De la crise alimentaire à la crise de (mauvaise) foi pour terminer avec la crise du virtuel – «Moi, le crayon»

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Vous avez tout compris, le sujet de ce billet est LA CRISE (Mondiale), ce qui fait que le titre est très long :-) car tout y est dit ou presque ! Vous remarquerez que certains articles datent de 2008, c’est à dire du début de la crise que nous vivons toujours actuellement…En même temps, je dirais qu’Il faut retourner en 2005 pour comprendre ce qui se passe en ce moment dans le monde.

Sans plus tarder, voici quelques extraits lus sur Un Monde Libre : pour lire l’intégralité de chaque extrait, cliquer sur le lien.

Rareté ou opportunités : Quelle vision du monde ?
Emmanuel Martin, le 22 mai 2008 –
Avec la crise alimentaire, les discours sur le phénomène de la rareté sont légion. Pourtant, s’il est entendu que certaines ressources deviennent rares parce qu’elles sont épuisables, la plupart des phénomènes de rareté sont dus à l’incapacité de mettre en place des systèmes institutionnels permettant de juguler cette rareté. A l’image d’Haïti, où les réseaux informels d’approvisionnement ont été interdits pour taxer les marchandises, la rareté a été organisée par le politique. En interdisant le libre échange entre les peuples, ou en empêchant d’obtenir des titres de propriété qui donneraient à leurs populations les incitations à investir et se développer, certains Etats créent la rareté en étouffant les opportunités. Et plutôt que de chercher les causes dans leurs propres actions politiques, ils invoquent alors la «malédiction de la rareté» et défendent des politiques dont les effets pervers aggravent encore ce phénomène.
Depuis un mois, des voix se sont élevées pour dire que la crise alimentaire actuelle est une opportunité pour développer l’agriculture. Voilà un discours qui semble aller dans le bon sens. Mais il ne faudra pas oublier de remédier aux obstacles institutionnels empêchant «d’ouvrir le monde» aux opportunités, pour qu’il progresse enfin dans sa globalité.

Quelle voie pour le Sud-Soudan ?
Franklin Cudjoe et Japheth Omojuwa – Le 22 juillet 2011. 
[…] Cette fois-ci, l’heure n’est pas aux discours émouvants d’indépendance, mais plutôt à se mettre à produire des résultats qui vont inciter même les sudistes les moins patriotes à se draper des couleurs nationales dans une décennie, tant ils seront fiers que l’aube d’aujourd’hui amène peu à peu la croissance, le développement et la prospérité. Ceci n’arrivera pourtant pas grâce au hasard : une planification économique stratégique est aussi nécessaire pour permettre à la population plutôt qu’à l’État d’être le moteur de l’économie. Ceci doit être intentionnel dès le début. Ce gouvernement du Sud Soudan n’a pas besoin de s’essayer à ce que produit le protectionnisme – cela a été testé bien des fois et a entraîné plus de pauvreté et de sous-développement dans la plupart des États africains. Les Sud Soudanais, en tant que peuple, ont la possibilité de regarder le monde et de décider le genre de vie qu’ils souhaitent imiter. S’ils observaient assidument, ils finiraient par déterminer deux groupes : les nations économiquement libres et les nations économiquement moins libres. La plupart des nations libres sont prospères alors que la plupart des autres sont pauvres.
Le samedi 9 Juillet, avec la levée du drapeau le plus récent du monde, le Sud Soudan commence à zéro son chemin, soit vers une pauvreté accrue, soit, de préférence, vers une prospérité exemplaire. Nous ne pouvons que prier pour que ce pays africain fasse le bon choix et se lance dans la voie de la prospérité.

Japhet Omojuwa est Assistant de Recherche et adjoint à la rédaction d’IMANI et AfricanLiberty.org. Franklin Cudjoe est le président de IMANI et rédacteur en chef de AfricanLiberty.org.

Développement : L’importance des liens sociaux personnels de marché
Sanford Ikeda – Le 20 juillet 2011. 
[…] Il n’y a pas de meilleure explication de la façon dont la coopération large et impersonnelle fonctionne que l’essai classique de Leonard Read Moi, le crayon, dans lequel il démontre que personne ne peut connaître tout ce qui est intégré dans le processus de fabrication d’une chose en apparence aussi simple qu’un crayon : un crayon est la partie émergée d’un iceberg d’un processus de production immense, dont une seule des racines remonte, par exemple, aux mines de fer qui fournissent un seul input pour seulement l’un des outils qui entre dans la fabrication de la scie qui coupe le bois dont une partie est utilisée pour faire la gaine d’un crayon. La vraie merveille dans tout cela : pas une seule personne n’a besoin de savoir. Des dizaines de milliers de personnes qui ne se rencontreront jamais, travaillent néanmoins ensemble pour faire un crayon unique.
Des liens informels comme ceux décrits plus haut peuvent bien sûr exister au sein de sociétés moins libres et plus enrégimentées. Mais la liberté de s’associer avec des étrangers, qui est une partie importante de la liberté économique, donne lieu à tant d’autres connexions de ce genre. La vraie liberté ne signifie pas seulement d’être capable de tisser des liens avec de nouvelles personnes et nouveaux réseaux sociaux, cependant, mais aussi la liberté de briser les liens avec des partenaires commerciaux et anciens clients, ainsi que de quitter des réseaux sociaux, y compris ceux d’amis, de famille et de communautés

La capacité de former et de dissoudre des liens avec des réseaux sociaux donne un meilleur accès à une gamme de divers goûts et connaissances – dont beaucoup ne seraient peut-être pas très utiles, mais dont certains le sont sans aucun doute, tout en élargissant la gamme de cette diversité, en stimulant de nouvelles idées dans les entreprises, la science et la culture. La liberté encourage le progrès économique et la diversité sociale en donnant à chacun la liberté de mouvement, pas seulement d’un endroit à un autre, mais aussi d’un réseau social à un autre.
Cette liberté de mouvement, dans l’espace physique et social, est l’essence même de la société libre.
Sanford Ikeda est professeur associé d’économie au Purchase College à l’Université d’état de New York. Cet article a été initialement publié en anglais sur www.thefreemanonline.org. Traductionwww.UnMondeLibre.org.

Moi le crayon
Le 4 mai 2009 –
[…] Mais laissons Read nous conter l’histoire du crayon et nous rappeler le véritable miracle de son existence :
«Je suis un crayon noir — le crayon de bois ordinaire que connaissent tous ceux qui savent lire et écrire, garçons, filles et adultes. Ecrire est ma vocation ; c’est tout ce que je fais.
La leçon que je veux enseigner est la suivante : laissez libres toutes les énergies créatrices. Organisez juste la société pour qu’elle agisse en harmonie avec cette leçon. Que l’appareil juridique de la société élimine tous les obstacles du mieux qu’il le peut. Permettez à tous ces savoirs créateurs de se répandre librement. Ayez foi dans les hommes et les femmes libres qui répondent à la main invisible. Cette foi sera fortifiée. Moi, le crayon, aussi simple que je sois, offre le miracle de ma création comme témoignage de cette foi pratique, pratique comme le soleil, la pluie, un cèdre ou la bonne terre.»
Cette version a été élaborée à partir d’une traduction d’Hervé de Quengo que nous remercions ici. Ce texte est le plus célèbre de Leonard Read (1898-1983), qui a présidé la Fondation for Economic Education de 1946 à 1983.

Spécial crise «Ce qu’on ne dit pas»
Le fait que la crise financière actuelle soit montrée systématiquement et uniquement comme une crise du système capitaliste libéral nous pousse à créer cette rubrique pour que nos lecteurs puissent s’informer sur ce qu’on « ne dit pas ». La sphère politique est en effet présentée comme venant sauver de manière providentielle un système de marché devenu fou parce que dérégulé. La réalité est très loin de ce mythe qui satisfait les  nostalgiques du grand soir, les nationalistes mais aussi les adeptes du « pragmatisme ». Pour résumer : oui la finance a agi de manière irresponsable, mais sans doute parce que c’est le politique qui a impulsé cette déresponsabilisation avec:

Carte interactive de la liberté économique dans le monde
Cet Atlas de la liberté économique est basé sur le Economic Freedom of the World Report, qui mesure le degré de liberté économique permis par les institutions et les pratiques politiques dans lemonde. Il est publié chaque année par le Fraser Institute au Canada avec la collaboration du Cato Institute aux Etats-unis, L’Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social en France et d’autres organisations dans les pays concernés.
Les piliers de la liberté économique sont la liberté de choix personnel, l’échange volontaire, la concurrence libre et la protection des droits de propriété privée. L’indice de liberté économique construit ici repose sur l’analyse de 5 composants : 1) la taille du secteur public 2) la structure juridique et la protection des droits de propriété 3) la qualité de la monnaie 4) la liberté des échanges avec l’étranger 5) la réglementation du crédit, du marché du travail et des entreprises.

Crise de (mauvaise) foi
Emmanuel Martin – le 31 octobre 2008. La foi dans le marché a disparu : la crise actuelle, c’est la crise du capitalisme, du libéralisme, et du laissez-faire. Voilà un fait solidement établi pour la plupart des intellectuels, médias et hommes politiques. On crie haro sur les marchés et les spéculateurs, oubliant un peu vite que la responsabilité de la crise se trouve peut-être aussi – et sans doute surtout – du côté du politique. Une petite omission donc. Ou un acte de mauvaise foi et de propagande, au prétexte duquel on engage des mesures qui vont accroître encore le pouvoir du politique – qui n’avait pas miraculeusement disparu, loin de là. La semaine dernière a été ainsi bien remplie en professions de mauvaise foi.

La crise du virtuel
Emmanuel Martin – le 13 octobre 2008. «La crise actuelle est une crise du virtuel. Nous sommes allés trop loin dans le virtuel». Si tous les observateurs partagent évidemment ce point de vue, ils oublient bien souvent que cette crise du virtuel, qui n’est pas la première, a quelque chose de spécial.
La bulle internet était aussi une crise du virtuel : la clientèle des start-ups, et donc la création de valeur par ces sociétés ne pouvait être elle aussi que virtuelle. Des corrections ont eu lieu, mais pas de dépression. Aujourd’hui, ce sont des «actifs pourris» qui ont été surévalués. Les instruments financiers complexes ressemblaient alors à des «saucisses» dans lesquelles on avait mis en cachette de plus en plus de viande pourrie : des titres qui véhiculaient les dettes de foyers insolvables sur le marché des subprimes.
Ce n’est plus la clientèle de certaines sociétés qui est virtuelle ici mais la solvabilité d’une clientèle, sur la base de laquelle on a créé des titres dans un mécanisme d’instruments financiers complexes. De cette manière la virtualité a contaminé tout le système.

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