Une Séparation : L’Iran vu à travers un film, reconnu pour sa culture glorieuse, riche et ancienne #Oscar #Hollywood #SPCG

Par défaut

Tweets connexes

+1 RT @jenKwatson Good read: Art & public speech in #Iran & #Pakistan on diverging trajectories http://t.co/rSak1Pcb… via @NewYorker #media

#Iran : Asghar Farhadi’s film “A Separation” was awarded an #Oscar for best foreign language film http://t.co/CHO3wECp via @globalvoices

#Oscar : #Iran à travers sa culture glorieuse, riche et ancienne engloutie par les politiques http://t.co/pWlTsg97 via @GlobalVoicesFr

« A separation » as a harsh look at a society dangerously divided by religion and class http://t.co/kGkuT4p1 #Iran #Oscar

BBC News – A Separation : Iranian film is favourite for foreign film Oscar http://t.co/pi3J0tZr #Iran #Oscar #ForeignFilm

Sur le site du Service de Presse Common Ground

Hollywood reconnaît la culture glorieuse de l’Iran par Persheng Vaziri

* Persheng Vaziri est réalisateur documentaire, éducateur et coproducteur de Bridge of Iran, une série documentaire diffusée sur Link TV.
Article rédigé pour le Service de presse de Common ground (CGNews).

Source : Service de presse de Common ground (CGNews), 2 mars 2012, http://www.commongroundnews.org. Reproduction autorisée.
02 mars 2012

New York, New York – Si nous pouvions passer outre la montagne de menaces et des grandes envolées politiques qui prédominent dans les discours américains, européens et iraniens, nous verrions probablement un écran de cinéma. Si nous pouvions faire abstraction de la clameur assourdissante que pousse l’Occident au sujet du développement nucléaire et de l’irrationalité du gouvernement en Iran, nous entendrions peut-être la douceur et la tension dans la voix des personnages sur cet écran : une famille iranienne aux prises avec des confits familiaux.

Simin, le premier rôle féminin du film, porte le voile, mais, contrairement aux stéréotypes, elle fait preuve de force et de clairvoyance. Elle décide en effet de quitter le pays avec sa fille, et de se séparer de son mari. Quant à sa fille Termeh, elle doit faire face au choix impossible entre sa mère et son père, Nader, qui ne veut pas céder aux exigences de sa femme et qui est trop fier pour lui demander de rester. Une séparation est un drame familial intense qui a captivé le public, en Iran et à travers le monde.

Le film d’Asghar Farhdi se distingue, car il est le premier film iranien à remporter un Oscar, décerné pour le meilleur film en langue étrangère. Une séparation a également reçu un Ours d’or au Festival du film de Berlin, un Golden Globe et une douzaine d’autres prix. Il est aussi le film iranien le plus vu de l’histoire, projeté dans 24 salles en Iran et dans bien d’autres en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud. Toutefois, en raison des graves sanctions économiques infligées à l’Iran, il pourrait bien être un des derniers films iraniens sur les écrans étrangers.

La production a dû interrompre la réalisation du film, en raison des mesures coercitives du gouvernement iranien à l’encontre de l’industrie cinématographique. Mais M. Farhadi a mené à terme le projet et a même largement été récompensé au Festival du film de Fajr en 2011. Construit méticuleusement, et racontant avec authenticité les conflits entre la dignité et les pressions sociales et économiques, le film a convaincu les publics iranien et international.

Le peuple iranien, et plus particulièrement les artistes et les réalisateurs, sont fiers que leur pays ait, une fois encore, produit un film reconnu par la critique, un film qui traite avec finesse des contradictions et des pressions insoutenables du quotidien, un film récompensé à niveau international. Des artistes iraniens reconnus ont remercié publiquement le réalisateur. Même l’ancien président, M. Khatami, a manifesté son enthousiasme au sujet du film qui, selon lui, incarne la force du cinéma iranien. Qui plus est, les journaux iraniens, les blogs et même la page Facebook du film – qui était un compte à rebours avant la cérémonie des Oscars – ont suivi avec joie et inquiétude les succès d’Une séparation, aux Etats-Unis.

Le contexte implicite du film, bien compris des Iraniens, rend les tensions internes et externes plus intenses. Une fois Simin partie, Nader engage Razieh afin qu’elle s’occupe de son père malade. Cependant, guidée par des problèmes économiques et par l’obéissance à un code de comportement islamique strict qui la force à consulter son clergé local avant toute décision importante, Razieh ne peut se fonder sur son seul jugement, et commet des erreurs qui tournent au cauchemar, pour elle et son entourage.

Le film nous permet de comprendre à quel point chaque individu, façonné par la société, est conditionné par son sens de la justice et de la morale. Le drame se déroule sous nos yeux à travers le regard d’une fillette de onze ans, qui voit sa famille se désintégrer à cause de petits mensonges mesquins.

Une séparation souligne les moindres décisions que nous prenons sous pression, et nous fait également remarquer que nos actions ont des répercussions susceptibles de changer le monde. Le film résonne chez le spectateur, qu’il soit laïc ou croyant, riche ou pauvre, musulman ou occidental. Dans un environnement international qui tremble sous les tambours de la guerre, le film montre avec force les conséquences potentiellement dévastatrices de nos paroles, de nos pensées et de nos actes.

En recevant la statuette, Farhadi a résumé la puissance du film avec ces mots : « [Les Iraniens] sont heureux, non parce qu’il s’agit d’une récompense, d’un film ou d’un réalisateur importants, mais parce que, au moment où l’on parle de guerre, où les hommes politiques se répondent à coup d’agression et d’intimidation au nom de leur pays, Une séparation associe l’Iran à sa culture glorieuse, une culture ancienne et riche enterrée sous la poussière de la politique.

###

 

Page Connexe

Cultures

Les commentaires sont fermés.