Monika Bulaj : La lumière cachée d’Afghanistan #TEDGlobal2011

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Que savons-nous vraiment de l’Afghanistan ? La photographe Monika Bulaj partage dans cette vidéo des images intimes et puissantes d’Afghanistan.
Originaire de la Pologne, Monika Bulaj raconte à travers ses voyages qu’elle fait depuis 20 ans, de l’Europe de l’Est à l’Asie Centrale jusqu’en Russie, comment elle en est arrivée à aller en Afghanistan.
Mon but est de donner une voix aux gens silencieux, de montrer les lumières cachées derrière le rideau de la grande honte, les petites guerres ignorées des médias et les profits d’un conflit mondial.
Merci.

En voici la transcription française

Mes voyages en Afghanistan ont commencé il y a bien des années sur la frontière est de mon pays,ma patrie, la Pologne. Je marchais à travers les forêts des contes de ma grand-mère. Une terre où chaque champ cache une tombe, où des millions de gens ont été déportés ou tués au 20ème siècle.
Derrière la destruction, j’ai trouvé une âme de lieux. J’ai rencontré des gens humbles. J’ai entendu leur prière et j’ai mangé leur pain. Et puis, j’ai marché vers l’est pendant 20 ans, de l’Europe de l’Est à l’Asie Centrale, en traversant les montagnes du Caucase, au Moyen Orient, en Afrique du Nord, en Russie Et j’ai rencontré encore plus de gens humbles. Et j’ai partagé leur pain et leur prière. C’est pourquoi je suis allée en Afghanistan.
Un jour, j’ai traversé le pont sur la rivière Oxus. J’étais seule et à pied. Et le soldat afghan a été si surpris de me voir qu’il a oublié de tamponner mon passeport. Mais il m’a offert une tasse de thé. Et j’ai compris que sa surprise était ma protection.
Et donc je marche et je voyage, à dos de cheval, à dos de yack, en camion, en auto-stop, de la frontière iranienne au fond, à la lisière du couloir de Wakhan. Et c’est ainsi que j’ai pu trouver noor, la lumière cachée d’Afghanistan. Ma seule arme, c’était mon carnet et mon Leica. J’ai entendu les prières des Sufis, des musulmans humbles, détestés des talibans. Rivière cachée, inter-connectée avec le mysticisme de Gibraltar à l’Inde. La mosquée où l’étranger respectueux est douché de bénédictions et de larmes, et accueilli comme un cadeau.
Que savons-nous du pays et des gens que nous prétendons protéger, des villages où le seul médicament contre la douleur et la faim est l’opium ? Voici des gens drogués à l’opium sur les toits de Kaboul, 10 ans après le début de la guerre. Voici des filles nomades qui sont devenues prostituées pour des hommes d’affaires afghans.
Que savons-nous des femmes 10 ans après la guerre ? Habillées de ce sac de nylon, fabriqué en Chine, et qu’on appelle burqa. Un jour, j’ai vu la plus grande école d’Afghanistan, une école de filles. 13 000 filles qui étudient ici dans les pièces souterraines, pleines de scorpions. Et leur soif d’apprendre était si grande que j’en ai pleuré.
Que savons-nous des menaces de mort proférées par les Talibans, clouées sur les portes des gens qui osent envoyer leurs filles à l’école comme à Balkh ? La région n’est pas sûre, mais pleine de talibans, et ils l’ont fait.
Mon but est de donner une voix aux gens silencieux, de montrer les lumières cachées derrière le rideau de la grande honte, les petites guerres ignorées des médias et les profits d’un conflit mondial.
Merci.

(Applaudissements)

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