Changer le monde déréglé [i] «Une telle économie sociale n’aurait rien à craindre d’une globalisation qui profiterait vraiment à tous»

Par défaut

Proverbe africain :
« Si tu veux aller vite, avance seul. Si tu veux aller loin, avance uni »

Tout ce qui est rapporté (des extraits, cela va sans dire) ci-dessous est «adaptable» au Monde Entier…

En introduction de ce que je souhaite aborder (pour les nouveaux lecteurs [ii]), j’ai pris comme document de base, «La Société Civile, le 3ème pouvoir» de Nicanor Perlas, Prix Nobel Alternatif en 2003, qui insiste sur la force culturelle de la société civile qui en fait un troisième élément de la société à côté de l’état et de l’économie.

Ce document a été extrait d’informations sur le mouvement altermondialiste, ou altermondialisme, qui est un mouvement social composé d’acteurs très divers qui proposent pour l’essentiel un ensemble de valeurs «sociales» et soucieuses de l’environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu’ils analysent comme les «logiques économiques de la mondialisation néolibérale».

La triarticulation sociale pour un développement durable et intégral
Pour un développement durable et intégral, les trois institutions-clés Culture, Economie et Etat représentent les trois sphères  de la société et de ce fait potentiellement l’intégrité de la vie sociale.
Ces trois  sphères apporteront les perspectives qui leur sont spécifiquement  appropriées.

  • Le monde de l’entreprise sera porteur des préoccupations  économiques.
  • Le gouvernement sera porteur des préoccupations politiques.
  • La société civile sera porteuse des préoccupations culturelles, sociales,  écologiques, humaines, et spirituelles.

Le développement durable et intégral prend par conséquent en compte les sept dimensions du développement: économique, politique, culturel, social, écologique, humain, et spirituel.
Le processus complet et authentique d’une triarticulation nécessite la  participation significative et véritable des trois institutions-clefs de la société,  dont les partenaires sont conscients de quelle sphère sociale est la leur.
Dans la triarticulation, la substance est complète si elle recèle les différentes  dimensions du développement.
Toutes les dimensions du  développement ne peuvent pas être atteintes d’emblée. Mais elles doivent être  prises consciemment en considération dans le processus et la substance de la  triarticulation.
La triarticulation, passe par trois phases- de fait d’abord, puis consciente et enfin avancée – et il  en ressort que les manifestations concrètes, réelles peuvent varier dans le temps et dans l’espace, en fonction des conditions  réelles de la vie sociale.
Dans la triarticulation de fait, la société civile évolue sur un mode critique et souvent  » de rejet ». La Bataille de Seattle est l’un des meilleurs exemples de triarticulation de fait : Ensemble contre le déficit démocratique
La triarticulation consciente advient quand les trois pouvoirs institutionnels  reconnaissent que la société a trois sphères et qu’elles sont les trois  institutions-clefs de ces trois sphères sociales. La substance de la triarticulation consciente prendra progressivement en  compte les sept dimensions du développement. La politique et l’économie  resteront tout à fait prises au sérieux. Mais les considérations écologiques,  sociales, culturelles, humaines et spirituelles entreront de plus en plus dans le  programme comme des particularités des efforts de développement durable et  intégral. Dans la triarticulation consciente, la société civile se trouve dans un mode  d’engagement critique. L’Agenda 21 philippin est un exemple de triarticulation  consciente appliquée.
La triarticulation avancée est la phase adulte de triarticulation envisagée  dans une perspective de développement ou d’évolution. Dans la triarticulation  au stade avancé, la confiance et le respect mutuels sont établis et  institutionnalisés, ce qui doit encore être sans cesse travaillé dans la  triarticulation consciente. Dans la triarticulation avancée, la substance des  différentes sphères représentées par les trois institutions-clefs est si bien  comprise que les nouvelles initiatives, créatives bien que radicales,  commencent à déterminer la substance du processus de triarticulation, et cette  détermination sera de plus en plus précise.

[Un Autre Livre] Nicanor Perlas : une nouvelle dynamique sociétale
Outils et réflexions Sylvette ESCAZAUX
Comment parvenir à une transformation de notre société dans un monde dominé par des macro-processus sur lesquels nous n’avons pas prise ?
Comment surmonter le désespoir et vaincre l’apathie ?
En d’autres mots : Comment agir dans le monde ?
Ce sont ces questions de fond qu’ont explorées un groupe de citoyens réunis autour de Nicanor Perlas*. À partir de cette expérience collective, l’auteur a extrait des repères pour un positionnement et une action dans le monde, pour tout citoyen concerné par les défis de notre époque : une vision, des réponses, et des outils.
Celles et ceux qui perçoivent la nécessité de tenir compte de toutes les dimensions de l’être et de s’y relier pour relever les défis actuels, qui ne se résignent pas à la destruction imprimée par la logique économique, trouveront une nourriture essentielle dans ce livre.
Il n’élude aucun obstacle : la réflexion centrale sur l’identité ; les conflits au sein des collectifs du mouvement social ; être socialement créatif ; « créer le futur » ; les entraves aux initiatives créatrices de la société civile.
Il introduit une vision assignant un rôle spécifique aux trois sphères de la société : politique, économique et culturelle (la société civile).
En phase avec la dynamique des « créatifs culturels », se profilent des pistes d’actions citoyennes fécondes et durables.Engagée par conviction dans les réseaux de la société civile luttant pour le respect du vivant, Sylvette Escazaux participe depuis 2003 au réseau de développement de la triarticulation sociale initié par Nicanor Perlas, aux mouvements de résistance aux cultures OGM, et de promotion de l’agriculture biologique (Nature et Progrès).
* Agronome de formation, Nicanor PERLAS est prix Nobel de la paix alternatif en 2003 pour son travail remarquable de médiation sociale aux Philippines.
Éditions Yves Michel – Collection société civile – 12 x 22 cm – 978 2913492 70 7 – 130 p. 11 €

Le MOUVES (2010)
Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) est un mouvement de personnes qui se retrouvent sur des valeurs, des pratiques et la volonté de construire une économie humaine qui réponde efficacement aux besoins de la société : emploi, santé, éducation, dépendance, logement, alimentation, etc.
Le Mouves veut fédéreret représenter les entrepreneurs sociaux. Des entrepreneurs qui portent une vision, prennent des risques, développent et innovent, managent des équipes. Des entrepreneurs motivés avant tout par l’intérêt général, pour qui le profit est un moyen et pas une fin en soi. Des entrepreneurs qui partagent équitablement les richesses qu’ils créent.
Dispersés, cloisonnés, isolés, les entrepreneurs sociaux n’arrivent pas encore à mobiliser l’opinion, à influencer les décideurs, à rendre visibles leurs pratiques et leurs solutions. Ensemble, ils peuvent être plus forts et plus audibles. Ils peuvent agir pour changer la donne. C’est pourquoi a été créé le Mouves, dans la lignée du Livre Blanc pour développer l’entrepreneuriat social (Avise, 2009).
Le Mouvement des entrepreneurs sociaux veut démultiplier et faire grandir les entrepreneurs sociaux en œuvrant dans deux directions : révéler le métier d’entrepreneur social et donner envie de l’exercer ; créer un environnement favorable au développement de l’entrepreneuriat social. Lancé officiellement le 2 février 2010, il compte actuellement plus de 250 adhérents. Le Mouves vise 1000 adhérents pour 2013.
Accéder à la Brochure de présentation du Mouves – 2010
Reportages et Témoignages
Dont celui de Arnaud Poissonnier de Babyloan et YOUPHIL

Le réseau mondial pour la triarticulation sociale (GlobeNet3 ou GN3)
Juillet 2002
La planète doit relever de périlleux défis alors qu’elle entame le 21e siècle. Des dizaines d’aspects de la situation mondiale présentent un caractère d’urgence et réclament notre attention. Au tout premier rang de ces défis viennent ceux de la mondialisation économique élitaire, le déclin des états nationaux, et le «choc des civilisations» devenu dramatique lors des attentats du 11 Septembre 2001. Tous ces défis se présentent dans le contexte de la résurgence de la domination sociale mondiale des USA. Ces quatre forces directrices influencent profondément les autres aspects de la situation du monde avec la destruction écologique massive et l’appauvrissement social et spirituel de millions d’êtres humains. Ces divers aspects de la situation du monde à la fois d’ordre économique, politique, culturel, social, écologique, humain et spirituel ont plongé et plongent toujours plus le monde dans le désordre et au chaos. Des millions de vies sont affectées et l’avenir de la Terre est suspendu à un fil.
Parce qu’ils se sentent concernés, des individus de différents pays[i] à travers le monde se sont rassemblés pour apporter une contribution constructive à ces problèmes mondiaux. Ils partent de la vision d’un développement intégré et viable au moyen de la triarticulation sociale. Ils constituent le Réseau Mondial pour la Triarticulation Sociale (GlobeNet3 ou GN3).
GN3 milite pour un développement intégré et viable, une approche qui engage tous les aspects du développement : écologique, économique, politique, culturel, social, humain et spirituel. En tant que réseau, GN3 cherche à faire progresser la triarticulation sociale, soit par une résistance de la société civile aux tendances totalitaires de l’état et du marché soit, là où c’est approprié, par un engagement critique de la société civile aux côtés du monde des affaires et des gouvernements pour résoudre les problèmes sociaux en se donnant pour principe de travailler dans une atmosphère de coopération et de respect mutuel. Le fondement de cette double possibilité, résistance ou coopération, est l’émergence de la société civile en tant que troisième force mondiale, rejoignant l’état et le marché pour former les trois forces-clé qui aujourd’hui sont sont les maîtres d’œuvre de la mondialisation.

Institut pour une triarticulation sociale (triarticulation.org)
Rudolf Steiner a posé en 1919 les bases conceptuelles de la triarticulation sociale. Nous avons l’intention de documenter l’ensemble de ses écrits de l’époque et commençons par son oeuvre principale, les Aspects fondamentaux de la question sociale (Kernpunkte der sozialen Frage).
Dans ce livre Steiner répond au marxisme qui réduit la question sociale à sa seule dimension économique en démontrant que le mouvement marxisme lui-même est la preuve du contraire. Celui ci repose en effet – contrairement aux mouvements sociaux qui l’ont précédé – sur une théorie et philosophie des plus complexes, qui montre surtout la soif intellectuelle des ouvriers. Steiner en conclut de l’existence d’une triple question sociale – économique, spirituelle et juridique – et surtout de la nécessité de traiter ces questions de manière indépendante. Changer l’économie devient illusoire, dès que l’on s’imagine avoir du même coup réglé les questions d’ordre juridique et spirituel.
Dans les chapitres reproduits ici, Steiner prend pour exemple le rapport entre l’initiative individuelle de l’entrepreneur, le droit du travail et une régulation associative des prix. Une telle économie sociale n’aurait rien à craindre d’une globalisation qui profiterait vraiment à tous. Le capital et le travail humain ayant cessé d’être traités comme une marchandise, plus rien ne s’opposerait à une économie mondiale.
Steiner tire les conséquences de son concept de triarticulation sociale dans un dernier chapitre sur les relations internationales. Les cultures et spiritualités doivent établir entre elles des relations qui ne dépendent plus de celles entre les Etats ou des échanges économiques. Un marché mondial ne signifie pas automatiquement une paix mondiale.
L’effondrement du socialisme et du World Trade Center montre la pertinence d’une telle mise en garde. Le primat de l’économie est la superstition des temps modernes.

Aspects fondamentaux de la question sociale
Rudolf Steiner, 1919
Traduction française révisée par Sylvain Coiplet, 1999-2001
Préface et introduction
Remarques préliminaires sur l’intention de cet ouvrage
1. Le véritable aspect de la question sociale, telle qu’elle se pose dans la vie de l’humanité moderne
2. A propos des questions et nécessités sociales,
recherche des solutions exigées par la vie et conformes à la réalité

3. Le capitalisme et les idées sociales
4. Relations internationales des organismes sociaux

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[i] Je me suis inspirée du livre d’Amin Maalouf «Le dérèglement du Monde»  que l’auteur introduit ainsi «Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole». L’humanité aurait-elle atteint son «seuil d’incompétence morale ?»

[ii] C’est en 2009 que j’ai évoqué ce document de Nicanor Perlas: Et nous, semble-t-il, nous en sommes à cette phase là. Mais moi, je suis adepte, en tout cas j’essaie, du «Lamentons-nous sur notre sort 5 mn –chrono en main – et ensuite nous avançons». Entendu dans le film «Rencontres à Elizabethtown» : Chacun a droit à l’échec. Mais réussir un vrai fiasco, rater un projet de longue haleine auquel on croyait dur comme fer, ruiner d’un coup des centaines de vies, couler une boîte en 24 heures demande des dispositions particulières. Par analogie à la situation à Madagascar depuis ces presque 10 dernières années : 2002-2008 = projet MAP puis 2009-2011 = ruine totale. Lire aussi De Madagascar Vision 2030 en 1995 à Vientiane, Laos Vision 2030 en 2011