Liberté d’exprimer ma colère

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Et voilà le dernier numéro de Charlie Hebdo a provoqué (à nouveau) des émeutes au Niger, conduisant à la mort de plusieurs personnes. Est-ce que la liberté d’expression est vraiment celle prônée par Charlie Hebdo?

Je suis allée à la marche du 11 janvier pour défendre la liberté d’expression mais maintenant, je dis que je me suis trompée d’endroit…

J’aimerais savoir si la provocation c’est aussi la liberté d’expression. Je pense aux Musulmans qui croient en leur Mahomet et qui se retrouvent victimes de toute cette mascarade…L’Islam n’est pas l’ennemi…

What is Charlie Hebdo? l’hebdomadaire satirique expliqué aux étrangers

Un article publié par Le Monde en date du 9 janvier 2015. Extraits

  • En adjectifs

« Irrévérencieux, vulgaire et en porte-à-faux avec toutes les religions », énumère leWashington Post« Athée et de gauche », poursuit le Wall Street Journal. « Un magazine antireligieux, de gauche qui n’avait aucun scrupule à heurter qui que ce soit », ajoute la chaîne américaine NBC. L’hebdomadaire « se faisait un malin plaisir à embrocher les figures religieuses, les hommes politiques et les célébrités », décrit encore le quotidien canadien The Globe and Mail. « Impitoyable, sardonique, et souvent obscène », poursuit Vice, qui résume : « Charlie Hebdo se fiche pas mal des vaches sacrées ». 

  • En traditions françaises

Pour les médias étrangers, Charlie Hebdo fait aussi partie intégrante d’une culture bien hexagonale. « Publier des papiers de gauche, à scandales, est une fière tradition française depuis que Marie-Antoinette a été guillotinée », s’amuse ainsi le quotidien britannique The Independant qui évoque une équipe « d’écrivains et illustrateurs libertaires de gauche, dont les dessins grossiers sont devenus la signature du journal ». 

« Charlie Hebdo appartient à une longue tradition de satire politique française », pour le site anglophone Vox. « Entraîné dans d’innombrables polémiques et scandales judiciaires (…) le nom de Charlie Hebdo a fini pas être associé, en France, à la liberté d’expression, et même davantage, à la liberté de provoquer », poursuit Vice qui, citant le président du Centre de civilisation et de culture française de New York, évoque un patrimoine « qui remonte loin dans le passé jusqu’aux Lumières ». 

Vox met pour sa part l’accent sur le concept de laïcité, « une part très importante de la culture française, qui a aussi été décrite comme l’un des mythes fondateurs de la République française qui va bien au-delà de la séparation de l’Eglise et de l’Etat que nous avons aux Etats-Unis. »

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