De l’approche systémique du Développement Durable «Sept leçons sur les changements systémiques à l’intention des gestionnaires»

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Introduction – Le macrocoscope

Je vous propose ici un extrait d’une grille de lecture du livre Le macroscope de Joël de Rosnay effectuée par mes soins il y a quelques années. Oui comme je l’ai déjà dit ici , je suis une «vieille» étudiante🙂🙂🙂 et j’en suis très fière !

Un des principaux ouvrages français d’initiation à l’analyse systémique
Comme le dit Joël de ROSNAY[1], «il ne faut pas la considérer comme une «science», une «théorie» ou une «discipline», mais comme une nouvelle méthodologie, permettant de rassembler et d’organiser les connaissances en vue d’une plus grande efficacité de l’action» (page 91). C’est une approche transdisciplinaire. Les concepts y circulent, venant de toutes les disciplines. Pour J. de ROSNAY (op.cit. p.92), il s’agit de «dégager des invariants, c’est à dire des principes généraux, structuraux et fonctionnels, pouvant s’appliquer aussi bien à un système qu’à un autre. Grâce à ces principes, il devient possible d’organiser les connaissances en modèles plus facilement communicables. La notion de système apparaît ainsi sous ses deux aspects complémentaires : permettre l’organisation des connaissances et rendre l’action plus efficace». Il situe la notion de système par rapport à d’autres approches avec lesquelles elle est souvent confondue :
l’approche systémique dépasse et englobe l’approche cybernétique (N. WIENER, 1948) qui a pour but principal l’étude des régulations chez les organismes vivants et les machines,
elle se distingue de la théorie générale des systèmes (L. BERTALANFFY, 1954) dont le but ultime consiste à décrire et à englober, dans un formalisme mathématique, l’ensemble des systèmes rencontrés dans la nature,
elle s’écarte de l’analyse de système qui ne représente qu’un des outils de l’approche systémique,
enfin l’approche systémique n’a rien à voir avec une approche systématique, qui consiste à aborder un problème ou à effectuer une série d’actions de manière séquentielle, détaillée, ne laissant rien au hasard et n’oubliant aucun élément».
Joël de ROSNAY (op.cit. p. 101), propose une définition la plus complète du mot système qui est la suivante : «un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but». Il dit enfin que la complexité d’un système repose sur la variété des éléments et l’interaction  entre les éléments. Que ces interactions sont elles-mêmes non linéaires du fait de la multiplication ou de la division des variables par des coefficients, pouvant être eux-mêmes fonctions d’autres variables.
L’auteur explique également l’utilité de l’approche systémique : considérer un système dans sa totalité, sa complexité et sa dynamique propre. On peut ainsi observer en temps réel les effets des différents types d’interactions entre ses éléments. L’étude de son comportement dans le temps conduit à définir des règles d’action ayant pour but de modifier le système ou d’en concevoir d’autres. Les modèles et la simulation, dit l’auteur, constituent les outils de base de l’approche systémique.
L’analyse des systèmes consiste à définir les limites du système à modéliser ; à identifier les éléments importants et les types d’interactions entre ces éléments, puis à déterminer les liaisons qui les intègrent en un tout organisé. Eléments et types de liaisons sont classés et hiérarchisés. Puis on dégage et on identifie les variables de flux, les variables d’états, les boucles de rétroaction positives et négatives, les délais, les sources et les puits. Chaque boucle est considérée séparément et son influence sur le comportement des différents sous-ensembles du système est évaluée.
La modélisation consiste à construire un modèle à partir des données de l’analyse de systèmes. On établit tout d’abord un schéma complet des relations causales entre les éléments des différents sous-systèmes. Puis on exprime en un langage de programmation approprié les équations décrivant les interactions et les liaisons entre les différents éléments du système.
La simulation étudie le comportement dans le temps d’un système complexe. Au lieu de modifier une variable à la fois, elle met en œuvre un ordinateur pour faire varier simultanément des groupes de variables comme cela se produit dans la réalité. Mais la simulation ne donne jamais la solution exacte à un problème donné. Elle ne fait que dégager les tendances générales du comportement d’un système, ses directions probables d’évolution, tout en suggérant de nouvelles hypothèses.

Sur Wikipedia
«Macroscope»
 est un jeu de mots se référant à la théorie des trois infinis :
l’infiniment petit : observable par un microscope,
l’infiniment grand : observable par un télescope,
l’infiniment complexe : observable par un macroscope, dont la meilleure concrétisation est – selon Joël de Rosnay – l’ordinateur.

Développement Durable

Toute cette introduction donc pour vous faire découvrir les «Sept leçons sur les changements systémiques à l’intention des gestionnaires» sur le site de l’Encyclopédie de l’Agora pour un monde durable (Québec)

DÉVELOPPEMENT DURABLE
Zenobia Barlow, Michael K. Stone
Traduction : Andrée Mathieu, responsable du programme de maîtrise en gestion et développement durable de l’Université de Sherbrooke.
«La nature est notre professeur», tel est le premier des principes directeurs du cadre d’éducation au développement durable Smart by Nature TM développé par le Center for Ecoliteracy (CEL) en Californie, dans un rapport pratique sur les changements de systèmes.

Si nous prenons la nature comme professeur, nous sommes amenés à penser en termes de systèmes, les patterns fondamentaux dans le monde vivant. Les systèmes peuvent être incroyablement complexes, mais le concept est plutôt simple. L’Association américaine pour l’avancement des sciences, par exemple, définit un système comme «une collection d’éléments qui exercent une influence les uns sur les autres». Par exemple, les plantes, les gens, les écoles, les communautés et les bassins hydrologiques pris individuellement sont tous des systèmes composés d’éléments inter-reliés. Ces systèmes ne peuvent pas être totalement compris si on les sépare des plus grands systèmes dans lesquels ils sont intégrés.

Les systèmes vivants ont leur propre dynamique et leur observation nous fait découvrir leurs processus et leurs propriétés récurrentes. Ils résistent au changement tout en se développant, en s’adaptant et en évoluant. Comprendre comment les systèmes se maintiennent et comment ils changent conduit par conséquent à des pratiques qui sont au cœur de l’éducation au développement durable. La plus grande partie du travail effectué par le CEL au cours des deux dernières décennies pourrait être vue comme de la pensée systémique appliquée. Dans ce rapport, nous offrons aux leaders engagés dans la transformation des systèmes sept importantes leçons apprises sur le terrain.

Bien que le travail du CEL ait été profondément influencé par les précieux enseignements de notre co-fondateur, le théoricien des systèmes Fritjof Capra, et par ceux d’autres influents penseurs comme Margaret Wheatley, Joanna Macy et Donella Meadows, nous allons seulement effleurer ici leur importante contribution théorique. À la fin de ce rapport, vous trouverez une liste de quelques ressources pour ceux qui voudraient approfondir ces sujets.

Sept leçons pour les leaders

Nous sommes heureux d’offrir ces leçons, issues de notre travail avec des milliers de leaders, aux éducateurs et agents de changement qui veulent relever le défi de changer les systèmes, dont plusieurs sont bien ancrés dans leurs habitudes.

Leçon 1: Pour promouvoir les changements systémiques, suscitez l’engagement de la communauté et cultivez les réseaux.

Leçon 2: Travaillez à plusieurs niveaux différents

Leçon 3: Faites place à l’auto-organisation

Leçon 4: Saisissez les occasions lorsqu’elles se présentent

Leçon 5: Favorisez le changement, mais renoncez à l’illusion que vous pouvez le contrôler

Leçon 6: Dites-vous que le changement prend du temps

Leçon 7: Préparez-vous à être étonnés

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Développement Durable et Intégral


[1] Le macroscope –Edition du Seuil – 1975