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Lundi magique d’inspiration “Within the Eye of the Storm” via @CGNews

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Sans plus de blabla de ma part, voici un article qui mérite notre attention…La mise en gras de certains paragraphes est de mon fait. Ce film arrivera-t-il un jour en France ? J’espère que oui…

Israéliens et Palestiniens, quand les ennemis deviennent des frères
par Shelley Hermon
26 octobre 2012

* Shelley Hermon est réalisatrice et productrice indépendante. La bande-annonce et la version intégrale de Within the Eye of the Storm sont disponibles en ligne pour une durée limitée à l’adresse suivante : www.withineyeofstorm.com. Les personnes intéressées à projeter le film sont priées de la contacter par email à l’adresse suivante : shelley@firefly-pictures.com. Article écrit pour Common Ground News Service (CGNews).

Source : Service de presse de Common Ground (CGNews), 26 octobre 2012, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Tel Aviv, Israël – Il est midi et, par une chaude journée de septembre, je me rends à la Cinémathèque de Tel Aviv pour assister à la première de mon film Within the Eye of the Storm, qui raconte l’histoire de Bassam Aramin et Rami Elhanan – un Palestinien et un Israélien qui, malgré tous les obstacles, deviennent frères après avoir été ennemis.

Notre équipe a choisi le jour international de la paix pour le lancement du film. Il nous semblait nécessaire de transmettre un message de paix au reste du monde, et de montrer qu’il existe toujours une alternative à la violence.

Nous avons organisé une projection simultanée dans toutes les cinémathèques israéliennes, au Parlement à Oslo, dans un cinéma de Philadelphie et dans un cinéma français. Le film a également été diffusé sur deux chaînes télévisées : TV5 et Chello Multicanal.

Alors que je marchais en direction de la Cinémathèque de Tel Aviv, touchant à la fin d’un processus de cinq années, je me suis rendue compte que le film demeurait inconnu de la plupart, dans un lieu où il a pourtant toute sa pertinence. Je me demandais si quelqu’un allait-il se sentir suffisamment concerné pour venir le voir. Les mots tels que « paix » sont-ils si démodés et dépassés pour la majorité des Israéliens et Palestiniens que nos efforts n’ont plus raison d’être ?

Je suis née en Israël, et ai grandi à Londres depuis l’âge de 8 ans. De ce fait, mon horizon s’est élargi, mais mon cœur restera toujours israélien. J’ai pendant des années essayé de comprendre le continuel conflit entre Israéliens et Palestiniens ; comprendre pourquoi mon grand-père y a laissé sa vie, alors qu’il était un défenseur de la tolérance et la compréhension ; pourquoi le nombre de victimes est toujours plus nombreux et pourquoi nous continuons de traiter le conflit de la même manière, qui ne semble pourtant ne pas fonctionner.

Cinq ans en arrière, j’ai finalement décidé de retourner vivre en Israël, avec, pour quête, de trouver d’autres personnes qui, comme moi, refusent que la violence ne soit la réponse normale et légitime à la situation actuelle. J’ai cherché des individus de part et d’autre du conflit, qui y ont réussi malgré tous les obstacles dressés par leurs sociétés et cultures respectives. C’est ainsi que j’ai rencontré Aramin et Elhanan et que j’en suis venue à raconter leur remarquable histoire.

Within the Eye of the Storm, un documentaire que j’ai réalisé et coproduit avec Nisan Klatz, raconte le parcours d’Aramin et d’Elhanan, autrefois des soldats prêts à tuer et à périr pour l’amour de leur nation. Or, les deux ont payé le prix de cette guerre lorsque leurs filles respectives ont laissé leur vie dans le conflit. Dans l’atroce douleur de leur perte, leur choix a été inattendu. Ils ont lutté contre l’envie de vengeance et se sont unis dans une mission visant à humaniser chaque ennemi qui a pris la vie d’un des membres de leurs familles. Au cours de ce voyage, ils révèlent l’amitié et l’humour qui les gardent en vie.

Alors que les spectateurs commençaient à remplir la salle de cinéma jusqu’au dernier siège, j’ai eu la certitude que le message de mon film allait après tout être entendu.

Je suis montée sur scène pour échanger avec le public à l’issue de la projection, tous les spectateurs étaient en larmes. Le silence créé par une ambiance intense et pleine d’émotion a été brisé par les applaudissements chaleureux. Lorsque Aramin m’a rejointe sur scène, la salle entière s’est levée.

Ce jour-là, lorsque je suis rentrée chez moi, j’ai reçu les rapports des autres projections, des appels à n’en plus finir, des messages et des emails de spectateurs de tous les coins du monde, mais surtout d’ici. En lisant à quel point ils m’étaient reconnaissants d’avoir partagé cette histoire, de leur avoir donné espoir, de leur avoir ouvert l’esprit et de leur avoir montré une autre possibilité, j’ai compris qu’en dépassant la peur et le scepticisme, ne serait-ce qu’un instant, il est possible de voir l’ « autre » et découvrir le désir partagé pour un avenir meilleur.

Il se peut que mon film ne soit qu’une goutte d’eau dans la mer. Mais si ne serait-ce que quelques personnes ont quitté la salle en ayant à nouveau foi dans l’humanité et le dialogue, il se peut alors que cette goutte d’eau devienne un ricochet, qui à son tour deviendra une vague.

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«Les étudiants du Moyen-Orient apprennent que l’histoire peut rassembler» by Ruth Eglash via @CGNews #SPCG

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*Ruth Eglash est un grand reporter au journal The Jerusalem Post. L’an dernier, elle est devenue la première lauréate du prix du reportage interculturel des Nations Unies grâce à l’histoire qu’elle a co-écrite avec un journaliste jordanien. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNEws).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 19 août 2011, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Amman – Quelques minutes après m’être jointe au groupe de lycéens jordaniens et maltais à qui l’on enseignait combien il est important de préserver le patrimoine culturel pour les générations à venir, je me suis rendue compte que si les récits historiques servaient souvent à intensifier les conflits, l’histoire au sens général du terme avait, en revanche, la faculté de rassembler les peuples.

Les lycéens participaient au programme de l’Union européenne Euromed Héritage 4, ELIACH (Approche des liens éducatifs avec le patrimoine culturel), un projet assez récent qui, l’an dernier, a fait appel à des adolescents issus de différents pays méditerranéens pour leur inculquer l’amour universel des sites historiques – quel que soit leur emplacement.

La rencontre jordano-maltaise a eu lieu, le mois dernier, au Royaume hachémite. Quelques-uns des défenseurs de l’environnement, archéologues, architectes historiens et autres spécialistes de la région méditerranéenne les plus réputés ont enseigné aux lycéens les techniques de préservation et de conservation.

Le programme a été conçu par Madame Anna Lobovikov-Katz, maître de conférences et chercheuse à Technion – Institut de technologie d’Israël. J’ai, pour ma part, été dépêchée pour observer et décrire les objectifs dudit programme.

Cependant, compte tenu du conflit arabo-israélien actuel et conscients du pouvoir grandissant du mouvement anti-normalisation jordanien, les organisateurs craignaient que le simple fait de faire état de l’engagement d’Israël puisse avoir un impact négatif sur le programme et porter atteinte à son objectif principal: rassembler les peuples pour protéger les sites du patrimoine culturel afin que les prochaines générations en profitent.

Naturellement, les Israéliens prenant la direction du projet, l’information n’a pas tardé à être connue des élèves. Toutefois, à la grande surprise de tous, la présence d’Israël n’a, semble-t-il, pas empêché le succès final de l’atelier.

Au terme des quatre jours d’atelier, les réactions de ces jeunes de 15/16 ans m’ont vraiment réconfortée. Ils ont vite compris que l’amour commun de l’histoire peut facilement transgresser les frontières et unir les peuples, quelles que soient les tensions politiques.

 »Lorsque les participants [jordaniens] se sont rendus compte que les Israéliens étaient associés au projet, ils n’ont pas saisi la raison pour laquelle ils devaient être là, » m’a confié un des facilitateurs jordaniens durant le voyage.  »Je leur ai expliqué que le patrimoine culturel n’est pas une question politique et qu’il revêt la même importance pour tout le monde. »

 »Le but est de développer chez les élèves un sens de la propriété commune afin qu’ils se sentent plus responsables de prendre soin de l’histoire et de la culture qui les entourent, »a expliqué Christophe Graz, chargé par l’UE de surveiller l’évolution et la mise en oeuvre du projet.

M. Graz a admis, cependant, qu’il n’avait pas été facile de rallier tous les pays à ce projet. En effet, la participation d’Israël était, pour certains pays, un sujet politiquement sensible. Pour finir, tous ceux qui se sont engagés ont compris que les questions relatives à la préservation de l’histoire devaient transcender les frontières et le conflit.

 »Ce programme offre une occasion unique d’encourager le dialogue interculturel entre les participants dans le domaine de la protection du patrimoine culturel, » a souligné Ana Lobovikov-Katz, dont les collègues sont d’éminents spécialistes des universités d’Athènes, d’Anvers, de Venise et de Malte.

Lors des discussions avec les lycéens, en particulier avec ceux originaires de Jordanie, j’ai compris à quelle vitesse ce concept pouvait vite devenir réalité si les jeunes apprenaient à apprécier l’histoire pour l’amour de l’histoire et non pas simplement pour renforcer le récit de leur propre nation.

Une des élèves maltaises, Martina Bugelli, âgée de 17 ans, a fait remarquer de façon émouvante que l’  »histoire n’appartient pas à un pays en particulier ».  »Il s’agit du patrimoine mondial et je pense que tout le monde devrait apprendre comment vivaient les générations passées » a t-elle précisé.

Martina Bugelli, qui a aussi visité le patrimoine culturel le plus célèbre de Jordanie, Pétra, la cité nabatéenne vieille de 2000 ans, a ajouté:  »C’est un lieu unique et irremplaçable qui nous appartient à tous, à l’ensemble de l’humanité et nous devons essayer de le préserver et de le protéger aussi longtemps que possible. »

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