Nos consciences « vues » par Pierre Rabhi, James Lee Burke et Sylvestre Amoussou

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Appel à l’insurrection des consciences : Un message de Pierre Rabhi

A défaut de pouvoir assister aux interventions de Pierre Rabhi comme je l’ai déjà dit dans ce billet , je vous propose de visionner cette vidéo que j’ai trouvée récemment sur Youtube.


Ajoutée par axelroduit le 26 juin 2010
Agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agriculture biologique. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d’Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd’hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l’initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, du Sahara aux Cévennes, Conscience et Environnement ou Graines de Possibles, co-signé avec Nicolas Hulot.
Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à l' »insurrection des consciences » pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l’échec de la condition générale de l’humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l’importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une «sobriété heureuse».
Cette vidéo est la cinquième partie d’un entretien réalisé par Eric Nanchen et Axel Roduit de la Fondation pour le Développement Durable des Régions de Montagne (FDDM), le 18 juin 2010 à Martigny, Suisse, dans le cadre du forum pour une culture de paix.
Entretien intégral sur http://www.vimeo.com/12869687
Le site de Pierre Rabhi
http://www.pierrerabhi.org/blog
http://www.facebook.com/pages/Pierre-Rabhi/148621088294?ref=ts
http://www.colibris-lemouvement.org
Production: Fondation pour le développement durable des régions de montagnes (FDDM)
http://www.fddm.ch
http://www.facebook.com/FDDMvs
Réalisation: Axel Roduit – juin 2010

«Les grandes nations, les démocraties, ne créent pas la pauvreté, c’est pourtant l’inverse qui se produit.»

Ces propos ont été entendus dans le documentaire James Lee Burke – Louisiana Stories réalisé en 2007 et rediffusé actuellement sur cine+ premier
Bertrand Tavernier dit qu’il a découvert James Lee Burke  il y a une dizaine d’années. Il a réalisé un film « Dans la brume électrique » basé sur l’un des romans de l’écrivain, dont le rôle principal est joué par Tommy Lee Jones. Ce film est également actuellement diffusé sur ciné+ premier.

Quelques extraits du documentaire.

Ce qu’on appelle le polar est en fait le roman sociologique des années 90, voire du début du 21ème siècle, qui a remplacé le roman sociologique des années 30-40.
Les Américains aiment les romans noirs comme les Britanniques aiment Robin des Bois.
Le principe des romans noirs fonctionne comme dans le western : il y a toujours le bon, la brute, le truand.
J’entends souvent dire que mes livres sont violents. Les gens intelligents n’ont recours à la violence qu’en dernier recours. Si Dave Robicheaux  a recours à la violence dans mes livres, c’est qu’il veut défendre les autres, il veut les protéger.
[…]
Les USA sont le numéro 1 de la vente d’armes au monde. La France et l’Angleterre se débrouillent bien aussi mais nous sommes les 1ers. La Louisiane est un état pauvre, je ne pense pas que les fondateurs de ce pays aient voulu cela. Le fait est que le pouvoir appartient au pétrochimique. La Louisiane est monnayable, c’est pour cela qu’elle est proche des pays du Tiers Monde.
La Lousiane est magnifique mais l’environnement a été terriblement malmené ici. Cela changera un jour mais je ne pense pas que je le verrai de mon vivant.
Depuis Reagan et surtout depuis les 10 dernières années, donc de W Bush, la criminalité a augmenté. La Nouvelle Orléans est devenue la ville la plus dangereuse du pays depuis Katrina.
[…]
Ce que je ressens depuis l’avènement de Bush, c’est le transfert d’énormes capitaux pour créer un empire pétrochimique. C’est le pétrochimique, ce sont les multinationales qui gouvernent ce pays. D’où l’augmentation des très pauvres comme celle des très riches. Les grandes nations, les démocraties ne créent pas la pauvreté, c’est pourtant l’inverse qui se produit.
Je le vois au cimetière où il cherche la tombe de sa tante dont il dit qu’elle s’est battue pour les Noirs de son vivant. Ma tante disait que les Blancs ont commis un péché capital envers les Noirs et les générations futures en souffriront.
Il parle ainsi de la ségrégation y compris dans la mort. Il n’y a pas de Noirs ici (au cimetière). Ce qu’il y a, c’est qu’il y a beaucoup de Blancs qui ont eu des enfants métis. Pourquoi exclure ceux à qui vous confiez vos enfants parce que vous n’avez pas confiance aux gens de votre propre race ? Ca n’a aucun sens.
L’ironie aux USA dit James Lee Burke c’est que nous les Blancs ici en Louisiane, nous aimons collectivement les Noirs mais avons peur d’eux individuellement. A l’inverse du Nord où les Noirs font peur collectivement mais sont aimés individuellement.
C’est la question sociale depuis la guerre de Sécession et le restera.

INCORRUPTIBLE…

Entretien de Karine Blanchon avec Sylvestre Amoussou – Africultures
Rencontre avec Sylvestre Amoussou, acteur et réalisateur originaire du Bénin, à l’occasion de la sortie parisienne de son film Un pas en avant – les dessous de la corruption [i]qui lui a valu le prix d’interprétation masculine au dernier FESPACO.

Extraits.

La Françafrique revient souvent dans vos films, pourquoi ?
Il y a beaucoup de mensonges, de manipulation et on est pris dans un engrenage sans fin. Il est tant que les Africains inventent une autre façon de gouverner et qu’ils se rendent compte qu’ils ont aussi leur rôle à jouer dans la mondialisation d’aujourd’hui.
Dans Un Pas en avant – les dessous de la corruption, vous abordez ce sujet sur un ton léger, pourquoi ?
J’ai choisi le ton de la légèreté pour dire des choses graves car ça passe beaucoup mieux. Si j’étais Américain ou Européen, on aurait parlé de mon style mais là on me reproche d’utiliser la légèreté. Pourtant, ce n’est pas le ton que j’emploie dans le film qui agace, c’est le sujet, alors que mon but est de divertir les spectateurs tout en les amenant à réfléchir. Je donne des clefs pour ouvrir à une discussion, à un débat. Je ne dis pas que je détiens la vérité mais c’est un sujet qui nous touche. J’ai écrit ce film avant qu’on ne parle des valises de la Françafrique, tout comme j’avais parlé de la crise économique dans Africa Paradis avant qu’elle n’arrive en Europe. Je suis à l’écoute de nos populations, donc en tant que cinéaste je me réapproprie ce que les gens disent et j’analyse, je synthétise et puis j’en fais des films. Je n’ai pas la prétention de donner des leçons aux gens. Je soulève des sujets qui interpellent. Je suis concerné par ce qui se passe en Afrique et par ce qui se passe dans la mondialisation parce qu’on ne peut pas rester renfermer sur nous-même et on ne peut pas dire que l’Afrique est en marge de la planète. On continue de piller le continent africain, on continue à nous mettre à l’écart et à nous donner des leçons. C’est un film de divertissement qui a un fond, un message porteur. Peut-être que je ne m’embarrasse pas de subterfuges cinématographiques mais mon but est aussi de dénoncer, de dire ce qui ne va pas dans la société.
Vous pensez vraiment que le cinéma peut inciter à une prise de conscience ?
Oui, le cinéma aide à sensibiliser à éduquer et à revendiquer. Il peut faire évoluer beaucoup de choses aussi. La jeunesse africaine est en train de se mobiliser parce qu’elle en a assez que le continent soit mis à l’écart des enjeux économiques mondiaux et qu’on nous donne des leçons de bonne gouvernance. Comme je le dis dans mon film, voter c’est faire un pas en avant.


[i] Date de sortie 9 novembre 2011 (1h 45min)
Réalisé par Sylvestre Amoussou
Avec Sylvestre Amoussou, Thierry Desroses, Sandra Adjaho
Genre Comédie
Nationalité Béninois

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  3. Bonjour Ō mon fidèle lecteur et commentateur !

    Quelle belle tirade ton commentaire ! Je ne plaisante pas…

    Ce que tu dis là me fait penser au film « Et maintenant on va où ? » à l’échelle planétaire, tant au niveau de la question qu’au niveau de la révolution féminine, la bataille du 21ème siècle ! Si tu ne l’as pas vu, ce film parle de la bataille des femmes d’un petit village musulmano-chrétien qui ont recours à toutes les astuces -y compris le haschich- pour empêcher que leurs hommes partent en guerre les uns contre les autres…

    Osons ? Un grand OUI !

    bonne journée à toi Walid

    PZ

  4. Bonjour PZ
    Viviante lecture, encore une fois.
    L’indignation d’abord (celle de S. Hessel), l’insurrection ensuite.
    Je note que le temps se couvre. Il est évident que personne n’a les bonnes réponses. Quand j’écris « personne », je pense d’abord et avant tout aux politiques de tout bord.
    Dans ma partie du monde, le cafouillage est extrême. Qui sait ce qu’il fait. Jour après jour, la puissance publique fait le constat de son… impuissance et de sa vacuité !
    Chez les donneurs de leçons, pas mieux. Ou même plutôt, c’est pis ! Tous en faillite ! A situation extrême, réactions extrêmes. L’Espagne après une piqûre socialiste de 8 ans, change de médecin. La Grèce, l’Italie l’ont précédé. La désillusion sera au bout du chemin. Pas besoin d’être grand clerc. Il y a des vérités encore orphelines. Il y a des remises drastiques que peu peuvent/veulent affronter. Le monde court. Personne ne sait derrière quoi il court. Tout le monde cravache. Peu y arrive. Beaucoup tombe. Pas grave, le monde continue sa course. A l’heure d’internet, du « tout le monde est joignable », de la circulation extrême de l’information, de la croissance du métissage, de l’accroissement historique de la mobilité humaine, que veulent encore dire les frontières ?
    Heureux, qu’il y ait des gens qui aient une pensée dissonante. Pas seulement une pensée. Des gens qui osent. Qui s’engagent. Pas évident. Hors des conversations du salon et de la toile, ils tissent, implantent, participent, rayonnent. Ils rappellent que l’autre n’est plus l’étranger, mais frère et sœur, fils et fille de la même planète. Chapeau bas.
    Osons ?
    W.