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Médiapart, je ne suis pas d’accord sur ce que vous laissez publier dans votre journal à propos de Madagascar

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J’ai lu l’article MADAGASCAR – Election présidentielle 2018 : Madagascar dans l’impasse. Il ne dit rien de ce que les Malgaches ont réellement vécu et continuent de (sur)vivre.

Mais tout d’abord merci pour les infos à propos de la corruption institutionnalisée qui est maintenant examinée par les Nations Unies ?!! Je suis très épatée que l’on daigne enfin se pencher sur le problème.

Ce qui m’interpelle le plus c’est ce qui est dit sur l’ancien Président Ravalomanana dans cet article. Je vais vous raconter ce que j’ai vécu. J’ai effectué mon premier retour aux sources en 2001 et j’ai été extrêmement choquée de la pauvreté visible dès la descente d’avion. Ma fille, 8 ans à l’époque, m’a même demandé «Maman, pourquoi c’est si pauvre ?». J’ai répondu par les larmes. Ensuite, en 2002 je suis à nouveau revenue (seule) à Madagascar et j’ai participé à la dernière ligne droite de la campagne de Marc Ravalomanana qui comme on le sait a été élu après 25 ans (ou plus ?) de règne de Didier Ratsiraka que j’ai toujours nommé le Dictateur. Son prédécesseur le Colonel Ratsimandrava a été assassiné au bout de 1 ou 2 semaines ? seulement de présidence  et je n’ai pas connu ses successeurs.

Durant cette dernière ligne droite de campagne ayant eu lieu au stade de Mahamasina rempli de monde, j’ai «senti» l’espoir des gens placé en Marc Ravalomanana et j’avais même dit à mon entourage «pourvu qu’il fasse honneur à cet immense espoir». Même moi j’étais exaltée, pourtant je n’y vis plus. Je n’y vais que pour les vacances.

Je suis revenue en 2006 et j’ai vu les grandes transformations déjà visibles : plus de nids de poules, les enfants des rues ont disparu. J’ai même demandé où sont-ils passés ? Et c’est là que j’ai appris ce qu’a fait le père Pedro. Qui par ailleurs s’est dévoyé avec le Diable après le coup d’état.

Je suis à nouveau revenue en décembre 2008 sans savoir ce qui allait se passer dès le début de l’année suivante. Le lendemain de mon retour en France (début 2009), j’ai entendu qu’il y avait eu une manifestation devant l’ambassade de Madagascar à Paris pour demander la démission de Marc Ravalomanana. Et le coup d’état a eu lieu le 7 février à Antananarivo. Je refuse cette allégation «celui qui est reconnu coupable pour le meurtre massifs de civils en 2009 et que l’on nommait le «Président dictateur»

Je fus sous le choc. A l’époque, j’étais sur Facebook et mes soi-disant amies me demandaient de relayer des informations disant que Ravalomanana était en train de vendre Madagascar à des investisseurs (l’affaire Daewoo que vous mentionnez dans votre article). J’ai répondu à ces amies qu’il était hors de question de diffuser des infos (publiées par Le Courrier International et Madagate) dont je n’avais ni les tenants ni les aboutissants. Je leur ai dit également qu’elles non plus n’en savaient rien de ce qui se passait puisqu’elles vivent en France comme moi. Elles ont insisté et j’ai fini par quitter Facebook. D’ailleurs les fausses informations sur d’autres sujets semblent encore provenir de Facebook actuellement .

Ce coup d’état a fait des ravages à Madagascar, en particulier chez les jeunes selon le rapport de l’UNICEF

Il a divisé des familles, y compris la mienne. Quant aux amis Malgaches, je me suis méfiée d’eux. J’ai même coupé les ponts avec certains d’entre eux quand j’ai appris qu’ils étaient pour le DJ, Andry Rajoelina, fomenteur du coup d’état avec l’aide de Ratsiraka et qui s’était auto-proclamé Président (il devait y être seulement pendant la transition et il y est resté 5 ans, c’est-à-dire de 2009 jusqu’aux élections qui ont mis le Président actuel au pouvoir depuis le 25 janvier 2014).

J’ai entendu beaucoup de choses dites sur Ravalomanana, notamment durant son 2ème mandat et j’ai compris petit à petit pourquoi. Tous ceux qui faisaient des trafics de tous genres entre la Réunion et Madagascar, et même entre la France et Madagascar, ne pouvaient plus le faire. L’oligarchie Merina (en connivence avec la France, disons avec la Françafrique) voyaient leur monopole tomber en ruines à cause de Ravalomanana qui a fait appel à d’autres investisseurs (politique internationale tous azimuts disait-on à l’époque). Et je passe sur d’autres choses à propos des multinationales (pétrole, mines, infrastructures,…).

La corruption a toujours existé, depuis la nuit des temps et j’en suis malheureuse. Je me souviens du temps de Ratsiraka où les investisseurs désireux d’entreprendre quelque chose à Madagascar devaient payer jusqu’à 40% du marché pour l’obtenir. Des ministres devaient avoir leurs 4/4 sinon rien. Les expatriés qui allaient récupérer des affaires à la douane payaient en dessous de table pour l’obtenir rapidement.

Je me souviens de l’année où je suis allée déposer ma demande de visa pour un départ définitif auprès du consulat. La personne (un homme Français, je tiens à le préciser) m’a fait revenir plusieurs fois arguant qu’il manquait tel ou tel papier. Je suis retournée autant de fois mais à la dernière fois, j’ai fait intervenir mon mari et par magie j’ai obtenu mon visa. Pareil pour mon passeport malgache au Ministère de l’Intérieur, j’ai dû revenir plusieurs fois pour les mêmes raisons. Cette fois-là c’est moi qui ai menacé d’aller voir la personne qui devait signer si je n’avais pas mon passeport. Et je l’ai eu. SANS RIEN PAYER.

Beaucoup plus tard, un de mes professeurs à l’université en France me disait qu’il était en train de faire construire une maison à Madagascar pour sa retraite. Pensant que la conversation se faisait entre adultes, je lui ai répondu «Monsieur, s’il n’y avait pas de corrupteurs, il n’y aurait pas de corrompus». Il m’a saquée sur ma note (j’ai eu 9/20) et heureusement c’était la seule note en dessous de la moyenne. J’ai eu mon diplôme avec mention Bien. 

Bref. Tout ça pour dire que la corruption existe et elle est même institutionnalisée comme dit l’article. Ravalomanana a voulu lutter contre cela (preuve en est la création du Bianco suivant les articles 2 et 3 du Décret N° 2004-937 du 05 Octobre 2004) et mal lui en a pris puisqu’il a été renversé. Il n’a pas démissionné. Il est parti en Afrique du Sud car il a été menacé de mort. En 2012, on a beaucoup parlé de son retour à Madagascar. J’ai été parmi ceux qui étaient allés à l’aéroport pour l’accueillir mais il n’est jamais arrivé. On l’en a empêché.

Les terres soi-disant vendues par Ravalomanana aux étrangers, c’était des tractations d’avant sa Présidence. Le plan d’action pour le développement de Madagascar, c’est Ravalomanana qui l’aurait mis à l’ordre du jour puisqu’il aurait traîné dans les tiroirs présidentiels. Et il a d’ailleurs disparu du site de la Présidence (depuis le coup d’état). Juste pour dire que des choses auraient pu se faire depuis longtemps pour le développement du pays mais Ratsiraka et sa clique étaient trop occupés à se remplir les poches. Et personne ne parle des «Biens mal acquis» de Ratsiraka, sauf erreur de ma part. Et celui qui a voulu changer les choses (après le défunt Ratsimandrava) sera pour les uns le Père (Dada) de la Nation, pour les autres le « Dictateur ». Son entreprise Tiko a fait vivre beaucoup de Malgaches. Les produits étaient bons, pas chers et fabriqués localement. Maintenant ceux qui les ont remplacé étaient importés, pas à la portée de tout le monde. Peut-être que maintenant il y a des produits locaux mais je n’en sais rien.

Madagascar est maintenant le pays le plus pauvre de la planète malgré les ressources naturelles par ailleurs pillées par l’Etat et les exploitants miniers. Et les Malgaches risquent leur vie en allant travailler dans des mines sauvages pour essayer de survivre.

La dernière fois que je suis revenue à Madagascar, c’était en 2015 et j’ai été effarée par ce que j’ai vu. Surtout à Tana. La pollution à cause des véhicules qui datent de Mathusalem à l’exception de ceux des Ministres et du Président, ainsi que ceux qui ont repris et continuent leurs sales affaires. La femme du Président Rajaonarimampianina fait exactement ce que faisait la femme de Ratsiraka. La seule différence c’est le pays de destination pour le shopping (l’Afrique du Sud pour la 1ère et la France pour la seconde). Et le Président Rajaonarimampianina est venu quémander de l’argent récemment auprès de Jupiter (c’est mon opinion). Je n’ose imaginer la scène au vu de ce qui se passe actuellement en France avec les coupes budgétaires. Et seule la chaîne TV5 Monde a parlé de cette visite en France. Je vous laisse regarder l’interview.

Pour conclure, la personne qui a rédigé l’article (truffé de fautes d’orthographe soit dit en passant) n’a pas été à Madagascar pour témoigner de tout ce qu’il dit. Il fait seulement référence à des articles qui ont été publiés à l’époque et bien entendu en défaveur de Ravalomanana. Et j’aimerais dire aussi que peut-être qu’il pourrait laisser les Malgaches choisir leur futur Président fut-ce «entre la peste et le choléra ?», termes par ailleurs très violents à mon sens.

Merci beaucoup.

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Le vrai leader en politique existe. Je l’ai trouvé. Enfin, presque. Et pas en France en tout cas.

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Comme pour ma quête «Qu’est-ce qu’un bon Chef d’état ?» (billets connexes ci-dessous) et ainsi alimenter ma Page connexe Gouvernance, j’ai fait une recherche sur «Un vrai leader en politique». Surprise ! Les résultats obtenus viennent plus de sites de business, développement personnel, approche du leadership, … que de sites politiques.

A l’adresse de Macron-Jupiter-Machiavel-Julien Sorel-Je suis le Chef : les débats/idées/réflexions/etc. ci-dessous pourraient peut-être inspirer sa pensée complexe. J’dis ça, j’dis rien.

Débat. Le pape est-il le dernier vrai leader politique ?

[…] François [Le Pape] offre une vision du monde au lieu de s’en prendre bêtement à l’épouvantail du populisme, écrit ce site italien. Les leaders politiques feraient bien de s’en inspirer.
NB : l’article est réservé aux abonnés et je n’en suis pas une. Bonne lecture à ceux qui le sont!

5 conseils de Jules César pour devenir un vrai leader

[…] Une destinée qui semble inaccessible tellement elle est ambitieuse. Et pourtant, Jules César n’a jamais cessé de croire en ses rêves et suivre sa propre voix, n’en déplaise aux plus puissants sénateurs. Il faut beaucoup de courage pour suivre inlassablement sa propre voie et ne jamais laisser les obstacles briser ses propres rêves.

Le charisme comme condition du leadership politique

Le danger de sujets comme celui-ci (leader, leadership, opinion, démocratie) est de donner pour acquis la notion elle-même sans l’interroger. Or, il s’agit d’abord d’une question de langage, de savoir ce que signifient les mots qui sont employés par les divers acteurs sociaux, et qui circulent dans l’espace public. Le travail d’un analyste des discours est d’interroger les mots dans leurs divers emplois afin de voir à quelles notions ils correspondent, et de quelle réalité sociale ils témoignent.

Les qualités qui font un bon leader (selon 200 leaders dans le monde)

Avoir du leadership n’est pas donné à tout le monde… La Harvard Business Review a classé les meilleures compétences et qualités à avoir pour bien manager une équipe, selon une étude réalisée auprès de 195 leaders de 15 pays différents. Avez-vous la trempe d’un bon leader ?

Les trois plus importantes qualités d’un leader performant

Un leader, c’est une personne qui aide les gens à se responsabiliser quant à l’atteinte d’un objectif commun dans une synergie de groupe. Que vous soyez un patron, un parent, un coach, un politicien, ou que vous occupiez toute autre fonction qui vous positionne à l’avant-scène, vous avez un rôle de guide à assumer.

Dix étapes pour devenir un vrai leader comme Malcolm X

Bien sûr! Devenir un  L E A D E R  n’est pas chose facile… Ça demande beaucoup de courage, de connaissances et de dévouement. Il s’agit d’être un faiseur de tendances, un révolutionnaire, un leader d’opinion. Si nous en parlons aujourd’hui, c’est parce qu’une #Femmedinfluence devient une Leader de fait ; et malgré vous, vous devrez assumer ce rôle. Et pour vous y aider, nous avons analyser la vie d’une figure emblématique du leadership : Malcolm X. Charismatique, déterminé et courageux, ce défenseur de la cause noire est certainement l’un des exemples les plus accomplis en matière de leadership. Et ça ne s’est pas fait du jour au lendemain.

Crise: et si Roosevelt avait raison

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