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«La colère est nécessaire mais elle doit déboucher sur un projet… L’Afrique a des idées».

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J’ai été parmi ceux qui ont réagi violemment (moi en tout cas) sur Twitter aux propos de Macron sur le problème «civilisationnel» de l’Afrique. Et sur ses précédents «délires». Je ne mets pas de liens, ça n’en vaut pas la peine.

Ma colère passée, j’ai commencé à chercher qu’est-ce que je pourrais bien trouver de positif. Et je tombe cette nuit sur cet article publié par Le Monde «Frères Africains, répondons par le mépris aux élucubrations d’Emmanuel Macron !»  en lien dans cet autre article Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, la vérité des chiffres .

Je vous laisse lire l’état des lieux en chiffres de la natalité en Afrique, je me concentrerai sur la réponse par le mépris de Hamadou Anne, chroniqueur Le Monde Afrique, aux élucubrations d’Emmanuel Macron. J’espère que Le Monde ne m’en voudra pas de publier une grande partie de l’article. J’en ai besoin pour mon mea culpa d’avoir été violente dans ma réaction mais aussi pour parler de la suite.

Je note avec beaucoup de circonspection le bruit, souvent excessif, provoqué par les propos d’Emmanuel Macron au G20 à Hambourg sur le «défi civilisationnel» de l’Afrique, que le président français précise ainsi : «Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien». Certains ont vite établi un parallèle avec le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, dans lequel l’ex-président français regrettait que «l’homme africain» ne soit pas «assez entré dans l’Histoire».

Replaçons le contexte. Emmanuel Macron répondait à une question exaspérante de Philippe Kouhon sur comment l’Occident peut «sauver» l’Afrique. Le journaliste ivoirien représente, certainement de façon involontaire, cette «conscience de la défaite» qui nous étreint depuis si longtemps, celle qui place une large frange d’entre nous, Africains, dans la posture du mendiant réclamant une pitance au généreux «chef blanc».
Pour en revenir à la polémique, je suis convaincu d’emblée qu’Emmanuel Macron n’est pas raciste. C’est exagéré, voire malhonnête, de soutenir le contraire. Mais il porte en lui toute la condescendance de la classe sociale des privilégiés qu’il représente : mâle, blanc, riche, membre de l’élite issue des grandes écoles, etc.
Frères Africains, consacrons notre énergie à ce qui en vaut la peine ! Si les élucubrations d’un enfant gâté de la République nous font autant sortir de nos gonds, c’est nous qui avons un problème profond avec nous-mêmes. Je ne fustige pas la colère, elle est nécessaire. Il nous faut évidemment savoir nous indigner face aux malheurs et aux injustices du monde. Mais utiliser notre énergie pour réagir aux propos d’un président français pendant que les Burundais, les Congolais, les Sud-Soudanais meurent à cause de l’inaction coupable, voire complice, de nos dirigeants africains est une perte de temps.
Lire aussi :  «L’Afrique doit se regarder et regarder le monde avec ses propres lunettes»
Lors de la première édition des Ateliers de la pensée à Dakar, l’historien sénégalais Mamadou Diouf rappelait son embarras que des intellectuels aient mobilisé leur énergie et leur temps pour répondre aux déclarations de Sarkozy sur l’Afrique. Il a raison. Le mépris reste parfois la meilleure réponse face à la bêtise humaine et à l’ignorance.
S’indigner ne signifie pas se couvrir de ridicule à coups de tweets ou de posts Facebook exagérés. Les bouffons racistes, parmi nous, qui parlent en notre nom, ne nous rendent pas service et ne servent pas la cause de la transformation sociale et du progrès dans nos pays. La colère doit déboucher sur un véritable projet, lequel est d’ores et déjà voué à l’échec s’il n’est que réaction aux propos de tel ou tel. Fût-il un président français.

Il est signalé en bas de l’article qu’Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.

Voici donc quelques articles relevés sur ce think tank indépendant fondé sur l’afro-responsabilité

Quels sont les risques et les enjeux de l’intégration financière en Afrique francophone ?

Quelles perspectives de croissance pour l’Afrique en 2017 ?

Comment les TIC peuvent-elles permettre à l’Afrique d’atteindre ses objectifs de développement ?

Le numérique au secours de la santé en Afrique

FinTechs in Africa: Multifaceted Tools to Promote Financial Inclusion

The Iroko project: The Crowd lending Pioneer in West Africa

Entretien avec Bénédicte Kudiman, fondatrice de Beto academy

Reflections: From the Misery of Lucid people in a Simple World

Les nouveaux agriculteurs : Anturia Mihidjai, la femme qui change la vision de l’agriculture aux Comores

Mon but n’est pas de reporter ici tous ces articles, c’est pour dire que les projets foisonnent en Afrique! 

Pour terminer, vous trouverez sur ma page «Défis Afrique»  ce qu’est l’Autre Afrique, celle d’aujourd’hui, celle du 21ème siècle. Il était temps d’alimenter à nouveau cette page!

Bon 14 juillet à tous

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Photo crédit : prettyzoely

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La Banque ouest-africaine de développement organise un forum sur le développement durable

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La Boad veut devenir une banque de développement durable
EconomiePan AfriqueDéveloppementBanque
MARDI 15 JUIN 2010 / PAR FALILA GBADAMASSI

La banque de développement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) affiche ses ambitions en matière de développement durable et de protection de l’environnement. Le programme de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) en la matière à court terme : proposer une assurance climat aux agriculteurs et profiter des opportunités du marché carbone.
La Banque ouest-africaine de développement (Boad) se met au vert.
Elle a décidé de commémorer le cinquantenaire des indépendances en se positionnant comme une institution de financement du développement durable. Ce thème fait l’objet d’un forum de deux jours qui a été ouvert ce mardi à Lomé, la capitale togolaise. « Nous voulons concentrer nos efforts sur une question de plus en plus prioritaire », explique Abdoulaye Bio-Tchane, le président de la Boad. « Nous n’avons pas sacrifié à la mode », souligne par ailleurs un haut responsable de l’institution financière que se partage les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont sept célèbrent leurs 50 ans d’indépendance. Depuis le milieu des années 90, précise-t-il, les évaluations environnementales sont systématiques pour les projets traités par la Boad. Mais en 2008, la banque a franchi un cap en l’inscrivant dans « son plan stratégique 2009-2013 ». Le développement durable est devenu, avec l’accès aux services financiers dans la zone Uemoa qui fait défaut à 93% de sa population, l’une des ses deux nouvelles priorités.
« Nous voulons faire accéder nos pays à l’important marché des produits carbone », a indiqué ce mardi Abdoulaye Bio-Tchane. Le Mecanisme du développement propre (MDP), institué par le Protocole de Kyoto, permet aux projets, qui y sont éligibles parce qu’ils contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, de bénéficier de crédits qui peuvent être vendus sur le marché du carbone. L’Afrique ne représenterait que 1 à 2% d’un marché estimé à 144 milliards de dollars, indique-t-on à la Boad. La part des pays de la zone Uemoa est encore plus insignifiante. Elle s’élève à 0,23%, soit 5 projets sur 44 pour l’Afrique, et 2211 pour la planète (mai 2010).
Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), notait en mars dernier que les banques de développement régional avaient un rôle à jouer dans l’accroissement de la participation des Africains à ce marché. La Boad entend ainsi, selon son président « d’ici à la fin de l’année » introduire « quelques produits » sur le marché carbone. Un moyen de générer des ressources pour des pays africains qui seront les premières victimes du changement climatique et qui n’ont pas les capacités techniques et financières de faire face au phénomène. Le projet lié au traitement des déchets de la décharge publique d’Akuedo, la plus importante de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, devrait être l’un des premiers produits proposés par la Boad sur le marché carbone. Il permettra de récupérer du méthane, qui dans certains cas, peut servir à produire de l’électricité. Ce type de projet, selon le PNUE, qui transforme le méthane en électricité est le plus prisé sur le continent africain. Il compte pour 20% des projets MDP africains.
Protéger contre le changement climatique et faire profiter du « green business »
Afin de faciliter l’accès au marché du carbone, la Boad a entrepris de former ses Etats membres à leur exécution. Le fonctionnement du marché du carbone reste en effet complexe. Les pays africains qui ont les potentiels, énergétiques ou forestiers entre autres, pour tirer profit de ce marché sont quelque peu dépourvus face aux standards imposés et le coût élevé du développement de projets éligibles. A cela s’ajoute, le fait qu’ils aient une importante composante industrielle. Ce qui explique que des pays comme la Chine et l’Inde soient des champions sur ce marché.
En attendant de tirer profits des droits de polluer (crédit carbone), les agriculteurs africains sont confrontés aux conséquences dramatiques du changement climatique. La Boad, qui sera l’une des premières institutions à mettre en oeuvre cette innovation financière, envisage désormais de les aider à les surmonter. Abdoulaye Bio-Tchané a annoncé le lancement d’une assurance climat dans les « prochains mois » pour protéger les agriculteurs de la zone Uemoa. Selon les estimations de la Banque mondiale, « l’Afrique est confrontée à une perte d’1 à 2 % de son PIB annuel en raison de la variabilité du climat ». Face au réchauffement climatique, affirme Abdoulaye Bio-Tchané, « nous réclamons des mesures d’adaption et de compensation (au niveau international), mais il nous faut aussi agir ».
La Boad s’engage dans de nouveaux chantiers tout en intensifiant ses engagements actuels. Objectif : permettre au plus grand nombre d’accéder aux services de base, avec « un accent particulier sur les besoins du monde rural », a rappelé Abdoulaye Bio-Tchané au lancement du forum de la Boad sur le développemement durable et les projets structurants. La banque souhaite ainsi « garantir » l’eau potable « en toute saison aux 40% » des habitants de la zone Uemoa qui n’y ont pas accès, l’énergie électrique « aux 83% » qui n’en bénéficient pas, la sécurité alimentaire en modernisant l’agriculture et accélérer le développement des infrastructures. Le transport dans la zone Uemoa est le plus cher au monde : il représente « 14% de la valeur des exportations », rappelle Abdoulaye Bio-Tchané, « contre 8,6% pour les autres pays ».
En 37 ans d’existence, la Boad a financé 520 projets pour une valeur de 1 500 milliards de F CFA. Mais avec une croissance moyenne de 3% en 2009, les pays de la zone Uemoa sont encore loin du seuil des 7% nécessaire à une réduction significative de la pauvreté dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement.

Lire aussi

« Combattre la crise économique globale par le biais de l’entreprise privée, de l’innovation et de l’intégration »
20 avril 2010

De l’autosuffisance à l’interdépendance planétaire (dans le bon sens du terme)
18 mars 2010

L’UEMOA à Quinze Ans
SUBMITTED BY SHANTA ON MON, 2010-01-25 15:41