Walid le Burkinabè est fâché et Stephen Davies s’en est préoccupé #Afrique

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Cela mérite quand même d’être R É P É T É, vous ne croyez pas ? D’habitude, les billets sont traduits de l’anglais vers le français et là Stephen Davies a traduit dans le sens inverse. Respect Mister Stephen Davies. Vous ne pourriez pas le faire aussi pour Madagascar des fois? Car il y a des mines, de l’or, du bois de rose, du pétrole, de la déforestation massive, enfin vous voyez ? Tout ça tout ça ! PS : si vous êtes d’accord, faites-le moi savoir, je vous dirai chez qui frapper à sa porte de blog🙂

Je connais Walid depuis peu et il vient régulièrement commenter sur mon blog comme moi, je lui rends visite. Non ce n’est pas de la politesse. Il s’agit d’atomes crochus…honni soit qui mal y pense. Je voudrais attirer votre attention qu’il s’adresse à vous aussi, très chère lectrice très cher lecteur  vingt et unième sièclienne ou -ien ! Pour reprendre l’expression de @muriel_gilbert dans ses chroniques trop matinales à mon goût et que je préfère lire sur son blog . J’dis ça, j’dis rien…

Trêve de plaisanterie, voici le billet de Stephen Davies à propos de Walid. Extrait.

Cyanide in the Reservoir – but who cares?

On 29 July a truck full of cyanide heading to the Inata gold mine in the north of Burkina Faso overturned at Djibo dam. The Inata mine is owned 90% by British gold mining company Avocet and 10% by the government of Burkina Faso. Simon Cross,Keith Smith, Greg Valerio and others continue to call Avocet and their contractors to account for the incident. But it’s not just Brits who are wanting answers and assurances from Avocet Mining. Many Burkinabe I have talked to are extremely uncomfortable that Avocet have swept this (and previous) incidents under their spun-gold carpet. Today it is my pleasure to introduce to you the Burkinabe writer Walid Hicham. Many thanks to Walid for responding to my invitation and writing the following article.
Here is Walid’s article in the original French, with my translation in English below.
Cyanure dans le barrage : mais qui s’en préoccupe !
L’affaire du renversement du camion de cyanure n’est pas saisie à sa juste mesure par les différentes parties impliquées. L’État burkinabè a le regard tourné ailleurs. Stoïques, peu embarrassés, pris par leurs vacances, les ministres concernés ne semblent pas faire de cet événement, une occasion rêvée pour remettre à plat les exigences de sécurité envers les compagnies minières.
En dépit des relances (de bloggeurs notamment), Avocet Mining est aux abonnés absents. La société n’a jamais été prolixe en termes de communication. Pour un événement pareil, elle a préféré tirer le frein à main et ne pas nous répondre. Ce choix ne peut que la desservir. Que dire des organisations de la société civile ? Toutes en vacances ? A croire que cette catastrophe a fait exprès de choisir son calendrier. Pourquoi une ONG aussi active qu’Orcade ne se saisit pas du combat afin de faire bouger les lignes, elle qui justement est en tournée de formation des acteurs concernés sur le processus de l’ITEI ? A ce stade, c’est plus qu’une faute professionnelle.
Les médias, une fois l’événementiel passé, se sont tournés vers d’autres lucioles. Mention tout de même spéciale à l’hebdomadaire Bendré qui est longuement revenu sur ce sujet dans son dernier numéro. Enfin les populations sont prises par la torpeur du Ramadan et par le fatalisme si commun dans cette partie du Burkina. Ont-elles au final tort quand on voit le peu d’intérêt que leur cas suscite ?
L’indifférence qui se jumelle à l’incompétence devient un cocktail détonnant et dangereux. Nous avons dans le cas présent ces deux ingrédients. A force de flirter avec la ligne rouge, le moment se rapproche où les choses vont basculer du mauvais côté. Rien dans l’attitude d’Avocet ne nous permet de dire qu’elle a pris la mesure de son devoir de protection envers les populations riveraines. Avocet au Faso a une politique à très très court terme.

Par le passé, la solidité du barrage a déjà fait les gorges chaudes non seulement des techniciens mais aussi de toute personne l’empruntant. Le discours de la SMB s’est toujours voulu rassurant. Et pourtant ! Ce scepticisme environnant a malheureusement été probant sur le terrain quand une partie de la digue a subi des infiltrations majeures.
En septembre 2010, le barrage a également montré ses sérieuses limites. L’absence d’un déversoir en béton de même qu’une vanne permettant d’évacuer le plein d’eau ont entraîné le débordement du barrage. Comme mesure de protection, Avocet avait comme dispositif des amas de gros cailloux. Est-ce sérieux ?
Aujourd’hui, en dépit de toutes ces alertes, rien ne nous prouve que ce barrage ne sera pas un danger pour les populations. C’est également avec grande inquiétude que ces populations pensent au jour où l’exploitation (donc l’entretien) s’arrêtera.
A force de tout le temps écrire sur Avocet, celle-ci va se croire persécuter. Loin de là ! Il s’agit ici pour nous de rappeler encore et toujours qu’une compagnie minière a un devoir de responsabilité. Ce ne sont pas que des mots. Mais un engagement sans faille et des actes probants sur le terrain.
[…] Lire la suite http://voiceinthedesert.org.uk/weblog/2011/08/29/avocet-shareholders-please-take-note/

Stephen Davies a conclu ainsi

Many thanks to Walid for giving freely of his time and penmanship. If you would like to read more by Walid on the subject of Avocet, SMB and Inata, here are links to two articles on his blog.
Le blabla de la Société des mines de Bélahouro
SMB : Sortie de Piste à l’Horizon

Et moi, je rajouterais à votre lecture les deux billets suivants, si vous me le demandiez bien sûr…
Sexe, sida, argent et violences conjugales, le cocktail américain de Blaise Compaoré
Wikileaks, Blaise Compaoré, djembés, Bourgi, les nouveaux noms du dictionnaire

En bonus, les 2 commentaires sur le billet en question et qui me plaisent beaucoup !!!!

Sophie Kaboré
septembre 23, 2011
Devant les sans foi ni loi alors nous nous devons de dénoncer la vérité sans détour.
Bravo pour ce « lexique genre nouveau» qui n’a pas la langue de bois.
Au «faitout libanais» nous pourrions ajouter la «cocote minute française»…ou mijote un bouillon pas très clair au parfum des plus suspects !!!
walidhicham
septembre 23, 2011
100% d’accord avec la «cocotte minute»… Quant au bouillon, il doit être effectivement ragoûtant !
Walid

  1. @prettyzoely
    Vers une intégration du droit minier au droit de l’environnement ? bit.ly/qlXxd0 Rapport très intéressant remis par @ArnaudGossement

    @ArnaudGossement @prettyzoely Je vous remercie

    @prettyzoely @ArnaudGossement je vous en prie, je voudrais qu’il y ait un tel droit dans les pays hors OCDE rapport aux multinationales qui y sont…

  2. Bonjour Walid !

    Je suis ravie que le Burkinabè ne soit pas fâché contre moi aussi, d’autant que Steve (ha ! quelle intimité LOL) est venu également…

    Bonne journée
    PZ

  3. Bonjour Steve !

    Et bienvenue sur mon blog !

    Words can’t express my feeling, may be I wish someone would care about Madagascar too ? So selfish, isn’t it ?

    Peu importe que ce soit le Burkinabè fâché qui ait attiré ton attention (c’est très bien au contraire, tu ne peux pas t’occuper de tout) car peut être ainsi tout le monde va se préoccuper de ce Monde malade…