«Réformer intelligemment les sacro-saintes règles du capitalisme, c’est reconnaitre que quelque chose ne va pas dans l’oligarchie financière et industrielle»

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Ces propos ont été extraits d’un commentaire lu sur un article à propos de la Responsabilité limitée des sociétés
Excellent article qui a le mérite de bien poser le problème.
Voilà une manière pour les libéraux de réinvestir le champ politique avec des propositions concrètes. Certaines risquant même de prendre la gauche à contre-pied : réformer intelligemment les sacro-saintes règles du capitalisme, c’est reconnaitre que quelque chose ne va pas dans l’oligarchie financière et industrielle. Or l’opinion est manifestement réceptive à ce type de message. Elle se tourne vers les solutions simplistes de la redistribution coercitive parce qu’il n’y a pas d’autre offre politique sur le marché.
J’apporterais toutefois un bémol « de gauche » à ton projet de responsabilité illimitée, en me plaçant sous l’angle du Droit Naturel le mieux adapté à la Nature Humaine. Je crois que les libéraux classiques ont trop insisté sur la notion de responsabilité. L’Homme est également irresponsable par nature, et il est parfois très créatif lorsqu’il est déresponsabilisé. Le cadre juridique de la RL ne me parait donc pas à jeter. Il faut seulement le réformer pour les grosses sociétés de capitaux et pour les banques, en faisant en sorte qu’il n’y ait pas d’effets de seuils. Je n’ai pas la solution…

C’est donc dans cette optique – Je n’ai pas la solution pour reprendre les termes de la personne qui a commenté – que je vous propose à la lecture aujourd’hui des extraits d’articles relevés sur le site d’Un Monde Libre dont j’ai déjà eu l’occasion de parler  :

Un Monde Libre «Se prendre pour Steve Jobs en Inde, Mettre en œuvre des stratégies de croissance en Afrique, à l’ère de la mondialisation»

Parler à ma place «Robert Bourgi : Ca sent les boules puantes» – «La lumière doit être faite et le Chef de l’Etat s’expliquer»

De la crise alimentaire à la crise de (mauvaise) foi pour terminer avec la crise du virtuel – «Moi, le crayon»

Page connexe «Changer le monde»

Voici donc les extraits des articles en question.

Les USA n’échapperont pas à la crise européenne
Gerald P. O’Driscoll Jr. – Le 4 novembre 2011.
Quand un plan de sauvetage n’est-il pas un plan de sauvetage ? Lorsque le sauveteur est à court de fonds. Le plan pour régler le problème de la dette annoncé récemment dans l’Union européenne est intenable à presque tous les égards.
La crise de la dette n’est pas seulement un problème européen, mais une crise financière outre-Atlantique. Les problèmes de dette écrasante de chaque côté de l’océan sont interconnectés par le système bancaire.  
[…]
Les Américains ne doivent pas se montrer suffisants à l’égard de la souffrance des Européens, car le système financier US est complètement intégré avec le leur. Par ailleurs, dans le cas de futurs renflouements, le Fonds monétaire international sera probablement impliqué et aura besoin de fonds importants de la part de ses membres, ce qui signifie en définitive les contribuables.
Et, bien sûr, les Etats-Unis ont leur propre fardeau de la dette publique, important et croissant. Les USA n’ont pas été aussi loin que l’Europe sur la route des droits sociaux non financés, mais ils la rattrapons. Pour avoir une idée de comment la crise de la dette va se jouer aux États-Unis, il suffit de regarder le maelström en Europe.
D’ici là, il faut s’attendre à davantage de volatilité sur les marchés financiers. Les traders américains, en particulier, n’ont tout simplement pas saisi l’ampleur de la crise de la dette de l’UE.
Gerald P. O’Driscoll, est analyste au Cato Institute, et un ancien vice-président de la Federal Reserve Bank de Dallas et plus tard de la Citibank.

Libéralisme et démocratie en Afrique (Vidéos)
Le 3 novembre 2011
Le libéralisme est-il impossible en Afrique ? Est-il incompatible avec ses institutions traditionnelles ? La Côte d’Ivoire connaît-elle enfin la démocratie après toutes ces années de crise ? Autant de questions traitées par le Professeur Pascal Salin et le Professeur Mamadou Koulibaly.

Quand la Chine l’aidera… l’Europe s’en repentira
Sophie Quintin-Adali – Le 1er novembre 2011.
Le battage médiatique a consacré le sommet européen de la semaine dernière, comme beaucoup avant lui, de réunion de la « dernière chance ». Pour sortir de ce vortex de dette souveraine auto-infligée, l’élite européenne imbue de théorie keynésienne, insiste sur le fait que nous devons engager davantage de dette et devons avoir un plan de grande taille. Est-ce la solution? Le mécanisme de sauvetage proposé (FESF) n’est pas seulement antidémocratique, comme les Grecs vont nous le rappeler par référendum après le revirement de Papandréou. Il est fondé sur le soutien financier du Parti communiste chinois. Si c’est cela la route vers l’intégration, nous ferions bien d’occuper Bruxelles dès maintenant!
[…]
Le dernier plan a été vendu comme le «triomphe de la politique sur les marchés».  Ajoutant sa voix au concert en faveur de toujours davantage d’intervention publique, l’influent philosophe constructiviste Jürgen Habermas professe que «L’UE ne peut s’affirmer contre la spéculation financière que si elle obtient les compétences politiques de guidage» (Le Monde, 25/10/2011). (1) Eh bien, «guidage» dans le monde réel s’est toujours traduit par la centralisation de la prise de décision et moins de liberté. L’UE réelle envisage maintenant d’entrer dans la centralisation.
[…]
Le président Mao doit joyeusement se retourner dans sa tombe. Un ancien camarade, le président Barroso, se tenait à l’apex de l’Euro-Léviathan et annonçait fièrement que « dans ces moments les plus difficiles [ou intéressants ?], nous pouvons nous unir ». En effet. Mais l’unité sans la liberté économique est le certificat de décès d’une Union Européenne libre et démocratique. Mais qui sait ? On nous avait annoncé que nos dirigeants avaient mis fin à la crise, que le monde avait été sauvé par cet accord de la dernière heure. Pourtant, l’intrigue de l’UE se complique avec la possibilité désormais donnée au peuple grec (par le premier Ministre grec) de faire entendre sa voix lors d’un référendum. Espérons que la mort lente de la démocratie européenne sera stoppée là où tout a commencé, à Athènes.
Sophie Quintin-Adali est analyste sur www.UnMondeLibre.org
(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/25/rendons-l-europe-plus-dem…

Responsabilisation contre réglementation financières : allons jusqu’au bout !
Patrick Madrolle – Le 31 octobre 2011.
Et si outre la politique monétaire, outre la fiscalité des valeurs mobilières, un autre facteur d’irresponsabilité massive au sein du système bancaire prospérait sous nos yeux ? Si ce facteur d’irresponsabilité était la société anonyme, ou plus généralement la responsabilité limitée ? Créée en France en 1807, appliquée à la banque pour la première fois en 1852 au Crédit foncier de France. Si elle était, à y regarder de près, absolument contraire aux principes les plus élémentaires du capitalisme ? Si enfin pour les grandes sociétés, elle était remplaçable par une forme comparable à la responsabilité illimitée, ne serait-il pas absolument nécessaire de la remettre en cause ?
[…]
Condamner la responsabilité limitée pour ses défauts n’est pas suffisant, elle a une qualité certaine : attirer les petits détenteurs de capitaux en vue de constituer les entreprises de taille nécessaire à des investissements lourds. Il faut donc, pour que la critique ne soit pas vaine proposer un substitut viable à la société anonyme, capable d’assurer la responsabilité illimitée sans sacrifier cet atout. J’entends par responsabilité illimitée une forme de société pour laquelle les statuts prévoient, qui des dirigeants et des actionnaires, et dans quelle proportion, se répartiront la dette restante en cas de liquidation.
[…]
Pour qu’une telle solution fonctionne bien, il faut encore trois conditions. Premièrement, que la répartition de la dette entre les actionnaires se fasse en proportion de leurs droits de votes, afin qu’une cotation des titres reflète cette information. Secondement, qu’un certain nombre d’actionnaires (ou toute autre groupe de personnes prévu dans les statuts) puisse avoir un droit d’initiative en assemblée générale. Troisièmement, que les actionnaires ou dirigeants sous forme de personnes morales à responsabilité limitée payent jusqu’à liquidation et en cascade. Que, au delà, leurs dirigeants assument la responsabilité personnelle de ces dettes. A chaque dirigeant d’avoir la politique contractuelle et managériale appropriée pour réduire ces risques.
Patrick Madrolle est analyste à l’Institut Turgot. On lira en complément cet article

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