incapable de profiter de tout cela, incapable de «profiter de la vie». Incapable de vivre même ! Tu ne me laisses plus que la tristesse, l’amertume et la souffrance…

Ah, comme j’aimerais ne plus penser, avoir la tête vide, ne laisser plus parler que mon cœur. M’ouvrir aux autres et à la Vie. Ah, comme je serais heureux alors, comme je me sentirais enfin vivant et libre ! Accueillant la vie comme un enfant !

Mais non, tu ne me laisses aucun repos : il faut toujours que j’analyse et décortique ce que je vis. Le Soleil peut briller dans un ciel sans nuage, je peux être au milieu d’une nature magnifique ou bien entouré d’amis, ma sœur peut accoucher d’un nouveau bébé… je ne ressens rien, ou presque rien, car mon cœur est «sec», tu me l’as desséché. À cause de toi, je me sens incapable d’aimer.

Oh, pourtant, je sais bien que c’est moi seul qui suis responsable de cet état. Un psy me dirait que j’ai adopté ce comportement d’hypervigilance intellectuelle dans mon enfance, pour moins souffrir, pour avoir l’impression de tout maîtriser, mais un enfant n’est pas responsable spirituellement, il ne fait qu’imiter ou se protéger de son entourage dysfonctionnel, et pourquoi est-il né dans un tel entourage, si ce n’est parce qu’il y a été attiré, de par son genre semblable, pour apprendre une nouvelle leçon à l’École de la Vie et évoluer ? Il est ainsi clair pour moi que je ramène une telle propension à la rumination de mes vies antérieures… Donc non, je ne tomberai pas dans ton piège qui veut me faire croire que c’est la faute de mes parents, des autres, de la Vie… ou de Dieu ! C’est TA faute… et donc, en vérité, uniquement ma faute, puisque c’est moi qui t’ai laissé me dominer.

C’est impossible de vouloir maîtriser la vie, car la Vie est Mouvement constant, Fluidité, Courant dans lequel nous devons nous insérer. Ruminer, c’est vouloir aller à contre-courant, c’est refuser de se laisser porter par la Vie, c’est vouloir être plus fort qu’Elle, ce qui est impossible et ne peut finir que par l’épuisement total et aller se fracasser contre les rochers.

Cela je l’ai maintenant compris, mais je continue à rester enfermé dans ce Ruminer permanent, qui n’a plus lieu d’être maintenant que je suis un adulte indépendant, mais dans lequel je suis comme «piégé»…

Mon pire ennemi … c’est TOI ! – Oui, le seul véritable ennemi de l’homme, prêt à le perdre, se trouve à l’intérieur de lui ! Assurément la meilleure cachette qui soit… – Car c’est bien toi qui, en me faisant ruminer sur tout, est à l’origine de toutes mes faiblesses et toutes mes peurs. C’est bien toi qui fais aussi naître l’envie et la jalousie en moi, en trouvant toujours quelque chose qui ne va pas ou qui n’est pas assez bien, me rendant incapable d’être satisfait du présent, en voulant toujours plus… Tu es ainsi la source de toutes mes intolérances, de tous mes jugements sur autrui («pas assez ceci» ou «trop cela»…) comme sur moi-même (soit orgueil – ou fausse humilité -, soit dévalorisation la plus grande). C’est comme ça que tu me pourris la Vie, c’est comme ça que tu pourris ma vie !

Tu fais de ma vie un enfer, tu le sais n’est-ce pas ?

À cause de toi, je me dégoûte…

Mais j’en ai marre !

Maintenant ça suffit. Je veux être heureux et réussir ma vie !

Alors, comme c’est toi l’obstacle à mon Bonheur, j’ai décidé dorénavant de me battre et de te replacer en moi à ta véritable place, celle que tu n’aurais jamais dû quitter, celle du serviteur ! Oh, tu peux rigoler, c’est vrai que je suis encore bien faible pour le moment, mais tu oublies que je te connais autant que tu me connais. Et maintenant que j’ai pris conscience de ton influence pernicieuse, maintenant que je t’ai démasqué, je commence déjà à ne plus tomber dans certains de tes pièges. Ainsi, c’est toi qui m’as toujours empêché de passer à l’action, c’est à cause de toi que j’ai toujours eu peur de tout jusqu’ici. Or, finalement, quand je me ressaisis et que je vais, malgré tes avertissements, courageusement de l’avant, je me rends compte maintenant à chaque fois que … «ce n’était pas si terrible que ça» ! Quand je fais confiance à la Vie, la Vie me témoigne en retour de sa Confiance !

Ainsi, je ne suis pas seul dans ce combat contre toi. Si je suis sincère et de bon vouloir, je recevrai toujours l’Aide spirituelle dont j’ai besoin. Ce sera peut-être long, mais même s’il me faut plus d’une vie pour te soumettre, je m’en moque, je me battrai jusqu’au bout. Et je te vaincrai !

Seigneur, je T’en prie de tout mon être, entends ma Prière :

Seigneur, fais de moi un HOMME digne de ce nom : Un Homme authentique, chaleureusement intuitif, et non plus froidement intellectuel. Un Homme se tenant debout, et vivant, dans Ta merveilleuse Création !

Dans ce but, aide-moi à ne plus avoir peur, afin que je puisse atteindre la magnifique Certitude d’être en Sécurité dans l’Activité de Tes Lois…, afin que je puisse m’abandonner ainsi entièrement à Ta Volonté (qui repose dans cette Activité)…, afin que, dans cette Confiance absolue, je puisse à jamais Te servir loin de toute rumination mortifère.

AMEN

Jonathan Livingston


[i] sur Wikipedia  Jonathan Livingston le goéland une œuvre de l’écrivain américain Richard Bach, ancien pilote de l’armée de l’air américaine et préfacée ainsi «A ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous».

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