Défendre la diversité culturelle «Le multiculturalisme au Canada: un modèle pour d’autres pays» par Natalia Simanovsky #SPCG

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Comme à mon habitude, voici un article relevé sur le Service de Presse Common Ground dans l’édition du 16 mars.

Billet connexe

A propos du #multiculturalisme (dont le tueur d’Oslo ne veut pas, soit dit en passant)

Le multiculturalisme au Canada: un modèle pour d’autres pays par Natalia Simanovsky  #SPCG

16 mars 2012
*Natalia Simanovsky a travaillé comme chargée de recherche dans plusieurs groupes de réflexion et organisations intergouvernementales en Amérique du Nord et en Israël. Cet article a été écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 16 mars 2012, http://www.commongroundnews.org. Reproduction autorisée.

Tel Aviv – Le mois dernier, le secrétaire d’Etat aux Communautés et au Gouvernement local du Royaume-Uni, Eric Pickles, a qualifié le multiculturalisme de  »politique divisionniste ». Il a reproché aux précédentes administrations du Royaume-Uni d’avoir permis aux communautés de vivre séparées et de ne pas avoir encouragé l’intégration dans la société britannique traditionnelle. Alors que le Royaume-Uni et les pays européens se débattent pour savoir comment intégrer leurs populations minoritaires, y compris les communautés musulmanes, il serait utile de s’intéresser au Canada comme modèle de réussite.

Au Canada, la majeure partie de la société considère le multiculturalisme comme une mesure gouvernementale efficace précisément parce qu’elle promeut, entre autres choses, l’unité nationale. Pour une grande partie de la population, le multiculturalisme, en mettant toutes les cultures sur un pied d’égalité, encourage la cohésion sociale. Il donne naissance à des valeurs communes comme la tolérance pouvant être partagées par les différents citoyens de la société, malgré leurs origines et confessions disparates. En d’autres termes, le multiculturalisme peut être défini comme une approche visant à faciliter l’intégration des immigrés et des minorités, à écarter les obstacles à leur participation dans la vie nationale et à faire en sorte qu’ils se sentent plus favorablement accueillis dans la société canadienne, ce qui engendre un sentiment d’appartenance et de fierté nationale plus fort.

La communauté musulmane a, dans l’ensemble, un niveau socio-économique plutôt élevé. Elle joue un rôle important et est solidement présente dans de nombreux secteurs dont la politique, l’industrie hôtelière, la santé et les médias.

Le multiculturalisme a été adopté comme règle officielle en 1971. Il repose sur le respect mutuel entre Canadiens de toutes origines. Une série de lois est venue soutenir cette règle. Le multiculturalisme transparaît dans la Charte canadienne des droits et libertés qui garantit les droits civils dont la liberté de religion. De plus, le Multiculturalism Act (loi sur le multiculturalisme) vise à reconnaître et à promouvoir la diversité culturelle et raciale de la société canadienne – tout en soutenant l’idée que le multiculturalisme est, en soi, une caractéristique fondamentale du patrimoine et de l’identité du Canada.

On peut voir comment se traduit le multiculturalisme dans la politique actuelle à travers les multiples façons dont les Canadiens accueillent leurs compatriotes musulmans. Par exemple, la prière musulmane est autorisée dans les écoles publiques sous le contrôle du conseil d’établissement local; le port de la burqa est permis dans les lieux publics (sauf lors des cérémonies de naturalisation lorsque la femme doit prêter serment pour recevoir sa citoyenneté canadienne) et la nourriture halal est présente dans les supermarchés canadiens.

L’institutionnalisation du multiculturalisme traduit, pour la plupart, une véritable acceptation de toutes les cultures sur un pied d’égalité dans la société, sans crainte que cela n’affaiblisse les lois, institutions canadiennes ou le caractère de l’Etat. Pour preuve, plusieurs sondages réalisés entre 2006 et 2007 montrent que, comparé à d’autres pays, le Canada a été moins touché par la montée au niveau international de sentiments anti-musulmans et par la radicalisation des relations ethniques qui en découle. Selon une enquête menée par Focus Canada en 2006, 83% des Canadiens estimaient que les musulmans apportaient une contribution positive à leur pays. Des sondages réalisés au niveau international révèlent que, comparé aux musulmans dans d’autres pays, les musulmans au Canada ont moins tendance à croire que leurs compatriotes leur sont hostiles.

Le multiculturalisme a fait l’objet de critiques, tout particulièrement dans la province du Québec. Les hommes politiques québécois ont fustigé l’  »idéologie canadienne du multiculturalisme » et ont demandé que les immigrés  »s’intégrent » à la culture francophone du Québec. Toutefois, cette position entre en conflit avec la politique fédérale sur l’intégration qui définit l’intégration en termes de culture nationale – et non locale.

Un des exemples les plus probants de l’intégration de la communauté musulmane dans la société canadienne est l’élection du premier maire musulman dans l’une des villes les plus conservatrices du pays: Calgary.

Le Canada mérite sa réputation de société fédératrice qui célèbre la diversité. Bien qu’imparfait, le système du multiculturalisme tel que promu dans le pays consiste à englober d’autres cultures tout en observant les lois et mesures nationales. Puisque le Royaume-Uni et les pays de l’Europe ont du mal à intégrer leurs populations minoritaires, ils seraient bien avisés de s’intéresser au modèle canadien et d’envisager l’adoption de mesures qui aboutissent à cet équilibre en faveur de la non- discrimination.

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