«American Dervish : une conversation sur l’amour, l’identité et la foi» par Naazish YarKhan* #SPCG

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Voici un article que je viens de relever du Service de Presse Common Ground  qui illustre parfaitement si je puis me permettre ce que je voulais exprimer en publiant Sans plus de commentaires…Mon but n’est pas d’évangéliser qui que ce soit, je suis vraiment très mal placée pour cela. Je pense tout simplement que tout est possible en essayant de comprendre l’Autre, ici en l’occurrence via la religion. Dont il est question dans tous les articles de SPCG que je relève en fait. Quelque soit notre religion, il n’y a qu’un seul Dieu. C’est mon opinion de croyante.

* Naazish YarKhan travaille dans le domaine des stratégies de la communication à Chicago, dans l’Illinois. Ses écrits ont été publiés sur support digital et traditionnel, dans plus de 50 points de vente à travers le monde.

Article rédigé pour le Service de presse de Common ground (CGNews).
Source : Service de presse de Common ground (CGNews), 24 février 2012, http://www.commongroundnews.org Reproduction autorisée.

24 février 2012

Chicago, Illinois – American Dervish est le premier roman de l’auteur Ayad Akhtar, dont l’histoire se déroule dans la banlieue américaine bien avant les événements du 11 septembre. Cette œuvre audacieuse saisit la communauté musulmane des Etats-Unis au collet, la secoue et la confronte à ses défauts – qu’il s’agisse de l’antisémitisme, du refus d’admettre la diversité au sein de la communauté musulmane ou du besoin de juger de la valeur d’une personne sur la base de son rapport à la foi. Le roman, dont les vers coraniques en constituent la pierre angulaire, dépeint les différentes manières dont les choix des protagonistes sont guidés par leur compréhension de la religion. L’auteur dresse ainsi un portrait plus complexe et plus nuancé des musulmans d’Amérique.

L’histoire met en scène Hayat, un garçon de dix ans amoureux pour la première fois. Sa fascination pour Mina, l’amie d’enfance de sa mère, commence le jour où il voit une photo d’elle, puis grandit lorsqu’elle s’installe chez eux, dans le Milwaukee. Musulmane dévote, Mina éveille chez Hayat l’amour du Coran et de ses enseignements. Sa présence amène également les rires dans une maison aux prises avec des querelles. Mais, lorsque Mina tombe amoureuse d’un médecin juif, Hayat se nourrit des remarques antisémites qu’il entend à l’école et au sein de la communauté musulmane, et sa réaction engendre des conséquences désastreuses.

Ce n’est pas un hasard si le protagoniste de l’histoire est un garçon. «Je voulais raconter la fascination que j’avais pour l’islam étant enfant. Le lecteur qui embarque dans ce récit accompagne Hayat dans son apprentissage. Le roman donne un aperçu de ce que c’est qu’être musulman», nous dit l’auteur.

Empreint des couleurs de l’enfance d’Akhtar, American Dervish est un récit qui ne fait l’économie ni de la complexité, ni de la controverse. Pour faire entendre son point de vue, l’auteur met en scène une histoire d’amour entre un juif et une musulmane, un mariage entre un musulman non-pratiquant et une chrétienne, et expose l’antisémitisme présent dans la société américaine en général, et la communauté musulmane en particulier.

Une des scènes mémorables du roman décrit le jour où Nathan Wolfsohn se rend à la mosquée locale pour accepter la foi de l’islam. Nathan est un médecin juif qui souhaite épouser Mina. En tant musulmane dévote, Mina ne peut se résigner à s’unir à un profane. Au moment de son sermon, l’imam se lance dans une diatribe antisémite. Sous le choc et piqué au vif, Nathan refuse de se convertir. «Ce n’est pas l’islam que vous prodiguez, c’est la haine !», s’écrie-t-il.

«Qu’auriez-vous fait si je n’avais pas été présent ? Seriez-vous resté pendant tout le sermon ?», Nathan demande à Naveed, le père de Hayat, pendant le trajet du retour. Cette question dépasse son contexte. Combien d’entre nous parlons réellement haut et fort de la haine prodiguée de quelque forme que ce soit, y compris dans des sermons, au lieu de nous lamenter dans l’intimité de la vie privée ?

«Pourquoi seul l’islam serait bon ?» demande Akhtar. «Nous sommes tous imparfaits… des créatures complexes, et notre morale est compromise». Il est difficile pour un musulman d’être honnête sur sa position au sujet de l’antisémitisme : nous sommes trop préoccupés à paraître d’une certaine manière, surtout après les événements du 11 septembre», explique Akhtar.

Pour contrebalancer son portrait de l’antisémitisme présent dans la communauté musulmane, chez Mina et chez les parents d’Hayat, l’auteur tient également compte des musulmans qui reconnaissent un lien familial avec la communauté juive. Peuplé de relations interreligieuses, American Dervish rend hommage aux points communs entre juifs et musulmans – et fait l’éloge d’écrivains et réalisateurs juifs tels que Saul Bellow, Woody Allen et Philip Roth qui ont inspiré Akhtar, en partie parce que, eux aussi, appartiennent à une minorité religieuse aux Etats-Unis. L’auteur nous explique que les lecteurs profanes considèrent le roman comme un moyen accessible de s’informer sur le Coran.

En présentant les deux faces de la médaille, Akhtar révèle des fossés, et le besoin de les resserrer et d’accepter une amitié entre juifs et musulmans. Il y a de l’espoir malgré tout, semble dire l’auteur. Plutôt que de fournir des réponses, le roman incite à la réflexion et pousse les lecteurs s’interroger pour leur compte.

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