La Démocratie vue sous 3 angles : The Lady – Leonard Cohen – Démocratie dysfonctionnelle de la France

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Au départ, j’ai envisagé de mettre ce post directement sur ma page «Démocratie» et après réflexion, je me suis dit que cela méritait quand même votre attention à sa lecture. Ma manière à moi de parler de Démocratie, à l’instar/et ou à l’insu de son plein gré, de Citoyenne🙂🙂🙂

Non parce qu’il faut ABSOLUMENT – vous m’entendez – que vous lisiez si vous ne l’avez pas encore fait son post «Epeler la Démocratie». Voilà, je l’ai dit !!!

The Lady

Date de sortie 30 novembre 2011 (2h 07min)
Réalisé par Luc Besson
Avec Michelle Yeoh, David Thewlis, Jonathan Raggett
Genre : Biopic, Drame
Nationalité : Franco-britannique

J’ai pris au vol le making of du film The Lady sur Allocine.tv (non, pas le site, la chaîne !). Il s’agit de la «vie» de la Birmane Aung San Suu Kyi.

Eric Besson : «Il s’agit pour moi d’un acte un peu militant : nous avons le droit de vote, eux (les Birmans) ne l’ont pas. Cela nous fait revenir aux valeurs essentielles en ligne de mire : la démocratie».
Michelle Yeoh : «J’ai envoyé le script à Eric Besson, il m’a dit qu’il l’a lu d’une traite et qu’il a pleuré. Alors c’est dire d’une personne aussi chevronnée que lui. Je suis allée à Oxford, arpenter tous les endroits possiblement fréquentés par Aung San Suu Kyi. Et j’ai posé des questions à des gens qui ne l’ont pas vue depuis 22 ans !!! Nous avons créé un groupe de personnes impliquées dans le film, nous en avons fait une approche aussi respectueuse que possible de la réalité»
David Thewlis «Au plus profond de nous, nous n’avons jamais cru à la libération de Aung San Suu Kyi et quand cela s’est réellement passé le 30 novembre 2010 (le tournage n’était pas encore tout à fait terminé), nous avons tous été très émus. Par le passé, la junte birmane a déjà prouvé sa capacité à prolonger la peine de Aung San Suu Kyi pour toutes les raisons possibles et imaginables…»

Leonard Cohen Live In London | Democracy | PBS


Ajoutée par PBS le 21 juil. 2009
Leonard Cohen performs « Democracy » in the new PBS special LEONARD COHEN LIVE IN LONDON. In 2008, Leonard Cohen, the influential singer/songwriter whose career spans four decades, embarked on his first tour in 15 years. Fans and critics alike hailed the show as a once in a lifetime experience. Now, viewers have a front row seat when PBS presents LEONARD COHEN LIVE IN LONDON, recorded live on July 17, 2008, at London’s 02 Arena, one of Europe’s largest indoor venues. The special premieres August 1 and airs throughout August 2009 on most PBS stations. Check local listings for dates and times in your area at pbs.org. You can help PBS continue to offer everyone — from every walk of life — the opportunity to experience amazing performances and explore new ideas through television and online content. To donate, please visit http://www.pbs.org/support

« Democracy » – Lyrics

It’s coming through a hole in the air,
from those nights in Tiananmen Square.
It’s coming from the feel
that this ain’t exactly real,
or it’s real, but it ain’t exactly there.
From the wars against disorder,
from the sirens night and day,
from the fires of the homeless,
from the ashes of the gay:
Democracy is coming to the U.S.A.
It’s coming through a crack in the wall;
on a visionary flood of alcohol;
from the staggering account
of the Sermon on the Mount
which I don’t pretend to understand at all.
It’s coming from the silence
on the dock of the bay,
from the brave, the bold, the battered
heart of Chevrolet:
Democracy is coming to the U.S.A.

It’s coming from the sorrow in the street,
the holy places where the races meet;
from the homicidal bitchin’
that goes down in every kitchen
to determine who will serve and who will eat.
From the wells of disappointment
where the women kneel to pray
for the grace of God in the desert here
and the desert far away:
Democracy is coming to the U.S.A.

Sail on, sail on
O mighty Ship of State!
To the Shores of Need
Past the Reefs of Greed
Through the Squalls of Hate
Sail on, sail on, sail on, sail on.

It’s coming to America first,
the cradle of the best and of the worst.
It’s here they got the range
and the machinery for change
and it’s here they got the spiritual thirst.
It’s here the family’s broken
and it’s here the lonely say
that the heart has got to open
in a fundamental way:
Democracy is coming to the U.S.A.

It’s coming from the women and the men.
O baby, we’ll be making love again.
We’ll be going down so deep
the river’s going to weep,
and the mountain’s going to shout Amen!
It’s coming like the tidal flood
beneath the lunar sway,
imperial, mysterious,
in amorous array:
Democracy is coming to the U.S.A.

Sail on, sail on …

I’m sentimental, if you know what I mean
I love the country but I can’t stand the scene.
And I’m neither left or right
I’m just staying home tonight,
getting lost in that hopeless little screen.
But I’m stubborn as those garbage bags
that Time cannot decay,
I’m junk but I’m still holding up
this little wild bouquet:
Democracy is coming to the U.S.A.

Démocratie dysfonctionnelle

Un monde libre
Le 8 novembre 2011 – Le mouvement des indignés conspue le capitalisme comme cause de la crise actuelle. C’est en réalité le capitalisme de copinage (le crony capitalism) dans lequel les profits sont privatisés et les pertes socialisées qu’il faut critiquer. Mais surtout, la situation actuelle des États providence au bord de la faillite a davantage à voir avec les dysfonctionnements profonds de la démocratie de ces États. La France est d’ailleurs de ce point de vue un exemple typique. Au moins quatre séries de raisons peuvent expliquer comment la France est devenue une « démocratie dysfonctionnelle ».

1. D’abord, l’institution première de la démocratie qu’est le Parlement n’y joue pas son rôle – consistant à lier les mains du gouvernement et de l’administration en matière de dépenses. Cela a d’abord à voir avec le fait que la Vème république, comme le rappelait Jean-François Revel, est un régime hyper présidentiel dans lequel par définition le Parlement reste quasi spectateur. Le cumul des mandats des « représentants du peuple » empêche par ailleurs ces derniers de se consacrer sérieusement à leurs dossiers et leur fournit des incitations à user de leur position au parlement pour servir de lobbyiste en faveur des intérêts locaux (dans leur mairie, leur conseil général etc.) plutôt que l’intérêt national. Ensuite, comme le rappelle Agnès Verdier-Moliné la séparation des organes censés contrôler la dépense entre ceux ayant le pouvoir de contrôler (comme le Comité d’évaluation et de contrôle de la dépense publique) et ceux ayant les moyens de contrôler (La Cour des comptes, dont les rapports ne servent que très peu au Parlement) garantit l’inefficacité du contrôle !

2. L’administration en France s’est transformée en véritable lobby contre la réforme. Le nombre de fonctionnaires (plus de 5 millions) a indéniablement un effet d’inertie. Ensuite, l’évaluation de l’efficacité de l’administration, cruciale pour le contrat démocratique, est freinée par l’administration elle-même. L’évolution du nombre de fonctionnaires entre 1980 et 2008 témoigne de l’irrationalité du système : un rythme deux fois plus élevé que le celui de l’emploi global, avec un accroissement dans les collectivités territoriales (+71%) non compensé par une baisse au niveau de l’État (+14%). Les « cerveaux de la nation », les Énarques, seraient-ils inefficaces dans leur tâche d’administrateurs ? Comme l’a souvent souligné Nicolas Lecaussin, ils sont tous formés dans le même moule dirigiste. Or, la démocratie, c’est aussi le débat intellectuel dans l’élite. Pas en France : « pensée unique ». Et le débat politique est lui aussi victime d’une espèce de monopole des fonctionnaires, qui n’ont pas à démissionner pour se présenter aux élections – avantage non négligeable par rapport au privé.

3. La décentralisation à la française c’est à dire sans autonomie ni responsabilisation, a permis d’élargir l’épaisseur du mille-feuilles administratif. Plus complexe, avec des financements croisés le rendant illisible, sans définition stricte et limitative des prérogatives possibles de chaque « étage » entrainant la redondance plutôt que la spécialisation administrative, sans réelle autonomie budgétaire (on décide avec l’argent des autres, ce qui n’est jamais la meilleure des incitations) : le lien entre dépense publique et impôt, fondement du contrat démocratique, est brisé. C’est bien plus la course à la dépense électoraliste (création d’ « emplois », subventions, arrosage d’associations diverses etc.) qui prime dans un tel système.
4. Le modèle social français est aussi problématique. Corporatiste et conservateur, comme l’ont décrit Pierre Cahuc et Yann Algan, il génère une société de statuts et de distinctions : un modèle « pré-révolutionnaire » qui nous revient de … Vichy. Inégalités de régimes, privilèges de castes, tout cela géré de manière centralisée par l’État, autant d’ingrédients pour générer petites jalousies et défiance entre groupes (et donc au sein de la société) et donc empêcher un dialogue social véritable et démocratique. Autant dire que, dans un tel contexte, la formation du consensus sur la réforme pour rationaliser la dépense publique tient de l’impossible. D’autant que des acteurs essentiels du « dialogue social », les syndicats, sont eux-mêmes déresponsabilisés : ils ont un pouvoir démesuré au regard du fait qu’ils ne représentent que 7% de la population active et sont donc financés avec l’argent des autres, ce qui, une fois encore, n’est pas la meilleure des incitations pour un comportement responsable. Enfin, notre modèle social laisse 50 % des foyers payer l’impôt sur le revenu – celui qui « fait mal », ce qui donne sans doute l’impression à la deuxième moitié que c’est, là encore, finalement avec l’argent des autres que les décisions sont prises. A nouveau, le contrat démocratique est brisé.

Pour ces raisons, la France est peu à peu devenue une démocratie dysfonctionnelle. Et c’est pour cela qu’elle n’arrive pas à se réformer de manière sérieuse. Et c’est pour cela que les plans successifs d’austérité touchent essentiellement les poches des contribuables plutôt que de l’administration. Et c’est pour cela que le AAA va bientôt être perdu.

  1. Pingback: Leonard Cohen à l’Olympia – Old Ideas World Tour « My Blog de peregrinations

  2. tu m’as pris les mots de MA bouche !!! Je me suis réservée cette expression quand j’aurai fini d’épeler la Démocratie🙂

    mais c’est vrai, à cause de Citoyenne, je cherche à savoir ce que c’est la démocratie…