Hanna Rosin et la passerelle nous indiquent de nouvelles données sur l’essor des femmes #TEDWomen

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Hanna Rosin présente de surprenantes nouvelles statistiques qui montrent que les femmes surpassent en réalité les hommes dans plusieurs domaines essentiels, tels que le taux de réussite dans les études supérieures. Ces tendances, aussi bien aux USA que dans le monde entier, signalent-elles la « fin des hommes » ? Probablement pas — mais elles indiquent un important bouleversement sociétal qui mérite une discussion approfondie.

Translated into French (France) by Patrick Brault

Nous vivons aujourd’hui un moment extraordinaire et inédit, où la dynamique du pouvoir entre les hommes et les femmes évolue très rapidement. Et en beaucoup de lieux où cela compte le plus, les femmes prennent, en fait, complètement le contrôle. A son époque, ma mère n’est pas allée à l’université. Peu de femmes le faisaient. Aujourd’hui, pour deux hommes qui obtiennent un diplôme universitaire, il y a trois femmes qui en font autant. Les femmes, pour la première fois cette année, sont devenues majoritaires dans la population active américaine. Et elles commencent à dominer beaucoup de métiers — médecins, avocates, banquières, comptables. Plus de 50 % des directeurs sont aujourd’hui des femmes. Et dans les 15 professions qui croîtront le plus dans la prochaine décennie, selon les prévisions, seules deux ne sont pas dominées par les femmes. L’économie mondiale est donc en train de devenir l’un des endroits où les femmes réussissent mieux que les hommes, croyez-le ou non, et ces changements économiques commencent à rapidement modifier notre culture –ce à quoi ressemblent nos comédies romantiques, ce à quoi ressemblent nos marriages, ce à quoi ressemblent nos rendez-vous amoureux, tout comme notre nouvelle galerie de super-héros.
Pendant longtemps, c’est l’image de la masculinité américaine qui a dominé — coriace, rude, qui contrôle son environnement. Il y a quelques années, le cow-boy Marlboro a été mis à la retraite, et remplacé par ce spécimen beaucoup moins impressionnant, qui est une parodie de la masculinité américaine. Et voilà ce que nous avons dans nos publicités aujourd’hui. Le terme « fils aîné » est si profondément enraciné dans nos consciences, que cette seule statistique m’a choquée. Dans les services américains de procréation assistée, 75 % des couples demandent des filles plutôt que des garçons. Et dans des endroits que vous n’auriez pas imaginé, comme la Corée du Sud, l’Inde ou la Chine, les sociétés patriarcales les plus sévères commencent à se fissurer un peu, et les familles ne préfèrent plus autant qu’avant avoir un fils pour premier enfant.
Si vous y réfléchissez, si vous ouvrez seulement les yeux sur cette éventualité, et que vous commencez à relier les points, vous pouvez en voir des preuves partout. Vous pouvez en voir dans la répartition des diplômes universitaires, dans les prévisions d’emploi, dans nos statistiques sur le mariage, vous pouvez en voir dans les élections en Islande, dont vous entendrez parler bientôt, et vous pouvez en voir dans les sondages Sud-Coréens sur la préférence de sexe ; des preuves que quelque chose de nouveau et d’incroyable est en train d’arriver avec les femmes. Ce n’est certainement pas la première fois que de grands progrès sont accomplis pour les femmes. Les années 20 et 60 nous viennent également à l’esprit. Mais la différence c’est que, à l’époque, ce mouvement était conduit par des féministes passionnées, qui essayaient de projeter leurs propres désirs, tandis qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas de passion, et ce n’est en aucune sorte un mouvement. Il ne s’agit au juste que des réalités factuelles de l’époque économique dans laquelle nous vivons. La période de 200 000 ans pendant laquelle les hommes ont tenu le haut du pavé touche vraiment à sa fin, croyez-le ou non, et c’est pour cette raison que je parle de la fin des hommes.
Alors, vous tous, les hommes, là, inutile de faire la sourde oreille, ou de me jeter des tomates, parce que la question, c’est que cela nous arrive à tous et à toutes. J’ai moi-même un mari et un père, et deux fils que j’adore. C’est pour cette raison que j’aime parler de ce sujet, parce que si on ne regarde pas la réalité en face, la transition risque d’être plutôt douloureuse. Mais si on en tient compte, alors je pense que cela se passera beaucoup plus en douceur. J’ai commencé à réfléchir à tout ceci il y a environ un an et demi. Je lisais les gros titres comme tout le monde, et j’ai commencé à remarquer une tendance précise –c’était que la récession touchait les hommes beaucoup plus profondément que les femmes. Et je me suis souvenu qu’il y a 10 ans, j’avais lu un livre de Susan Faludi, intitulé « Stiffed », dans lequel elle décrivait à quel point la récession avait durement frappé les hommes. Et je me suis demandé si cette fois la récession n’avait pas été encore pire. Et j’ai réalisé que deux choses étaient différentes cette fois-ci. La première c’était que ce n’était plus seulement des coups durs temporaires que la récession infligeait aux hommes mais que cela reflétait un changement plus profond et sous-jacent dans notre économie mondiale. Et deuxièmement, que ce n’était plus seulement une histoire de crise des hommes, mais aussi de ce qui était en train d’arriver aux femmes.
Et maintenant, regardez ce second jeu de diapos. Ce sont des gros titres au sujet de ce qui va se passer pour les femmes dans les quelques années à venir. Ce sont des choses que l’on n’aurait jamais pu imaginer il y a quelques années. Les femmes, majoritaires dans le monde du travail. Et des statistiques sur le travail : les femmes s’emparent de la plupart des postes de direction. Voici un second jeu de gros titres : vous pouvez voir que la famille et le mariage commencent à bouger. Et regardez ce dernier titre :les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes. Ce titre particulier m’a été transmis par une société d’études de marché. Un de leur clients leur a demandé, en fait, qui allait acheter des maisons dans ce quartier à l’avenir. Ils s’attendaient à ce que ce soit de jeunes couples avec enfants, ou de jeunes hommes, comme cela avait toujours été. Mais en fait, ils ont trouvé quelque chose de très surprenant. C’était de jeunes femmes célibataires qui étaient les principales acheteuses des maisons du quartier. Comme ils étaient intrigués par cette découverte, ils ont décidé de faire une étude à l’échelon national. Ils ont sorti toutes les statistiques, et ce qu’ils ont trouvé, ils m’ont dit que ça avait été un choc pour eux, c’est que sur 2 000 communautés, il y en avait 1 997 où les femmes, les jeunes femmes gagnaient plus d’argent que les jeunes hommes. Nous avons donc là une génération de jeunes femmes qui grandissent en se considérant comme mieux capables de gagner leur vie que les jeunes hommes qui les entourent.
Pour l’instant, je vous ai décrit la situation, mais je ne vous ai pas encore expliqué pourquoi cela se produisait. Dans un instant, je vais vous montrer un graphique, et ce que vous allez voir sur ce graphique — il part de 1973, juste avant que les femmes ne commencent à inonder le marché du travail, et va jusqu’à aujourd’hui. Et au fond, ce que vous voyez, c’est ce que les économistes décrivent comme la polarisation de l’économie. Qu’est ce que cela signifie ? Cela signifie que l’économie est en train de se diviser entre les métiers à hautes qualifications et hauts salaires, et les métiers à faibles compétences et bas salaires, et que la moyenne, les métiers à qualification moyenne, et à salaires moyens, sont en train de disparaître de l’économie. Cela dure depuis maintenant 40 ans. Mais ce processus touche les hommes de façon très différente des femmes. Vous allez voir les femmes en rouge, et les hommes en bleu. Vous allez les voir tous les deux disparaître de la classe moyenne, mais regardez ce qui arrive aux femmes, et ce qui arrive aux hommes. C’est parti. Regardez ça. On les voit tous les deux disparaître de la classe moyenne. Regardez ce qui arrive aux femmes. Regardez ce qui arrive aux hommes. Les hommes stagnent, en quelque sorte, tandis que les femmes s’élèvent vers des emplois hautement qualifiés. Alors de quoi s’agit-il ? On dirait que les femmes ont eu comme un super bonus dans un jeu vidéo, ou qu’elles ont glissé un sérum secret dans leurs pilules contraceptives, qui leur permet de monter très haut. Mais bien sûr, ce n’est pas ça.

Ce qui se passe, c’est que l’économie a beaucoup changé. Nous avions autrefois une économie industrielle, qui fabriquait des marchandises et des produits, et maintenant nous avons une économie de service, une économie de l’information et du loisir. Ces deux économies requièrent des compétences très différentes. Et il se trouve que les femmes ont bien mieux réussi à acquérir ces nouvelles compétences que les hommes. Autrefois, vous étiez un gars qui avait été au lycée, qui n’avait pas de diplôme de l’enseignement supérieur, mais vous aviez des compétences spécifiques, et avec l’aide d’un syndicat, vous pouviez vous ménager une assez bonne vie de classe moyenne. Mais cela n’est plus du tout vrai. Cette nouvelle économie n’est pas tellement intéressée par la taille, ni par la force, qui faisaient l’avantage des hommes pendant toutes ces années. Ce que l’économie recherche maintenant, ce sont des compétences complètement différentes. Vous avez besoin d’être intelligent à la base, vous devez être capable de vous asseoir et de vous concentrer, de communiquer facilement, être capable d’écouter les autres, et d’évoluer dans un milieu professionnel qui est devenu beaucoup plus instable qu’auparavant. Ce sont des choses que les femmes font extrêmement bien, comme on peut le voir
Si vous regardez les théories du management, à cette époque, l’image idéale du dirigeant ressemblait à quelque chose comme le Général Patton, oui. Vous donniez des ordres d’en haut. Vous étiez très hiérarchisés. Vous disiez quoi faire à tous ceux qui se situaient en dessous de vous. Mais ce n’est plus l’image idéale du dirigeant aujourd’hui. Si vous lisez des livres de management aujourd’hui, un dirigeant est quelqu’un qui peut encourager la créativité, il peut obtenir que ses employés — vous voyez, je dis encore « il » — qui peut obtenir que ses employés communiquent bien, qui peut en fait construire des équipes et les rendre créatives. Et tout cela, les femmes le font très bien.
Et pour couronner le tout, cela a créé une sorte d’effet en cascade. Les femmes entrent dans le monde du travail au sommet, et ensuite, dans la classe ouvrière, tous les nouveaux emplois qui sont créés, sont le genre de tâches que les femmes au foyer faisaient gratuitement. C’est de s’occuper des enfants, des personnes âgées, et de préparer la nourriture. Voilà l’ensemble des emplois qui se développent, et ce sont des places que les femmes tendent à occuper. Il se pourrait qu’un jour, les mères embauchent un chômeur, un ancien métallurgiste d’âge mûr, pour surveiller leurs enfants à la maison, et ça sera une bonne chose pour les hommes, mais cela n’est pas encore arrivé.

Pour savoir ce qui va se passer, il ne suffit pas d’étudier la main-d’œuvre telle qu’elle se présente aujourd’hui, il faut étudier la main d’œuvre de demain. Et là, c’est assez simple. Les femmes obtiennent des diplômes de l’enseignement supérieur plus fréquemment que les hommes. Pourquoi ? C’est un vrai mystère. On a demandé aux hommes, pourquoi ne pas tout simplement reprendre des études, une formation courte, par exemple, et gagner de nouveaux outils, acquérir de nouvelles compétences. Eh bien il s’avère qu’ils répugnent beaucoup à le faire. Ils ont l’habitude de se voir comme des soutiens de famille, et ils ont l’air d’être incapables de construire les réseaux sociaux qui leur permettraient d’intégrer l’enseignement supérieur. Pour une raison mystérieuse, les hommes n’arrivent pas à reprendre des études. Et ce qui est encore plus ennuyeux, c’est ce qui se passe avec les jeunes garçons. Cela fait environ une dizaine d’années que l’on fait des recherches sur ce que certains appellent la crise des garçons. La crise des garçons, c’est l’idée que les très jeunes garçons, sans que l’on sache pourquoi, réussissent moins bien à l’école que les très jeunes filles. Il y a des théories à ce sujet. Est-ce parce que l’enseignement est trop verbal, et que les petites filles sont plus douées dans ce domaine que les petits garçons ? Ou bien est-ce que l’on demande trop aux enfants de rester assis sans bouger, ce qui place les garçons en situation d’échec dès le départ ? Certains disent que c’est parce que les garçons commencent à abandonner l’école dès la 4ème. Je suis en train d’écrire un livre à ce sujet, je fais encore des recherches, alors je n’ai pas la réponse. Mais en attendant, je vais faire appel à un expert international en éducation, ma fille de 10 ans, Noah, pour vous parler de la raison pour laquelle les garçons de sa classe réussissent moins bien.
(Vidéo) Noah : les filles sont de toute évidence  plus intelligentes. Je veux dire, elles ont plus de vocabulaire. Elles apprennent beaucoup plus vite. Elles se contrôlent mieux. Qui est sur la liste des collés pour demain ? Rien que des garçons.
Hanna Rosin : Et pourquoi cela ?
Noah : Pourquoi ? Ils n’écoutaient rien en classe, alors que les filles se tenaient bien tranquilles.
Hanna Rosin : Et voilà. Cette théorie m’est vraiment apparu quand je suis allé visiter une université à Kansas City — une université de la classe ouvrière. Évidemment, quand j’étais à l’université, j’avais des projets dans la vie — que mon mari et moi-même nous travaillerions tous les deux, et que nous élèverions les enfants en commun. Mais ces étudiantes avaient une vision complètement différente de leur futur. En fait, de la façon dont elles me l’ont décrit, elles travailleraient 18 heures par jour, leur mari aurait peut-être un travail, mais qu’il serait surtout à la maison pour s’occuper des petits. Et ça a été un drôle de choc pour moi. Et voici ma citation préférée, de l’une des filles : « Les hommes, c’est les nouveaux boulets. »
(Rires)
Cela vous fait rire, mais cette citation a un goût amer, n’est-ce pas? Je crois que la raison de cette amertume, c’est que des milliers d’années d’histoire ne s’inversent pas sans beaucoup de douleur. Et c’est pour ça que je dis que nous devons traverser cela tous ensemble. Le soir même du jour où j’ai parlé à ces étudiantes, je me suis également rendue à un groupe de parole masculin, au Kansas. Ils étaient exactement comme ces victimes de l’économie industrielle dont je vous parlais tout à l’heure. C’était des hommes qui avaient été entrepreneurs, ou bien ils construisaient des maisons et ils avaient perdu leur emploi après le boom de l’immobilier, et ils étaient dans ce groupe de parole parce qu’ils n’arrivaient pas à payer leur pension alimentaire. Et l’instructeur était là, dans la classe, à leur expliquer tous les pourquoi et comment de leur perte d’ identité en cette nouvelle époque.
Il leur disait qu’ils n’avaient plus aucune autorité morale, que plus personne n’avait besoin d’eux comme support affectif, et que ce n’était plus vraiment eux les soutiens de famille. Alors, qui étaient-ils ? Et c’était très décourageant pour eux. Et ce qu’il a fait, c’est qu’il a écrit au tableau : 85 000 $ et il a dit : » C’est son salaire à elle ». Et puis il a écrit 12 000 $. »C’est votre salaire. Alors, qui est l’homme, maintenant ?  » leur a-t-il demandé. « Qui est le foutu homme ? C’est elle l’homme, maintenant. » Et ça a vraiment fait frémir la salle. Et c’est en partie pour cela que j’aime parler de ce sujet, parce que je pense que ça peut être très douloureux, et qu’il faut vraiment que nous nous attaquions au problème.
Et l’autre raison pour laquelle c’est urgent, c’est parce que cela ne se produit pas seulement aux USA. Ça se produit partout dans le monde. En Inde, les femmes pauvres apprennent l’anglais plus vite que leurs homologues masculins dans le but de travailler dans les nouveaux centres d’appel qui se développent en Inde.
En Chine, beaucoup de l’éclosion de l’entreprise privée se produit parce que les femmes créent des entreprises, des petites entreprises, plus vite que les hommes. Et voici mon exemple préféré, qui se passe en Corée du Sud. Au cours de plusieurs dizaines d’années, la Corée du Sud a construit l’une des sociétés les plus patriarcales que nous connaissions. Ils ont en fait inscrit le statut de seconde classe des femmes dans le code civil. Et si une femme ne parvenait pas à donner naissance à un enfant mâle, elle était en fait traitée comme une domestique. Et parfois la famille implorait les esprits de tuer leur fille, pour qu’ils puissent avoir un garçon. Mais dans les années 70 et 80, le gouvernement Sud-Coréen a décidé qu’il voulait rapidement industrialiser le pays, et ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils ont commencé à pousser les femmes à travailler. Depuis 1985, la même question est posée : « A quel point préférez-vous que votre ainé soit un garçon ? » Et maintenant, regardez le graphique. Cela va de 1985 à 2003. A quel point préférez-vous que votre ainé soit un garçon ?

Vous pouvez voir que ces changements économiques ont vraiment un effet important sur notre culture. Alors, du fait que nous n’avons pas encore complètement intégré cette transformation, cela nous revient dans notre culture populaire, de cette façon bizarre et excessive, dans laquelle vous pouvez voir que les stéréotypes sont en train d’évoluer. Ainsi, du côté masculin, nous avons l’émergence ce que l’une de mes collègues aime appeler le « mâle oméga », le loser romantique et esseulé, qui n’arrive pas à trouver un travail. Il se présente sous des formes différentes. Ainsi, nous avons l’éternel adolescent. Nous avons le misanthrope sans charme. Et puis nous avons le type du genre Kro qui est heureux de se vautrer devant la télé, une bière à la main. Et puis voici une révélation : même l’homme le plus sexy d’Amérique, l’homme le plus sexy de tous, est interprété de façon romantique dans les films d’aujourd’hui. Et puis, du côté féminin, vous avez le cas inverse, dans lequel vous avez ces super-héroïnes délirantes. Vous avez Lady Gaga. Vous avez le nouveau James Bond, qui est Angelina Jolie. Et ce n’est pas que pour les jeunes, non. Même Helen Mirren peut tenir une arme, aujourd’hui. Ainsi, on dirait qu’il nous faille abandonner ces stéréotypes hyper-exagérés, pour quelque chose qui ait l’air un peu plus normal.
Pendant longtemps, dans la sphère économique, nous avons vécu avec le terme « plafond de verre ». En fait, je n’ai jamais vraiment aimé ce terme. D’une part, il place les hommes et les femmes dans une relation très hostile, parce qu’il fait des hommes ces escrocs retors, tout là-haut, qui ont posé ce plafond de verre. Et nous sommes toujours sous ce plafond de verre, nous les femmes. Nous avons beaucoup de compétences et d’expériences, mais c’est truqué, alors comment se préparer pour franchir ce plafond de verre ? En plus, briser le plafond de verre est une phrase épouvantable. Qui serait assez fou pour passer la tête à travers un plafond de verre ?
Alors, l’image que je préfère, à la place du plafond de verre, est la passerelle. C’est absolument terrifiant de se tenir à l’entrée d’une passerelle, mais c’est aussi assez grisant. Parce que c’est très beau là haut, et on y a une vue splendide. Et le mieux, c’est qu’il n’y a pas de trucage, comme avec le plafond de verre. Il n’y a pas d’homme ni de femme debout au milieu, sur le point de couper les câbles. Il n’y a pas de trou au milieu dans lequel vous allez tomber. Et ce qui est formidable, c’est que vous pouvez emmener qui vous voulez avec vous. Vous pouvez amener votre mari. Vous pouvez amener vos amis, ou vos collègues, ou votre baby-sitter pour y marcher avec vous. Les maris peuvent y entraîner leur femme, si elles ne se sentent pas prêtes. Mais le plus important, avec la passerelle, c’est que vous devez avoir l’assurance de savoir que vous méritez d’être sur ce pont, que vous avez toutes les compétences et l’expérience nécessaires pour traverser la passerelle, et que vous avez juste à prendre la décision de faire le premier pas et d’y aller.
Merci beaucoup.

(Applaudissements)

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