Archives du 1 mai 2017

De la Désobéissance civile au Discours de la servitude volontaire et vice versa #parleramaplace

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A défaut de pouvoir changer le monde, qu’il est bon de (re)trouver des articles qui parlent à ma place !!!

Bon 1er Mai à tous

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Liberté by prettyzoely

La Désobéissance civile by Henry David Thoreau – 1849 

La Désobéissance civile, titre original Civil Disobedience est un essai de Henry David Thoreau publié en 1849. H.D. Thoreau écrit sur le thème de la désobéissance civile, en se fondant sur son expérience personnelle. En juillet 1846, Thoreau fut emprisonné, n’ayant volontairement pas payé un impôt à l’état américain, car il lui reprochait de soutenir l’esclavage qui régnait alors dans le Sud et de mener une guerre contre le Mexique. Il fut content d’être incarcéré pour cet acte posé. Il ne passa qu’une nuit en prison, car son entourage paya la caution, ce qui le rendit furieux. Avec le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, La désobéissance civile est un ouvrage précurseur du concept de la désobéissance civile.

Et voici un extrait d’un article publié par Yann FORGET 

De grand coeur, j’accepte la devise : «Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins» et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également : «que le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout» et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront. Tout gouvernement n’est au mieux qu’une «utilité» mais la plupart des gouvernements, d’habitude, et tous les gouvernements, parfois, ne se montrent guère utiles. Les nombreuses objections — et elles sont de taille — qu’on avance contre une armée permanente méritent de prévaloir ; on peut aussi finalement les alléguer contre un gouvernement permanent. L’armée permanente n’est que l’arme d’un gouvernement permanent. Le gouvernement lui-même — simple intermédiaire choisi par les gens pour exécuter leur volonté —, est également susceptible d’être abusé et perverti avant que les gens puissent agir par lui. Témoin en ce moment la guerre du Mexique, œuvre d’un groupe relativement restreint d’individus qui se servent du gouvernement permanent comme d’un outil ; car au départ, jamais les gens n’auraient consenti à cette entreprise.

Discours de la servitude volontaire by Étienne de La Boétie – 1576

Ce discours est publié par et disponible sur singulier.eu

Par ailleurs France Culture a parlé de ce discours le 30 août 2016 sur Deux minutes papillon de Géraldine Mosna-Savoye (la mise en gras est de mon fait)

Aujourd’hui, une réédition au programme des classes préparatoires scientifiques du grand Discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie aux éditions Payot.

«Je désirerais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nation supportent quelquefois tout d’un Tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer»

D’abord, j’ai lu un extrait du Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie, discours réédité aux éditions Payot, qui date de 1576. Et ensuite, on a entendu une archive, la voix d’un tunisien le 28 janvier 2011 pris dans les tourments et les espoirs du Printemps arabe. De l’un à l’autre, la leçon de La Boétie semble avoir été entendue : la puissance d’un Tyran ne tient qu’à celle qu’on lui donne, il n’a de pouvoir de nuire que le temps qu’on veut bien l’endurer. Mais que se passe-t-il jusque-là ? A qui est-on soumis quand on obéit, le temps de l’obéissance ? Et surtout, se révolter signe-t-il la fin de la domination ?

Ces questions dépassent largement le cadre de la tyrannie finalement : elles se posent à chacun de nous dès lors que l’on vit en société, dès lors que l’on travaille avec d’autres, dès lors que l’on échange avec ses amis. Mais elle semble aussi se poser d’abord à nous, en nous : quand cet homme dit qu’il doit donner sa vie pour être libre, on se demande pourquoi vivre impliquerait d’emblée de servir, de vouloir nécessairement la servitude. Dans le très bel essai que le philosophe Claude Lefort fait du Discours de la Boétie et que les éditions Payot publient à sa suite, il soulève ainsi le scandale de ce texte : nous obliger à «penser la servitude dans les horizons du monde humain».

Vouloir la servitude est déjà une contradiction en soi, mais pourquoi en fait-on même une seconde nature, comment parvient-on à en faire quelque chose de proprement humain ? A force de désigner des tyrans, c’est comme si on oubliait qu’on était d’abord les nôtres. Un oubli que La Boétie rappelle à notre bon souvenir et qu’il nous exhorte encore à interroger, «forçant», comme le dit encore Lefort, «les murs du temps».

 

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